Lors de la cinquième édition de la conférence internationale « No Money for Terror », organisée à Paris mardi 19 mai 2026, le président français Emmanuel Macron a plaidé pour une régulation immédiate des cryptomonnaies. Selon Capital, il a mis en garde contre les risques d’un « Far West financier » si ces actifs numériques, échappant aux réseaux bancaires traditionnels, ne font pas l’objet d’un encadrement strict. Cette rencontre, organisée en marge des discussions des ministres des Finances du G7, réunissait plus de 70 délégations internationales, dont des responsables de services de renseignement financier et des chefs d’institutions monétaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Emmanuel Macron a exigé une régulation des cryptomonnaies lors de la conférence « No Money for Terror » à Paris, le 19 mai 2026, pour éviter un « Far West financier ».
  • Le président a souligné les risques de détournement de ces actifs pour financer des activités criminelles ou terroristes, en raison de leur caractère opaque et pseudonymat.
  • La conférence a rassemblé plus de 70 délégations, dont des ministres des Finances et des responsables de services de renseignement.
  • Macron a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale et d’éviter les « approches en silo » pour une lutte efficace contre le financement du terrorisme.
  • La menace terroriste s’est fragmentée, avec une montée en puissance des franchises locales et des acteurs isolés, rendant la menace plus imprévisible.

Une régulation indispensable face aux risques de dérives

Emmanuel Macron a martelé son message lors de son discours de clôture : « Il n’y a pas de monde soutenable en paix, de régulation et de stabilité financière pour nos pays, si en quelque sorte nous réinventons un Far West. » Selon Capital, il a rappelé que sans encadrement, les cryptomonnaies pourraient offrir « une forme d’opportunités » aux criminels et aux terroristes. « Ne laissons pas s’installer autour des cryptoactifs une forme d’opportunités pour les criminels et les terroristes », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que ces innovations financières, reposant sur le pseudonymat et l’opacité, facilitent leur détournement à des fins illicites.

Le président a également pointé du doigt les limites des systèmes financiers actuels face à la fragmentation de la menace terroriste. « Le panorama que nous avons aujourd’hui est complètement différent de celui de 2018 », a-t-il souligné, évoquant l’évolution des structures djihadistes. Selon lui, les deux grandes matrices historiques, Al-Qaïda et l’État islamique, se sont affaiblies, laissant place à des franchises locales et à une nébuleuse d’individus isolés. « Ces derniers agissent souvent sans lien direct avec une hiérarchie ou un commanditaire, rendant la menace plus imprévisible et plus difficile à anticiper », précise Capital.

Coopération internationale et réinsertion économique : les priorités affichées

La conférence « No Money for Terror », dont la première édition date de 2018 sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, vise à renforcer la coordination internationale contre le financement du terrorisme. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de « bâtir des coopérations nouvelles pour renforcer notre action », en évitant les « approches en silo » qui fragmentent les efforts. « À chaque fois qu’on gagne contre un groupe terroriste, si derrière le développement économique, la normalisation politique et administrative ne s’installe pas, les groupes terroristes reviennent », a-t-il alerté, citant l’exemple du Sahel où l’absence de stabilisation économique permet aux groupes armés de prospérer sur des opportunités informelles.

Selon Capital, Macron a également rappelé l’importance d’être « collectivement efficaces pour la réinsertion financière » des territoires libérés de l’emprise terroriste. Il a illustré son propos en soulignant que les groupes terroristes exploitent souvent le vide économique pour recruter, en proposant des alternatives informelles aux populations locales. Elisa de Anda Madrazo, présidente du GAFI (Groupe d’action financière), a confirmé cette analyse auprès de l’AFP : « À l’époque, tout était plus centralisé. Aujourd’hui, la menace est émiettée, ce qui complique grandement son éradication. »

Un contexte marqué par l’évolution des menaces terroristes

L’édition 2026 de la conférence s’est tenue dans un contexte où les dynamiques terroristes ont profondément évolué depuis 2018. Comme le rapporte Capital, les deux grands réseaux historiques, Al-Qaïda et l’État islamique, ont vu leur influence décliner, laissant le champ libre à des groupes autonomes ou à des individus radicalisés agissant de manière isolée. Cette fragmentation rend la lutte contre le financement du terrorisme encore plus complexe, car elle implique désormais de traquer des flux financiers diffus et des acteurs aux motivations variées.

Elisa de Anda Madrazo a également souligné auprès de l’AFP que « le panorama actuel est radicalement différent » de celui de 2018, où les réseaux terroristes étaient plus structurés et leurs financements plus faciles à identifier. Aujourd’hui, les cryptomonnaies, en raison de leur nature décentralisée et de leur pseudonyme, offrent un terrain propice à ces nouvelles formes de financement illicite. « Ces actifs numériques permettent aux acteurs malveillants de contourner les systèmes de surveillance traditionnels », a-t-elle expliqué, sans pour autant sous-estimer les efforts des États pour adapter leurs dispositifs de contrôle.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure l’adoption de normes internationales communes pour encadrer les cryptomonnaies, comme le suggèrent plusieurs participants à la conférence. Une réunion des ministres des Finances du G7, prévue dans les semaines à venir, devrait aborder cette question en détail. Reste à voir si les États parviendront à concilier innovation financière et lutte contre le blanchiment d’argent, sans étouffer le développement légitime des actifs numériques.

La France, qui a joué un rôle moteur dans l’organisation de cette conférence, pourrait également proposer des mesures concrètes lors du sommet du G7 prévu à l’automne 2026. En attendant, l’enjeu sera de transformer les déclarations en actions, alors que les groupes terroristes continuent d’exploiter les failles des systèmes financiers modernes.

Selon Capital, le président français a pointé deux risques majeurs : d’abord, le détournement de ces actifs pour financer des activités criminelles ou terroristes, en raison de leur caractère opaque et pseudonymat. Ensuite, la menace d’un « Far West financier », où l’absence de régulation créerait un terrain propice aux dérives et à l’instabilité économique.

La cinquième édition de la conférence a réuni plus de 70 délégations, incluant des ministres des Finances, des responsables de services de renseignement financier et des chefs d’institutions internationales, selon Capital.