Une tentative d’enlèvement a été déjouée dans la soirée du 20 mai en Seine-et-Marne, alors que les malfaiteurs visaient l’épouse d’un cofondateur d’une société spécialisée dans les cryptomonnaies. Selon Le Figaro, l’opération, minutieusement préparée, a tourné au fiasco après la résistance de la victime, qui a alerté une voisine. Le profil de cette dernière, lié à l’univers des crypto-actifs, éclaire les motivations des auteurs, selon les enquêteurs.
Le 20 mai dernier, aux alentours de 20 heures, une femme quadragénaire s’apprêtait à quitter son domicile en Seine-et-Marne lorsqu’un individu l’a « ceinturée brutalement avant de lui plaquer une main sur le visage », a indiqué une source policière citée par Le Figaro. Cinq silhouettes masquées l’entouraient, mais leur plan a échoué face à la réaction de la victime. Alors que la scène se déroulait, une voisine, témoin des faits, a alerté les secours après avoir entendu des cris.
Ce qu'il faut retenir
- Une femme de 40 ans a été agressée le 20 mai 2026 vers 20 heures en Seine-et-Marne lors d’une tentative d’enlèvement.
- Cinq individus masqués ont tenté de la maîtriser, mais la victime a résisté, alertant une voisine.
- L’épouse ciblée est la conjointe d’un cofondateur de The Sandbox, une plateforme dont le crypto-actif, le SAND, affiche une capitalisation de près de 175 millions d’euros.
- Les malfaiteurs avaient utilisé un leurre lié à une prétendue livraison Chronopost pour s’approcher du domicile.
- Deux mineurs, âgés entre 2009 et 2010, ont été interpellés après avoir tenté de fuir en VTC ; un sac contenant une arme factice et des liens a été saisi à leur bord.
- Plus de 40 enlèvements ou séquestrations en lien avec les cryptomonnaies ont été recensés en France depuis janvier 2026, selon les autorités.
Une opération préparée avec un leurre pour s’introduire au domicile
Les jours précédant l’agression, le mari de la victime a reçu « plusieurs messages évoquant une prétendue livraison Chronopost », a expliqué le cofondateur aux enquêteurs. Une technique qui visait à légitimer la présence d’un inconnu devant le pavillon. Le 20 mai au soir, une voisine a remarqué une Citroën C3 blanche stationnée en travers de son entrée. Un homme, se présentant comme un livreur Chronopost, a été interpellé par celle-ci. Interrogé sur le nom du destinataire, l’individu, visiblement troublé, a finalement mentionné le professionnel de la cryptomonnaie, avant de passer un appel téléphonique et de s’éloigner.
C’est à ce moment précis que les cris de la victime ont retenti. Deux individus encagoulés sont sortis en courant du pavillon voisin, ont « arraché le téléphone des mains de la voisine » avant de la projeter au sol. Ils ont également percuté son véhicule avant de prendre la fuite à bord du C3. Le faux livreur, lui, a abandonné un colis fictif sur place avant de s’enfuir à pied, selon les éléments recueillis par Le Figaro.
Deux mineurs interpellés après une fuite avortée en VTC
Les investigations ont permis d’établir que deux des fuyards avaient emprunté un véhicule de transport avec chauffeur (VTC), rapidement intercepté par les forces de l’ordre. À bord du véhicule se trouvaient deux mineurs, nés respectivement en 2009 et 2010, porteurs d’un sac à dos contenant « une arme factice et des liens de type Serflex », selon une source policière. Ces éléments visaient clairement à immobiliser une éventuelle victime. Les deux adolescents ont été placés en garde à vue, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les autres participants à cette tentative d’enlèvement.
Le mari de la victime, cofondateur de The Sandbox, a reconstitué avec la police les derniers échanges avant l’agression. Les enquêteurs étudient désormais la piste d’un ciblage motivé par l’influence et la valeur du crypto-actif géré par sa société. Une hypothèse qui s’inscrit dans une série d’enlèvements et de séquestrations liés aux cryptomonnaies, un phénomène en hausse depuis le début de l’année en France.
Un phénomène en recrudescence : plus de 40 affaires depuis janvier 2026
Selon les chiffres communiqués mi-avril par Philippe Chadrys, directeur national adjoint de la police judiciaire, plus de 40 séquestrations ou enlèvements en lien avec les cryptomonnaies ont été recensés en France depuis le 1er janvier 2026. Ces affaires ont donné lieu à près d’autant d’arrestations, dans un contexte où les crypto-actifs attirent de plus en plus l’attention des criminels en quête de gains rapides.
Vanessa Perrée, procureure de la République du parquet national anticriminalité organisée (PNACO), avait alors évoqué la « mise en examen de 88 personnes, dont 10 mineurs », dans le cadre d’enquêtes liées aux crypto-enlèvements. Ces chiffres illustrent l’ampleur d’un phénomène criminel qui se professionnalise, combinant méthodes traditionnelles et adaptation aux nouvelles technologies financières.
Un ciblage lié à la notoriété dans l’écosystème crypto
La victime, dont l’identité n’a pas été révélée, est l’épouse d’un cadre dirigeant d’une société spécialisée dans les cryptomonnaies. The Sandbox, plateforme de jeux vidéo décentralisés, dispose de son propre token, le SAND, dont la capitalisation dépasse 175 millions d’euros. Ce profil, associé à une visibilité médiatique et financière, en fait une cible privilégiée pour des tentatives d’extorsion ou de rançon.
Les enquêteurs n’excluent pas que d’autres membres de la famille ou associés du cofondateur aient pu être observés par les malfaiteurs avant cette tentative d’enlèvement. L’enquête, toujours en cours, cherche à établir les liens éventuels entre les auteurs et d’éventuels réseaux criminels spécialisés dans les cyber-enlèvements ou le blanchiment via les cryptomonnaies.
Reste à voir si cette affaire accélérera la mise en place de mesures préventives spécifiques, comme des campagnes d’avertissement ciblées ou un renforcement des sanctions contre les réseaux criminels exploitant les failles des technologies décentralisées.
The Sandbox est une plateforme de jeux vidéo décentralisés utilisant la blockchain. Son crypto-actif, le SAND, sert à acheter, vendre et créer des actifs virtuels dans l’écosystème. Avec une capitalisation d’environ 175 millions d’euros, ce token attire une attention croissante, y compris de la part de criminels.