Depuis plus de deux semaines, des dizaines de milliers d’Albanais descendent chaque soir à 18 heures dans plusieurs villes du pays ainsi qu’à l’étranger pour manifester. Selon RFI, ces rassemblements sont organisés contre un projet touristique de luxe porté par la famille Trump et prévu dans une zone naturelle protégée, le delta de la rivière Vjosa.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de deux semaines de manifestations quotidiennes à 18 heures dans plusieurs villes albanaises et à l’étranger.
  • Projet controversé de complexe touristique de luxe attribué à la famille Trump dans le delta de la Vjosa, une zone protégée.
  • Colère des manifestants contre la politique gouvernementale d’Edi Rama, accusée d’ouvrir le pays aux investisseurs étrangers au mépris de l’environnement.
  • Multiplicité des revendications des manifestants, mais une origine commune : le refus de sacrifier les écosystèmes au profit du tourisme de masse.

Un projet touristique dans une réserve naturelle

Le projet, porté par des investisseurs étrangers et associé à la famille Trump, prévoit la construction d’un complexe touristique de luxe dans le delta de la Vjosa, l’un des derniers fleuves sauvages d’Europe. Cette zone, classée parmi les aires protégées du pays, abrite une biodiversité exceptionnelle et des écosystèmes fragiles. Pourtant, le gouvernement albanais, dirigé par le Premier ministre Edi Rama, a accordé son aval à ce projet malgré les alertes environnementales.

Selon les observateurs, cette décision s’inscrit dans une politique plus large de développement du tourisme en Albanie, un secteur en pleine expansion depuis plusieurs années. Cependant, les opposants dénoncent un manque de consultation des populations locales et des associations environnementales, ainsi qu’une minimisation des risques écologiques liés à un tel projet.

Des manifestations quotidiennes et une mobilisation internationale

Les rassemblements, qui débutent chaque soir à 18 heures dans des villes comme Tirana, Vlora ou Saranda, mais aussi à l’étranger dans des villes où résident des communautés albanaises, reflètent une colère grandissante. Les manifestants brandissent des pancartes exigeant l’abandon du projet, tandis que les réseaux sociaux amplifient l’appel à la mobilisation avec des hashtags comme #StopTrumpVjosa.

Les organisateurs soulignent que les revendications dépassent le cadre environnemental. Certains protestataires dénoncent la corruption et l’opacité des décisions prises par le gouvernement, tandis que d’autres mettent en avant la nécessité de protéger un patrimoine naturel unique. Une manifestation particulièrement suivie a eu lieu hier à Tirana, rassemblant plusieurs milliers de personnes selon les estimations.

« Ce projet n’est pas seulement une menace pour la Vjosa, c’est une trahison envers les Albanais et leur avenir. Nous ne voulons pas d’un développement qui détruit ce que nous avons de plus précieux. »
– Une manifestante anonyme interrogée par RFI

Le gouvernement sous pression, mais maintient sa position

Face à la pression populaire, le gouvernement d’Edi Rama n’a pas encore cédé. Interrogé par les médias locaux, le ministre de l’Environnement a réaffirmé la nécessité de « concilier développement économique et préservation de l’environnement ». Cependant, les opposants rappellent que des études d’impact environnemental n’ont pas été rendues publiques, alimentant les suspicions de décisions prises sans transparence.

Des associations écologistes, comme Vjosa Wild River, ont déposé des recours juridiques pour tenter de bloquer le projet. Elles invoquent notamment la violation de directives européennes sur la protection des habitats naturels. Malgré cela, le gouvernement albanais, qui cherche à attirer des investissements étrangers, reste sourd aux critiques.

Et maintenant ?

La mobilisation pourrait s’intensifier dans les prochains jours, notamment à l’approche d’une réunion prévue au Parlement albanais pour discuter du projet. Une décision de justice sur les recours déposés par les associations est également attendue d’ici la fin du mois. Par ailleurs, des consultations internationales avec des experts en environnement pourraient être organisées, mais rien n’est garanti pour l’instant.

Ce conflit illustre les tensions croissantes entre développement économique et protection de l’environnement en Europe du Sud-Est, un enjeu qui dépasse désormais les frontières albanaises.

Le projet, porté par des investisseurs étrangers et associé à la famille Trump, menace une zone naturelle protégée abritant une biodiversité exceptionnelle. Les opposants dénoncent un manque de transparence dans la prise de décision et craignent que ce complexe touristique de luxe ne dégrade irrémédiablement les écosystèmes locaux.