Avec 2 943 bitcoins détenus en trésorerie, la société Capital B s’impose comme le plus gros investisseur français en cryptomonnaies. Selon Cryptoast, qui publie une liste actualisée des entreprises françaises cotées en Bourse ayant intégré des actifs numériques à leur bilan, cette tendance se confirme chez plusieurs acteurs du CAC Small et du marché Euronext.
Cette stratégie, appelée « Crypto Treasury Company », vise à diversifier les réserves financières des entreprises tout en anticipant une adoption croissante des actifs numériques. Mais quelles sont ces sociétés ? Et dans quelles conditions ces investissements sont-ils rendus publics ? Voici ce qu’il faut savoir.
Ce qu'il faut retenir
- Sept entreprises françaises cotées en Bourse détiennent des cryptomonnaies en trésorerie, pour un total de **10 518 bitcoins** et **3 230 ethers**
- Parmi elles, Capital B (ALTBG.PA) et Ethero (ALENT) figurent parmi les plus exposées, avec respectivement 2 943 BTC et 3 230 ETH
- Seules les entreprises cotées en Bourse publient ces informations, car elles y sont tenues par la réglementation financière
- Les actions de certaines d’entre elles sont éligibles au Plan d’Épargne en Actions (PEA), offrant un avantage fiscal aux investisseurs
- Cette liste, mise à jour le 8 mai 2025, exclut les entreprises privées, dont les positions restent confidentielles
Des entreprises cotées exposées aux cryptomonnaies pour diversifier leur trésorerie
La pratique n’est plus marginale en France. Depuis plusieurs années, des sociétés cotées en Bourse choisissent d’allouer une partie de leurs liquidités à des actifs comme le Bitcoin ou l’Ethereum. D’après Cryptoast, cette démarche s’inscrit dans une logique de diversification stratégique, similaire à celle adoptée par des géants américains comme MicroStrategy.
Le cas de Capital B est emblématique : l’entreprise, cotée sur Euronext, déclare détenir **2 943 bitcoins**, soit l’un des plus gros portefeuilles crypto parmi les sociétés françaises. Sequans Communications, cotée au NYSE, suit avec 1 114 BTC, tandis qu’Ethero mise sur **3 230 ethers**, une autre cryptomonnaie majeure. Ces chiffres, rendus publics dans leurs rapports financiers, illustrent une volonté croissante de s’exposer aux actifs numériques, malgré leur volatilité.
Cette tendance ne se limite pas au Bitcoin. Certaines entreprises se tournent vers d’autres cryptomonnaies, comme Solana pour Acheter-Louer.fr (15 564 jetons), ou encore Ethereum pour Ethero. « Investir dans ces actifs permet de se positionner sur un secteur en pleine expansion », explique un analyste cité par Cryptoast. Cependant, cette exposition s’accompagne de risques, comme en témoignent les fluctuations importantes observées ces dernières années.
Une visibilité limitée aux seules entreprises cotées en Bourse
La liste établie par Cryptoast se concentre exclusivement sur les entreprises françaises cotées, car elles seules sont contraintes de publier leurs investissements en cryptomonnaies. « Leurs états financiers sont audités et accessibles au public », précise la source. À l’inverse, les entreprises privées peuvent investir discrètement, sans que leurs décisions ne soient rendues publiques.
Cette transparence est un atout pour les investisseurs souhaitant évaluer l’exposition d’une société aux actifs numériques. Elle permet aussi de distinguer les acteurs ayant une réelle stratégie crypto de ceux qui se contentent d’une simple opération ponctuelle. « Les entreprises cotées offrent une porte d’entrée plus encadrée pour s’exposer aux cryptomonnaies », souligne un expert interrogé par le média.
Reste que cette transparence a un coût : les actions de ces sociétés peuvent devenir aussi volatiles que le marché crypto lui-même. En période de forte hausse des cours, les investisseurs bénéficient d’un effet de levier ; en cas de krach, leur valeur peut chuter brutalement. Un phénomène déjà observé aux États-Unis avec des entreprises comme MicroStrategy, dont le cours de l’action est étroitement corrélé aux fluctuations du Bitcoin.
Un avantage fiscal pour les investisseurs via le PEA
Pour les particuliers souhaitant profiter de cette tendance sans acheter directement des cryptomonnaies, les actions des « Crypto Treasury Companies » françaises offrent une alternative. Certaines sont éligibles au Plan d’Épargne en Actions (PEA), un dispositif fiscal avantageux qui permet d’investir dans des entreprises européennes en bénéficiant d’une fiscalité allégée après cinq ans de détention.
Parmi les sociétés concernées, on trouve Capital B, Crypto Blockchain Industries, TRACTIAL, Boostheat ou encore Acheter-Louer.fr. Leurs actions peuvent être intégrées dans un PEA classique ou un PEA-PME, selon leur taille et leur marché de cotation. « Cette combinaison permet de diversifier son portefeuille tout en profitant d’un cadre fiscal favorable », indique un conseiller en gestion de patrimoine.
Cependant, les investisseurs doivent garder à l’esprit que ces placements restent risqués. Les performances passées ne garantissent en rien les résultats futurs, et la volatilité des cours peut impacter la valorisation des titres. Comme le rappelle Cryptoast, « investir dans les cryptomonnaies ou dans des actions exposées à ce secteur comporte un risque de perte en capital ».
Pour les investisseurs, l’enjeu sera de distinguer les entreprises ayant une véritable stratégie crypto de celles qui surfent simplement sur la tendance. Une vigilance accrue sera nécessaire, d’autant que le marché reste marqué par une forte incertitude.
Capital B arrive en tête avec 2 943 bitcoins, suivie par Ethero (3 230 ethers) et Sequans Communications (1 114 BTC). Ces chiffres sont extraits des rapports financiers publics des entreprises, comme le rapporte Cryptoast.
Oui, plusieurs de ces sociétés, dont Capital B et Crypto Blockchain Industries, sont éligibles au PEA. Cela permet aux investisseurs français de bénéficier d’un avantage fiscal tout en s’exposant indirectement aux cryptomonnaies.