Une attaque criminelle a coûté la vie à une procureure équatorienne dimanche dans la ville portuaire de Manta, l’un des principaux foyers du narcotrafic en Équateur. Selon Le Figaro, l’assassinat de Gloria Bravo, qui travaillait au parquet général de la région, s’inscrit dans un contexte de violences persistantes liées au crime organisé.
Les autorités ont confirmé que l’attaque visait spécifiquement la magistrate, dont le corps a été retrouvé avec celui de sa sœur, présente au moment des faits. Le parquet général a « fermement » condamné cet attentat, tout en rappelant l’engagement de Gloria Bravo dans la lutte contre les réseaux criminels locaux.
Ce qu'il faut retenir
- Gloria Bravo, procureure depuis 15 ans, a été tuée dimanche à Manta, ville portuaire de l’ouest de l’Équateur.
- Sa sœur, présente lors de l’attaque, a également péri. L’attentat visait spécifiquement la magistrate.
- Gloria Bravo enquêtait sur un incendie ayant détruit 35 embarcations dans un port de pêche de Manta, dont les causes restent indéterminées.
- Ce crime porte à trois le nombre de fonctionnaires du parquet assassinés dans la même ville, bastion du groupe criminel Los Choneros.
- L’Équateur, où transite 70 % de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou, affiche un taux d’homicides de 50,9 pour 100 000 habitants en 2025.
- Le chef de Los Choneros, alias Fito, a été arrêté et extradé vers les États-Unis en 2025 pour trafic de drogue et d’armes.
Une attaque ciblée contre une magistrate engagée
Gloria Bravo, procureure depuis quinze ans, était chargée d’enquêter sur des affaires de criminalité organisée à Manta. Selon les informations transmises par le parquet général de l’État et rapportées par Le Figaro, l’attentat perpétré dimanche visait directement la magistrate, qui travaillait dans un service situé à proximité du lieu de l’attaque.
Dans un communiqué, le ministère public a « rejeté et condamné énergiquement » cet acte criminel, soulignant que Gloria Bravo « a malheureusement perdu la vie » dans ce qui constitue une nouvelle escalade de la violence dans la région. Les circonstances exactes de l’attaque restent à éclaircir, mais les autorités n’excluent pas un lien avec ses enquêtes en cours.
Manta, épicentre du narcotrafic en Équateur
Manta, ville côtière de l’ouest de l’Équateur, est l’un des bastions du groupe criminel Los Choneros, considéré comme l’un des plus puissants du pays. Selon les données officielles, trois fonctionnaires du parquet y ont été assassinés en quelques mois, illustrant l’emprise croissante du crime organisé sur les institutions locales.
Le chef historique de Los Choneros, alias Fito, a été arrêté en 2025 avant d’être extradé vers les États-Unis, où il est poursuivi pour trafic de drogue et d’armes. Malgré cette opération et le soutien logistique des États-Unis, la violence persiste, alimentée par le rôle de plaque tournante de l’Équateur dans le trafic de cocaïne.
Un pays sous tension : 70 % de la cocaïne sud-américaine transite par l’Équateur
L’Équateur, situé entre la Colombie et le Pérou, principaux producteurs mondiaux de cocaïne, est devenu un corridor essentiel pour les cartels. Selon les estimations des Nations unies, 70 % de la cocaïne produite en Amérique du Sud transite par son territoire, notamment via ses ports maritimes.
Cette situation explique en partie l’escalade des violences. En 2025, le pays a enregistré un taux d’homicides de 50,9 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés d’Amérique latine. Malgré les mesures répressives mises en place par le gouvernement de droite de Daniel Noboa, avec le soutien des États-Unis, le crime organisé continue de défier les autorités.
Un incendie criminel en toile de fond
Gloria Bravo travaillait notamment sur l’enquête concernant un incendie qui a détruit environ 35 embarcations dans un port de pêche de Manta début juin. Les causes de ce sinistre, qui a causé d’importants dégâts matériels, n’ont pas encore été établies par les autorités.
— Une enquête qui pourrait avoir motivé l’attaque contre la procureure Les soupçons d’un lien entre cet incendie et le narcotrafic local sont évoqués par plusieurs médias, sans confirmation officielle à ce stade. Quoi qu’il en soit, cet événement illustre la porosité entre activités criminelles et structures portuaires dans la région.
Le gouvernement de Daniel Noboa, qui a fait de la lutte contre le crime organisé une priorité, devrait également annoncer de nouvelles mesures dans les prochaines semaines. Reste à voir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance dans un pays où la violence ne faiblit pas, malgré les opérations policières et militaires.
La communauté internationale, en particulier les États-Unis, devrait suivre de près l’évolution de la situation, alors que l’Équateur reste un acteur clé dans la chaîne d’approvisionnement de la cocaïne vers l’Amérique du Nord et l’Europe.
Manta, ville portuaire située sur la côte Pacifique, est un point stratégique pour l’exportation de cocaïne vers les États-Unis et l’Europe. Son port, l’un des plus importants du pays, est régulièrement utilisé par les cartels pour expédier la drogue. Le groupe Los Choneros y exerce une influence majeure, profitant des faiblesses des institutions locales et de la corruption endémique.
Le parquet général a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie pour identifier les auteurs de l’attentat et leurs éventuels liens avec le crime organisé. Les autorités devraient également renforcer les dispositifs de sécurité autour des magistrats et des infrastructures judiciaires à Manta. Une coopération accrue avec les États-Unis est attendue, notamment pour traquer les réseaux criminels transnationaux.