Alors qu’Éric Ciotti, président de l’Union des droites pour la République (UDR), vient de remporter les municipales à Nice, il accélère sa stratégie pour s’imposer comme la principale force de droite en France. Selon Le Figaro - Politique, son objectif affiché reste inchangé : achever la substitution des Républicains (LR) par son parti, une ambition qu’il assume ouvertement depuis plusieurs mois. Après avoir marqué les esprits par sa gestion municipale dans la ville niçoise, où il promet de réaliser 60 millions d’euros d’économies, Ciotti compte désormais faire de l’UDR un acteur incontournable sur la scène nationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Éric Ciotti, président de l’UDR, vise à remplacer Les Républicains (LR) comme principale force de droite en France.
  • Il annonce la création d’une nouvelle commission d’enquête parlementaire sur « le coût de l’immigration », prévue de septembre 2026 à février 2027.
  • Cette commission coïncidera avec le début de la campagne pour la présidentielle 2027, un calendrier jugé stratégique par certains cadres du RN.
  • À Nice, Ciotti a déjà mis en avant son modèle économique, promettant 60 millions d’euros d’économies en réduisant la « gabegie financière ».

Cette volonté de substitution ne date pas d’hier. Déjà, un an plus tôt, Ciotti avait proposé une première commission d’enquête, cette fois-ci centrée sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public. Mais c’est désormais sur l’immigration que l’UDR compte frapper fort. Dans un entretien accordé au Figaro, Ciotti a justifié ce choix en ces termes : « C’est un sujet extrêmement important qui aura sa part dans la présidentielle. » La commission, dont les travaux débuteront en septembre 2026, devrait s’achever en février 2027, soit quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle. Un timing qui n’est pas anodin, comme le souligne un cadre du Rassemblement National (RN) : « Le calendrier de cette commission aura un impact sur la campagne présidentielle. »

L’UDR, fondée par Ciotti après son exclusion de LR en 2024, se présente aujourd’hui comme un parti résolument ancré à droite, voire à l’extrême droite pour ses détracteurs. À Nice, où il a été élu maire en 2026, il met en avant une gestion municipale musclée, axée sur la rigueur budgétaire et la réduction des dépenses. Son objectif ? Montrer qu’une droite « alternative » est possible, loin des compromis traditionnels de LR. « À Nice, s’est incarné l’avenir de la droite », a-t-il déclaré au Figaro, insistant sur le fait que sa victoire locale doit servir de tremplin national.

Cette stratégie de conquête ne se limite pas aux institutions. Ciotti mise aussi sur un discours ferme sur les questions sociétales et migratoires, des thèmes qui, selon lui, seront déterminants lors de la prochaine présidentielle. La création de cette commission d’enquête sur l’immigration s’inscrit dans cette logique : elle doit permettre de documenter les dépenses liées à l’accueil des étrangers, un sujet régulièrement instrumentalisé par les partis souverainistes. « On prend les mêmes, et on recommence », pourrait-on dire en observant le retour de cette idée, après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 et les débats houleux qui ont suivi.

« Le calendrier de cette commission aura un impact sur la campagne présidentielle. »
— Un cadre du Rassemblement National

Si l’UDR se veut l’héritière d’une droite radicale, elle doit désormais compter avec la concurrence du RN, qui occupe déjà une grande partie de cet espace politique. Les observateurs s’interrogent : Ciotti parviendra-t-il à séduire un électorat déçu par LR sans se faire absorber par Marine Le Pen ? Certains analystes politiques estiment que son parti pourrait jouer les trouble-fêtes, en attirant des électeurs en quête d’un positionnement plus dur que celui de la droite traditionnelle. D’autres, en revanche, y voient une stratégie vouée à l’échec, faute de structures locales solides en dehors de Nice.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour l’UDR et Ciotti dépendront en grande partie de la capacité du parti à s’imposer au-delà de la cité phocéenne. Les élections législatives de 2027, puis la présidentielle, seront des tests décisifs. Une victoire de Ciotti à Nice a déjà renforcé sa légitimité, mais son ambition nationale nécessitera des alliances ou, à défaut, une mobilisation électorale massive. D’ici là, la commission sur l’immigration pourrait devenir un outil de communication majeur, à condition qu’elle ne soit pas perçue comme une manœuvre purement politicienne. Reste à voir si les Français, au-delà du débat sur les chiffres de l’immigration, seront sensibles à son discours.

Dans l’immédiat, l’UDR va devoir structurer son action parlementaire et locale. Les municipales de 2026 ont montré que Ciotti savait mobiliser, mais les législatives et la présidentielle exigeront une discipline de fer. Son pari ? Montrer que l’UDR peut incarner une droite « décomplexée », sans concession sur les questions identitaires et économiques. Un défi de taille, dans un paysage politique déjà très fragmenté.

L’UDR, fondée par Éric Ciotti après son exclusion de LR en 2024, se revendique comme une droite « décomplexée », mais elle n’a pas la même implantation historique que le RN. Contrairement au Rassemblement National, qui dispose d’un réseau militant et d’élus dans toute la France, l’UDR mise sur des figures locales comme Ciotti à Nice pour gagner en visibilité. Ses positions sur l’immigration et l’identité se rapprochent de celles du RN, mais son discours reste centré sur une « droite sociale » et anti-gaspillage, une stratégie qui vise à séduire un électorat traditionnel de LR.