Le coût annuel des étudiants étrangers en France s’élève à environ un milliard d’euros, selon une estimation publiée par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) et relayée par Capital. Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de ce think tank et auteur de l’ouvrage « Immigration, mythes et réalités », a détaillé ce chiffre lors de son passage dans l’émission « L’Heure des Pros » sur CNews, le 15 avril 2026. Cette estimation inclut notamment les aides au logement, les bourses sur critères sociaux et d’autres dispositifs sociaux dont bénéficient ces étudiants, alimentant ainsi un débat récurrent sur l’impact de l’immigration étudiante sur les finances publiques et les services publics.

Ce qu'il faut retenir

  • Le coût net annuel des étudiants étrangers en France est estimé à 1 milliard d’euros par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, selon Capital.
  • Ce montant intègre les aides au logement (APL), les bourses sur critères sociaux et une partie des aides d’urgence des CROUS, où un tiers des places en résidence universitaire et plus de la moitié des aides sociales d’urgence leur sont attribués.
  • À partir du budget 2026, les étudiants étrangers non européens et non boursiers seront exclus des APL, une mesure validée par le Conseil constitutionnel en février 2026.
  • Cette réforme vise à instaurer une « préférence nationale » dans l’accès aux aides sociales, mais elle suscite des critiques de la part des partis de gauche et des associations étudiantes.

Comment ce milliard d’euros est-il calculé ?

Pour parvenir à ce chiffre de 1 milliard d’euros, l’OID s’appuie sur plusieurs leviers. Nicolas Pouvreau-Monti souligne d’abord que tous les étudiants étrangers bénéficient des aides au logement, notamment des APL (Aides personnalisées au logement). Sur ce milliard, plusieurs centaines de millions d’euros correspondent aux allocations et bourses sur critères sociaux qui leur sont attribuées. Autant dire que cette enveloppe pèse sur les finances publiques, alors que le système social français est déjà sous tension.

Le directeur de l’OID précise que ce coût s’explique aussi par l’utilisation massive des ressources des CROUS (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires). Selon ses estimations, un tiers des places en résidence universitaire et plus de la moitié des aides sociales d’urgence leur sont attribuées. Une situation qui, selon lui, « crée un effet de saturation sur des aspects de la vie étudiante qui sont déjà très compliqués ».

Un impact sur les services publics déjà sous pression

Nicolas Pouvreau-Monti ne se limite pas à un constat comptable. Il met en garde contre les conséquences de cette politique sur les services publics déjà fragilisés. « Cela rajoute un degré de saturation et de crise sur des aspects de la vie collective qui vont déjà mal, à savoir l’université, l’école ou encore le système de santé », explique-t-il. Cette saturation concerne particulièrement les universités, où la pression sur les places en logements étudiants et les aides sociales aggrave les difficultés structurelles du système.

L’auteur du livre « Immigration, mythes et réalités » souligne ainsi que l’immigration étudiante ne se limite pas à une question financière, mais qu’elle s’inscrit dans un débat plus large sur la capacité de la France à absorber ces flux sans dégrader davantage ses services publics. Pour lui, cette situation est « assez archétypale de ce que produit notre politique d’immigration » en matière de pression sur les ressources collectives.

La réforme des APL pour les étudiants étrangers : une mesure controversée

Le gouvernement a pris une décision forte dans le cadre du budget 2026 : les étudiants étrangers non européens et non boursiers seront exclus du bénéfice des APL. Cette mesure, validée par le Conseil constitutionnel en février 2026, s’inscrit dans une logique de « préférence nationale ». Elle vise à réserver les aides sociales aux étudiants français ou européens éligibles, afin de limiter la pression sur les finances publiques.

Cette réforme a suscité de vives critiques. Le Parti socialiste, La France insoumise et les écologistes ont dénoncé une décision « injuste » et « inefficace ». Plusieurs associations et syndicats étudiants, dont la Fondation pour le logement, ont alerté sur les conséquences concrètes pour les étudiants concernés. Selon elles, cette exclusion pourrait leur faire perdre entre 150 et 250 euros par mois, aggravant ainsi leur précarité déjà marquée par la hausse du coût de la vie étudiante.

Les étudiants étrangers face à la précarité et à l’inflation

Le débat sur le coût des étudiants étrangers intervient dans un contexte où la précarité étudiante atteint des niveaux records. La hausse des loyers, des frais d’inscription et du coût de la vie pèse sur l’ensemble des étudiants, français comme étrangers. Selon les dernières données disponibles, le budget moyen d’un étudiant en France dépasse désormais 800 euros par mois dans les grandes villes universitaires, un montant qui exclut de fait une partie de la population étudiante des opportunités offertes par les métropoles.

Dans ce contexte, l’exclusion des APL pour les étudiants étrangers non européens et non boursiers pourrait aggraver leur situation. Plusieurs associations estiment que cette mesure risque de les pousser vers des logements insalubres ou de les contraindre à des emplois précaires pour subvenir à leurs besoins, au détriment de leurs études.

Et maintenant ?

La réforme des APL pour les étudiants étrangers entrera en vigueur avec le budget 2026. D’ici là, le gouvernement devra préciser les modalités d’application de cette exclusion, notamment pour les étudiants déjà installés en France. Les associations et syndicats étudiants, qui dénoncent une mesure « punitive », pourraient engager de nouvelles actions pour contester cette décision ou en limiter les effets. Par ailleurs, l’OID devrait poursuivre ses travaux pour affiner ses estimations et évaluer l’impact réel de l’immigration étudiante sur les finances publiques et les services publics.

Cette question, déjà sensible, pourrait resurgir lors des prochaines élections ou des débats parlementaires sur l’immigration. En attendant, la France devra trouver un équilibre entre la maîtrise de ses dépenses sociales et la nécessité d’accueillir des étudiants étrangers, dont une partie contribue activement à la recherche et à l’économie du pays.

Les étudiants étrangers non européens et non boursiers seront exclus du bénéfice des APL à partir du budget 2026. Cette mesure, validée par le Conseil constitutionnel en février 2026, vise à instaurer une « préférence nationale » dans l’accès aux aides sociales.