La consommation de curcuma sous forme de gélules, tisanes ou lattes ne cesse de se populariser en France, comme dans de nombreux pays occidentaux. Pourtant, les recommandations sanitaires imposent une vigilance accrue quant à la durée de prise, au-delà de laquelle des risques graves pour le foie pourraient survenir. Selon Top Santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a récemment rappelé les limites à ne pas dépasser pour éviter tout danger.
Ce qu'il faut retenir
- L’ANSES recommande une durée maximale de consommation de 4 semaines consécutives pour les compléments alimentaires à base de curcuma, au-delà de laquelle des risques pour le foie augmentent significativement.
- Les formes concentrées (gélules, extraits) sont particulièrement concernées, contrairement aux usages culinaires traditionnels (curcuma en poudre dans les plats).
- Les symptômes d’alerte incluent des douleurs abdominales, des nausées, une fatigue inhabituelle ou un jaunissement de la peau, signes d’une atteinte hépatique.
- L’autorité sanitaire rappelle que les données scientifiques actuelles ne permettent pas de garantir l’innocuité au-delà de cette période.
Une consommation en hausse, mais des mises en garde répétées
Le curcuma, connu pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, est aujourd’hui présent dans de nombreux produits de consommation courante : gélules vendues en pharmacie ou en ligne, tisanes en grande surface, ou encore lattes aromatisés dans les cafés. Selon Top Santé, cette banalisation a conduit à une augmentation des prises quotidiennes prolongées, souvent sans suivi médical. Pourtant, les agences sanitaires françaises et européennes multiplient les alertes depuis plusieurs années.
En 2023 déjà, l’ANSES avait pointé du doigt les risques liés à une consommation excessive de curcumine, le principe actif du curcuma, dans les compléments alimentaires. Les cas d’hépatites médicamenteuses, bien que rares, ont été documentés, poussant l’agence à durcir ses recommandations. « La curcumine peut être hépatotoxique à haute dose ou en cas de prise prolongée », avait alors précisé l’ANSES dans un avis officiel.
Des risques documentés, mais mal connus du grand public
Les mécanismes à l’origine de cette toxicité sont encore partiellement élucidés, mais les études toxicologiques suggèrent que la curcumine, à forte concentration, pourrait endommager les cellules du foie. Selon Top Santé, plusieurs cas d’hépatites ont été rapportés en France et à l’étranger chez des consommateurs réguliers de compléments à base de curcuma, parfois en association avec d’autres plantes comme le poivre (qui augmente l’absorption de la curcumine).
L’autorité sanitaire insiste sur le fait que les doses recommandées par les fabricants (souvent 500 à 1 000 mg par jour) dépassent parfois largement les apports alimentaires naturels. « Les usages culinaires traditionnels, comme l’ajout de curcuma en poudre dans un plat de riz ou de lentilles, ne présentent pas ces risques », rappelle-t-elle. En revanche, les gélules et extraits concentrés concentrent le principe actif et nécessitent une prudence accrue.
« Les données disponibles ne permettent pas d’écarter un risque pour le foie en cas de consommation prolongée au-delà de quatre semaines. Nous invitons les consommateurs à respecter cette limite et à consulter un professionnel de santé en cas de doute. »
— ANSES, 2026
Pour les personnes souffrant de maladies hépatiques ou prenant des médicaments, une consultation médicale est fortement conseillée avant toute supplémentation. L’ANSES rappelle enfin que les effets bénéfiques du curcuma ne sont pas remis en cause, mais que leur obtention passe par un usage raisonné et encadré.
Les signes à surveiller incluent une fatigue inhabituelle, des douleurs abdominales (surtout au niveau du foie), des nausées, des vomissements, ou encore un jaunissement de la peau et des yeux (ictère). En cas d’apparition de ces symptômes, il est recommandé de consulter rapidement un médecin.
Oui, les usages culinaires traditionnels (en poudre dans les plats) ne présentent pas de danger, car les quantités ingérées sont bien inférieures à celles des compléments alimentaires. L’ANSES ne met en garde que contre les cures prolongées sous forme de gélules ou d’extraits concentrés.