Selon Franceinfo - Culture, le Centre national de la musique (CNM) a révélé jeudi 21 mai 2026 les chiffres 2025 de l’export musical français. 440 artistes, tous genres confondus, ont obtenu une certification (diamant, platine ou or) pour leurs titres ou albums, confirmant le dynamisme international de la production hexagonale. Ces certifications, attribuées sur la base des ventes physiques et des équivalents streams, reflètent un marché en pleine expansion.
Ce qu'il faut retenir
- 758 singles et 57 albums certifiés en 2025, générant 50 milliards d’équivalents streams, dont plus de 5 milliards pour les nouveautés.
- 136 nouveautés (17 % du total) ont été certifiées, avec une domination du rap (Gazo, Tiakola), de l’électro (Ofenbach) et de l’afro-pop (Zaho de Sagazan).
- Les titres récents côtoient les tubes intemporels : La Mer de Charles Trenet (1946) figure parmi les plus anciens certifiés.
- Les catalogues anciens des années 2000 et 2010, comme Around the World des Daft Punk, restent très plébiscités à l’étranger.
- Melodrama de Theodora et Disiz cumule 271 millions de streams dans le monde, tandis que Overdrive d’Ofenbach et Ninao de Gims s’exportent en Europe et au-delà.
Le CNM précise que ces résultats s’appuient sur les données fournies par les labels, de plus en plus enclins à partager leurs chiffres. « Les titres certifiés ont généré 50 milliards d’équivalents streams, dont plus de 5 milliards pour les nouveautés », a indiqué l’organisme. Une tendance qui illustre la capacité du secteur à allier innovation et héritage culturel.
Un succès porté par la diversité des genres
Le paysage musical français à l’export en 2025 se distingue par une répartition équilibrée entre les nouveaux talents et les artistes établis. Côté rap, Gazo et Tiakola trustent les premières places avec des titres comme Money Pull Up, interprété avec les Martiniquais Maureen et Blaiz Fayah. Leur succès s’étend au-delà des frontières françaises, notamment en Afrique francophone et en Europe du Nord.
L’électro, portée par des duos comme Ofenbach, confirme sa popularité avec Overdrive, certifié platine. Ce morceau, mêlant mélodies entraînantes et sonorités modernes, a conquis un public international, des festivals européens aux playlists globales. L’afro-pop, avec Zaho de Sagazan, et la pop internationale, représentée par des artistes comme Aya Nakamura, complètent ce tableau varié.
Les tubes intemporels, piliers de l’export
Si les nouveautés cartonnent, les titres anciens ne sont pas en reste. Le CNM souligne que les catalogues des années 2000 et 2010 restent des valeurs sûres à l’export. Parmi eux, Around the World des Daft Punk, dissous depuis 2021, continue de faire vibrer les fans à l’international. Autre figure incontournable, Charles Trenet avec son tube La Mer, sorti en 1946 et certifié en 2025, prouve que la chanson française traverse les décennies sans perdre de sa superbe.
Cette longévité s’explique en partie par une stratégie croissante des labels, qui misent sur la « resurgence » des catalogues anciens. « Cela traduit l’engouement constant du public pour des titres intemporels, dans un contexte où l’industrie musicale explore de nouvelles voies pour pérenniser son modèle économique », a expliqué le CNM. Des artistes comme Carla Bruni, Zaz ou Aya Nakamura bénéficient ainsi d’un regain d’intérêt à l’étranger, notamment en Europe et en Amérique du Nord.
Un marché en mutation, des défis à relever
L’essor des certifications à l’export ne doit pas occulter les défis persistants du secteur. Si les streams et les ventes physiques progressent, la répartition des revenus reste un sujet de débat. Les artistes et les petits labels dénoncent régulièrement des inégalités dans la redistribution des bénéfices, notamment face aux géants du numérique. « Le modèle économique doit évoluer pour garantir une rémunération équitable à tous les acteurs, des nouveaux talents aux artistes historiques », a rappelé le CNM.
Autre enjeu, la visibilité des artistes francophones hors des marchés traditionnels. Bien que l’Afrique francophone et l’Europe restent des terres de conquête, l’Asie et l’Amérique latine peinent encore à s’imposer comme des relais de croissance majeurs. « Il faut continuer à adapter les stratégies promotionnelles et à nouer des partenariats locaux pour capter de nouveaux publics », a souligné l’organisme.
Reste à voir comment les labels et les plateformes numériques parviendront à concilier innovation et équité, afin de pérenniser cette vitalité de la musique française à l’international. Une chose est sûre : entre héritage et modernité, le « made in France » musical n’a pas fini de faire parler de lui.
Une certification est attribuée par le Centre national de la musique (CNM) en fonction des ventes physiques (CD, vinyles) et des équivalents streams (1 stream = 1 écoute). Les seuils varient selon les titres : or (10 000 ventes ou 15 millions d’équivalents streams), platine (20 000 ventes ou 30 millions d’équivalents streams), diamant (50 000 ventes ou 75 millions d’équivalents streams).
Le CNM recommande de renforcer les partenariats avec des distributeurs locaux, de cibler les playlists internationales (Spotify, Apple Music) et de participer à des festivals ou tournées dans des marchés émergents. L’adaptation des contenus (sous-titres, collaborations avec des artistes locaux) est également un levier clé pour toucher de nouveaux publics.