À Strasbourg, plus de 200 personnes se sont rassemblées devant le Parlement européen ce 16 juin 2026, à la veille d’un vote déterminant sur la réglementation des nouveaux OGM. Selon Reporterre, ces manifestants dénoncent notamment l’absence de traçabilité des plantes issues de la technique d’édition génétique NGT (New Genomic Techniques) et les risques de contamination pour les autres cultures.
Ce qu'il faut retenir
- Un rassemblement de plus de 200 personnes a eu lieu à Strasbourg, le 16 juin 2026, devant le Parlement européen.
- Les manifestants critiquent l’absence de traçabilité et les risques de contamination des nouveaux OGM (NGT).
- Ce rassemblement intervient la veille d’un vote décisif sur la réglementation de ces techniques en Europe.
- Les opposants qualifient les NGT de « OGM cachés » et dénoncent une tentative de contournement des règles existantes.
Un mouvement de protestation à Strasbourg
Sur la passerelle menant au Parlement européen, les manifestants ont déambulé entre les stands de tartes flambées, certains arborant des pancartes aux slogans percutants. « Les NGT sont des OGM cachés, arrêtez de nous berner ! », pouvait-on lire sur l’une d’elles, reflétant l’opposition unanime des participants. Selon Reporterre, cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation contre la libéralisation des techniques de modification génétique en Europe.
Les organisateurs, issus de collectifs agricoles et d’associations écologistes, ont mis en avant deux préoccupations majeures : le risque de contamination irréversible des cultures traditionnelles et l’absence de transparence dans la traçabilité des produits issus des NGT. « On ne sait même pas ce qu’on va manger demain », a souligné l’un des porte-parole lors d’un discours improvisé.
Les NGT au cœur des débats européens
Les New Genomic Techniques (NGT) désignent des méthodes de modification génétique plus précises que les OGM traditionnels, permettant d’éditer l’ADN avec une grande précision. Si la Commission européenne propose de les classer différemment des OGM classiques, certains États membres et associations militent pour un encadrement strict, voire une interdiction pure et simple. Le vote prévu ce 17 juin 2026 s’annonce donc comme une étape cruciale pour l’avenir de ces techniques sur le continent.
Côté autorités, la Commission européenne justifie sa proposition par la nécessité de « moderniser la réglementation » et de favoriser l’innovation agricole. Cependant, ses détracteurs y voient une tentative de contourner les règles de biosécurité en vigueur, en particulier celles encadrant les OGM. « On nous vend des plantes mutées comme une avancée écologique, alors qu’on ignore tout de leurs effets à long terme », a dénoncé une agricultrice venue de Bretagne pour manifester.
Dans les prochaines semaines, plusieurs États membres, dont la France, devraient également prendre position sur ce sujet, alors que les négociations au niveau européen s’intensifient. Les associations, elles, appellent déjà à une mobilisation accrue pour « faire entendre la voix des citoyens et des agriculteurs ».
Les New Genomic Techniques (NGT) sont des méthodes d’édition génétique permettant de modifier l’ADN de manière plus ciblée et rapide que les OGM classiques. Contrairement à ces derniers, elles ne nécessitent pas toujours l’introduction de gènes étrangers, mais peuvent simplement modifier ceux existants. La Commission européenne propose de les réguler différemment des OGM traditionnels, ce qui suscite une forte opposition.