Le protocole d’accord mettant fin à trois mois de tensions entre les États-Unis et l’Iran a été officiellement signé mercredi 17 juin 2026, annonce RFI. Selon les termes de cet accord, la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz devrait progressivement reprendre, permettant la libération des navires bloqués depuis mars. Si cette décision ouvre la voie à un retour rapide des livraisons de pétrole, notamment à destination de l’Asie, les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) devront, elles, attendre une stabilisation plus durable des relations entre les deux pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Signature historique d’un protocole d’accord le 17 juin 2026 entre les États-Unis et l’Iran, mettant fin à un conflit ayant paralysé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
  • Blocage de trois mois pour les navires dans cette zone stratégique, où transite près du tiers du trafic pétrolier mondial.
  • Reprise progressive du trafic maritime, permettant d’abord le déblocage des pétroliers avant les navires transportant du gaz.
  • Impact économique immédiat pour l’Asie, premier importateur de pétrole en provenance du Moyen-Orient, avec des livraisons attendues « dans les prochains jours ».
  • Incertitude persistante pour le gaz naturel liquéfié, dont les exportations devraient rester suspendues plus longtemps.

Un protocole historique signé sous haute tension

La signature de ce protocole d’accord, actée mercredi 17 juin 2026, marque un tournant après des mois de tensions ayant conduit à un blocage quasi total du détroit d’Ormuz, précise RFI. Ce bras de mer, situé entre l’Iran et Oman, est une artère vitale pour le commerce mondial : il concentre près de 20 % du pétrole brut échangé chaque jour dans le monde, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les négociations, menées sous l’égide de l’Union européenne, ont abouti à un compromis après des semaines de pourparlers indirects, impliquant notamment la Chine et la Russie en tant que médiateurs.

Un retour progressif du trafic, mais des priorités distinctes

Dès l’entrée en vigueur de l’accord, les autorités maritimes internationales ont annoncé une reprise « par étapes » du trafic dans le détroit. Les premiers navires à bénéficier de cette levée des restrictions seront les pétroliers, dont les cargaisons sont attendues en Asie « dans les prochains jours », indique un responsable du ministère iranien de l’Énergie. « Les livraisons de pétrole devraient reprendre dès la fin de la semaine, avec un impact direct sur les marchés asiatiques », a-t-il déclaré à RFI. En revanche, les navires méthaniers transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) devront patienter, « le temps que la confiance soit pleinement rétablie ».

Cette distinction s’explique par la sensibilité des deux marchés : le pétrole, bien que stratégique, reste moins dépendant des relations diplomatiques à court terme que le GNL, dont les contrats d’exportation sont souvent signés sur des périodes plus longues. Les analystes estiment que les livraisons de gaz pourraient reprendre « d’ici plusieurs semaines », une fois que les inspections et les garanties de sécurité auront été mises en place.

Des conséquences économiques immédiates pour l’Asie

L’Asie, premier consommateur de pétrole en provenance du Moyen-Orient, devrait être le principal bénéficiaire de cette reprise. La Chine, l’Inde et le Japon, qui dépendent à plus de 70 % de leurs importations pétrolières du Golfe, attendent avec impatience le retour à la normale. « Les stocks stratégiques de plusieurs pays asiatiques sont à un niveau critique, et cette levée des blocages arrive à point nommé », souligne un économiste basé à Singapour, contacté par RFI. Selon les estimations préliminaires, les premiers pétroliers pourraient acheminer jusqu’à 1,5 million de barils par jour vers la région dès la fin juin.

Côté gaz, les perspectives sont plus floues. Le Japon et la Corée du Sud, deux des plus grands importateurs de GNL au monde, pourraient devoir se tourner vers d’autres fournisseurs, comme le Qatar ou les États-Unis, en attendant la normalisation des échanges. « Le marché du gaz est moins flexible que celui du pétrole, et une rupture d’approvisionnement peut avoir des répercussions sur les prix pendant plusieurs mois », explique un trader basé à Tokyo.

Et maintenant ?

Si la reprise du trafic pétrolier est désormais acquise, plusieurs inconnues subsistent quant à l’avenir du détroit d’Ormuz. Les observateurs s’interrogent sur la durée de cette trêve : « Un protocole d’accord n’est pas un traité de paix, rappelle un analyste du Centre for Strategic and International Studies (CSIS). La stabilité dépendra de la capacité des deux pays à respecter leurs engagements ».

Par ailleurs, la reprise des exportations de gaz pourrait être retardée si les États-Unis ou l’Iran imposent de nouvelles conditions. Une réunion des ministres de l’Énergie de l’UE, prévue pour le 25 juin 2026, devrait faire un premier bilan de la situation et évaluer les prochaines étapes.

En attendant, les marchés surveillent de près l’évolution des prix du pétrole et du gaz. Une stabilisation rapide des approvisionnements pourrait atténuer les craintes d’une crise énergétique en Asie, tandis qu’un nouveau blocage, même partiel, risquerait de faire repartir les cours à la hausse.