Alors que le Paris Saint-Germain s’apprête à affronter Arsenal en finale de la Ligue des champions le 30 mai à Budapest, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’attend à des débordements similaires à ceux observés lors des précédentes célébrations parisiennes. Selon Le Figaro, il craint une multiplication des scènes de liesse et des violences dans la capitale, justifiant ainsi la mise en place d’un dispositif policier « exceptionnel ».

Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, le ministre a estimé que la victoire du PSG en finale pourrait entraîner « beaucoup plus de monde dans la rue pour participer aux scènes de liesse, et ce en beaucoup d’endroits différents », comparant la situation à celle de l’année dernière après la victoire en demi-finale contre le Bayern Munich. « L’an dernier, quand le PSG avait gagné, les scènes de débordement avaient été nombreuses. Le périphérique avait été perturbé, des commerces avaient été pillés… On s’attend au même niveau de violence », a-t-il précisé.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, anticipe des violences similaires à celles de 2025 après une éventuelle victoire du PSG en finale.
  • Un dispositif policier « exceptionnel » sera déployé en cas de célébrations, avec des moyens renforcés par rapport à 2025.
  • En 2025, la victoire contre l’Inter Milan avait donné lieu à 563 interpellations et 307 gardes à vue dans la nuit, dont une grande partie à Paris.
  • La Préfecture de police a déjà renoncé à organiser une fan zone à Paris en raison des risques de débordements.
  • Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a suivi l’avis de la Préfecture en annulant le projet de fan zone.

Un précédent qui alerte les autorités

Les craintes des autorités s’appuient sur les événements de 2025, lorsque la victoire du PSG en demi-finale contre l’Inter Milan avait provoqué des scènes de violences à Paris. Selon les chiffres communiqués par Laurent Nuñez, alors préfet de police de Paris, 563 interpellations avaient été recensées lors de la nuit du 13 avril 2025, dont 491 à Paris. Ces interpellations avaient conduit à 307 gardes à vue, tandis que 79 autres personnes avaient été arrêtées la nuit suivante. Les forces de l’ordre avaient déployé 5 400 policiers et gendarmes dans l’agglomération parisienne pour tenter de contenir les débordements.

Les scènes de pillages et les perturbations sur le périphérique parisien avaient marqué les esprits. « On s’attend au même niveau de violence », a rappelé le ministre, soulignant que la victoire en finale, si elle devait avoir lieu, risquait d’attirer encore plus de supporters dans les rues. « Il y aura beaucoup plus de monde dans la rue pour participer aux scènes de liesse, et ce en beaucoup d’endroits différents », a-t-il insisté.

Un dispositif exceptionnel pour éviter les débordements

Face à ces risques, Laurent Nuñez a promis un « dispositif de sécurité exceptionnel » pour encadrer les célébrations. Ce plan, déjà évoqué lors des réunions interministérielles, prévoit une mobilisation accrue des forces de l’ordre dans les quartiers où les supporters pourraient se rassembler. « Le dispositif de sécurité sera, donc, exceptionnel », a-t-il confirmé, sans pour autant détailler les moyens exacts qui seront déployés.

Cette annonce intervient alors que la Préfecture de police a déjà pris des mesures préventives. Dès le 15 mai, elle a confirmé l’absence de fan zone à Paris, une décision prise en coordination avec la mairie de Paris. Emmanuel Grégoire, le maire de la capitale, a finalement renoncé à organiser cet espace de diffusion public, suivant l’avis défavorable de la Préfecture. « La sécurité des Parisiens et des supporters prime sur tout autre considération », a-t-il justifié.

Un contexte déjà tendu pour le PSG et ses supporters

Le Paris Saint-Germain se rend à Budapest pour affronter Arsenal en finale de la Ligue des champions, un match qui pourrait marquer l’histoire du club. Si le PSG l’emporte, il remporterait sa deuxième Ligue des champions, un trophée longtemps attendu. Cependant, la victoire sportive pourrait rapidement laisser place à des célébrations désordonnées, comme ce fut le cas par le passé. En 2021, après la victoire en Coupe de France, des scènes de liesse avaient également dégénéré, entraînant des dégradations et des interpellations.

Côté supporters, la déception pourrait aussi être à l’origine de tensions. Arsenal, finaliste en 2006, pourrait voir ses partisans réagir avec frustration en cas de défaite. La rencontre, arbitrée par l’Allemand Daniel Siebert, s’annonce donc sous haute tension, non seulement sur le terrain, mais aussi en marge de l’événement.

Et maintenant ?

D’ici à la finale du 30 mai, les autorités devraient finaliser leur plan de sécurité, en collaboration avec les clubs et les associations de supporters. Une réunion est prévue dans les prochains jours pour ajuster les dispositifs en fonction des dernières informations disponibles. La Préfecture de police pourrait également communiquer plus en détail sur les zones concernées par les restrictions et les horaires de couvre-feu éventuels. Pour les supporters, il est conseillé de suivre les consignes officielles pour éviter tout incident.

La question reste entière : ces mesures suffiront-elles à éviter une répétition des débordements de 2025 ? Les autorités misent sur un effet dissuasif, mais l’histoire récente montre que les célébrations sportives peuvent rapidement échapper au contrôle.

La Préfecture de police a jugé que les risques de débordements étaient trop élevés après la victoire du PSG en demi-finale en 2025. Suivant cet avis, la mairie de Paris a finalement annulé le projet de fan zone, comme l’a confirmé Le Figaro.