Le marché automobile français traverse une période difficile, avec une chute des ventes qui inquiète l’ensemble du secteur. Selon Le Monde, le gouvernement planche actuellement sur une réforme de la fiscalité automobile afin d’enrayer cette tendance et soutenir la transition vers des véhicules moins polluants.
Ce qu'il faut retenir
- Les organisations professionnelles peinent à s’accorder sur une réforme globale de la fiscalité automobile.
- L’État et les ONG s’accordent sur la nécessité de renforcer les aides à la conversion des véhicules anciens.
- La prime à la conversion pourrait être étendue pour l’achat de véhicules électriques, neufs ou d’occasion.
- L’objectif est de stimuler un marché en berne tout en accélérant la transition écologique.
Un marché automobile en difficulté
Les immatriculations de voitures neuves en France ont reculé de **8,7 %** en 2025 par rapport à l’année précédente, selon les chiffres de la Plateforme automobile (PFA). Cette baisse s’inscrit dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, de l’inflation persistante et d’un ralentissement économique général. Les professionnels du secteur, réunis au sein de la Fédération française de l’automobile (FFA) et du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), alertent depuis plusieurs mois sur les risques d’une crise durable.
Face à cette situation, le gouvernement a lancé des consultations avec les acteurs du secteur pour trouver des leviers fiscaux capables de redynamiser le marché. « La situation est préoccupante, mais des solutions existent », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Économie, cité par Le Monde.
La prime à la conversion au cœur des débats
Parmi les pistes envisagées, la **prime à la conversion** – qui permet de bénéficier d’une aide financière en échange de la mise à la casse d’un vieux véhicule – figure en bonne place. Actuellement, ce dispositif concerne principalement les voitures thermiques, mais les discussions pourraient l’élargir aux véhicules électriques d’occasion. « Il faut encourager les Français à abandonner leurs véhicules les plus polluants, qu’ils soient thermiques ou électriques », a souligné une source proche du dossier.
Les ONG environnementales, comme Réseau Action Climat ou Greenpeace France, appuient cette orientation. Elles rappellent que le secteur des transports reste le premier émetteur de gaz à effet de serre en France, avec **30 % des émissions nationales**. « Une fiscalité incitative est indispensable pour accélérer la transition », a affirmé un représentant de Réseau Action Climat.
Des désaccords persistants sur la fiscalité
Si l’idée d’une prime à la conversion élargie fait consensus, les organisations professionnelles peinent en revanche à s’entendre sur une réforme globale de la fiscalité automobile. Les constructeurs, représentés par le CCFA, plaident pour une baisse de la TVA sur les véhicules électriques, actuellement fixée à **20 %**, tandis que les concessionnaires proposent de renforcer les aides locales, gérées par les régions.
Du côté des élus, la question divise également. Certains maires, comme celui de Paris, militent pour une taxation accrue des véhicules les plus polluants, tandis que d’autres, notamment dans les zones rurales, craignent un impact négatif sur le pouvoir d’achat des ménages. « Il faut trouver un équilibre entre écologie et accessibilité », a résumé un élu de la Banque des Territoires.
Reste à savoir si ces mesures suffiront à inverser la tendance. Pour l’instant, le marché reste sous haute tension, et les acteurs du secteur attendent avec impatience les arbitrages du gouvernement.
Selon les discussions en cours, la prime à la conversion pourrait concerner les véhicules thermiques mis à la casse en échange de l’achat d’un véhicule électrique neuf ou d’occasion. Les critères exacts (âge, type de motorisation, etc.) devraient être précisés dans le projet de loi à venir.
Le gouvernement vise une présentation du projet avant la fin de l’été 2026, avec une adoption espérée d’ici la fin de l’année. Les professionnels du secteur tablent sur une entrée en vigueur des mesures au premier semestre 2027.