L’ancien président de la République François Hollande, redevenu député de Corrèze en 2024, multiplie les prises de parole publiques pour préparer le terrain en vue de l’élection présidentielle de 2027. Selon BFM – Politique, il a confirmé cette semaine se préparer à une éventuelle candidature, dix ans après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Marianne, il a évoqué une participation possible, tout en restant évasif sur ses intentions réelles.

Ce qu'il faut retenir

  • François Hollande, député de Corrèze, se dit « prêt » à une candidature à la présidentielle de 2027, selon un entretien dans Marianne.
  • Il exclut toute alliance entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) pour les prochaines élections.
  • L’ancien président critique vivement la politique internationale de Donald Trump, qu’il qualifie de « partenaire » travaillant avec la Russie.
  • Il s’oppose à une motion de censure immédiate contre le gouvernement Bayrou et prône le dialogue.
  • François Hollande a été victime d’un cambriolage à son domicile en novembre 2025, deux hommes ayant été mis en examen.
  • Il n’écarte pas une nouvelle candidature à l’Élysée, tout en estimant que « ça ne se proclame pas ».

Un retour en politique marqué par des prises de position tranchées

François Hollande, qui a retrouvé son siège de député en 2024 après son mandat présidentiel (2012-2017), cultive une présence médiatique constante pour peser dans le débat politique. Selon BFM – Politique, il a récemment réaffirmé son souhait d’incarner une « candidature de la gauche réformiste » pour 2027, tout en écartant catégoriquement toute alliance avec LFI. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, il a déclaré : « La relation est terminée : il ne peut pas y avoir d’alliance entre le PS et LFI pour les prochaines élections ». Une position qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les deux formations de gauche.

Sur le plan international, François Hollande a multiplié les critiques envers Donald Trump, qu’il juge désormais un « partenaire » des Européens mais qui « travaille avec l’adversaire russe ». Il a mis en garde contre une victoire du milliardaire américain à l’élection présidentielle de novembre 2024, estimant que celle-ci « profiterait à Vladimir Poutine ». Une analyse qu’il a développée en ces termes : « Pour Hollande, Trump n’est plus notre allié et pactise avec les adversaires de l’Europe », comme il l’a déclaré le 28 février 2026.

Un positionnement sur les grands sujets de société

Sur le dossier des retraites, François Hollande a adopté une posture nuancée. Il a indiqué qu’il voterait la motion de censure déposée par le groupe PS contre le gouvernement de François Bayrou, « dès lors que le RN ne s’y associera pas ». Une position qui reflète sa volonté de ne pas rompre totalement avec l’exécutif, tout en marquant une opposition sur un sujet sensible. Par ailleurs, il a estimé que la question de l’abrogation de la réforme des retraites serait « de nouveau posée en 2027 », lors de la prochaine présidentielle.

Sur les questions sociétales, François Hollande s’est opposé à un débat sur le droit du sol, qu’il juge « inutile » et susceptible de créer une « cacophonie ». Il a également critiqué la proposition de Laurent Wauquiez d’enfermer les étrangers dangereux en Outre-mer, notamment à Saint-Pierre-et-Miquelon. Enfin, il a plaidé pour un « statut de réfugié » pour les scientifiques américains, confrontés à des coupes budgétaires drastiques sous l’administration Trump.

Un climat politique tendu et des tensions internes à gauche

François Hollande n’hésite pas à s’exprimer sur la stratégie du Parti socialiste, dont il estime qu’il « a la clé jusqu’en 2027 ». Il a ainsi appelé à une « nouvelle figure » à la tête du PS, évoquant notamment le nom de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann. Une position qui contraste avec celle d’Olivier Faure, premier secrétaire du parti, avec qui les relations sont tendues. François Hollande a d’ailleurs refusé d’agiter la menace d’une censure contre le gouvernement Bayrou, contrairement à la direction du PS. Dans BFM Politique, il a souligné : « Le PS est dans son rôle : proposer des alternatives », à la veille du vote de confiance qui devait entraîner la chute de François Bayrou.

Les tensions au sein de la gauche se sont également manifestées lors des municipales de 2026, où le maire sortant de Tulle, proche de Hollande, a fusionné sa liste avec celle du PCF, de LFI et des Écologistes. Une stratégie qui illustre les divisions persistantes entre réformistes et radicaux.

Un ancien président sous le feu des projectiles politiques

François Hollande a également été confronté à des attaques personnelles. En décembre 2025, sa permanence parlementaire à Tulle a été « emmurée » par des agriculteurs en colère, une action symbolique qui reflète les tensions sociales actuelles. Par ailleurs, il a été victime d’un cambriolage à son domicile parisien en novembre 2025, avec vol d’effets personnels et dysfonctionnement du système de sécurité. Deux hommes ont été interpellés et mis en examen pour vol en bande organisée, une affaire qui a été largement médiatisée.

Sur le plan judiciaire, François Hollande a réagi avec distance à l’incarcération de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, condamné à un an de prison ferme dans l’affaire des écoutes. Il a déclaré : « Je mesure ce que ça peut lui coûter », tout en insistant sur le caractère légitime de cette exclusion de la Légion d’honneur, qu’il a justifiée par « l’application stricte du règlement ».

L’international au cœur de ses préoccupations

François Hollande a réservé une place centrale à la politique étrangère dans ses interventions. Il a vivement critiqué le « lâchage de l’Ukraine par Donald Trump », estimant qu’Emmanuel Macron aurait dû qualifier le président américain de « non-allié ». Il a également mis en garde contre une « capitulation » de l’Ukraine en cas de victoire de Trump, jugeant que cela « laisserait à Vladimir Poutine le bénéfice de la force contre le droit international ». Enfin, il a appelé à un « cessez-le-feu généralisé » au Moyen-Orient, après une escalade des tensions impliquant l’Iran.

Sur le plan économique, il a plaidé pour un « 49.3 rapide » sur un budget de « compromis », tout en critiquant les orientations budgétaires du gouvernement. Il a appelé François Bayrou à « réviser profondément » sa copie pour éviter une censure, tout en s’opposant à une motion immédiate, par crainte d’un « chaos ».

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour François Hollande, dont les intentions pour 2027 restent floues mais dont l’influence au sein du PS pourrait s’accroître. Une nouvelle direction du parti, avec une possible implication de Raphaël Glucksmann, pourrait émerger d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, les tensions avec Olivier Faure et LFI devraient persister, tout comme les débats sur les grandes réformes (retraites, droit du sol, politique internationale). Enfin, la question d’une candidature de Hollande à la présidentielle reste ouverte, même s’il a tempéré ses déclarations en déclarant : « Ça ne se proclame pas ».

Un regard sur les sondages et les dynamiques électorales

Selon un sondage Elabe pour BFMTV – La Tribune Dimanche publié en avril 2026, le Rassemblement national (RN) caracole en tête des intentions de vote pour 2027, devant les macronistes et une gauche très fragmentée. François Hollande, qui a toujours rejeté l’idée d’une « candidature unique à gauche », a réaffirmé cette position en déclarant : « Il y a deux gauches en France ». Il a également confirmé qu’il y aurait « deux candidatures » à gauche, une analyse qui reflète les divisions persistantes au sein de la gauche réformiste et radicale.

Enfin, François Hollande a lancé un podcast intitulé « Un président devrait écouter ça », dont le premier épisode a été diffusé en mars 2026. Une initiative qui s’inscrit dans sa stratégie de communication et de positionnement pour les années à venir.

L’ancien président n’a pas officiellement déclaré sa candidature, mais il a confirmé se préparer à cette éventualité. Dans un entretien accordé à Marianne en avril 2026, il a déclaré : « Oui c’est possible : je n’écarte pas d’être candidat ». Il a cependant tempéré en ajoutant que cette option « n’est pas envisagée à l’heure actuelle ».

François Hollande a clairement rejeté cette idée, déclarant dans La Tribune Dimanche : « La relation est terminée : il ne peut pas y avoir d’alliance entre le PS et LFI pour les prochaines élections ». Il a justifié cette position par des désaccords profonds sur la stratégie politique et économique.