L’Institut Curie et le groupe Thales viennent de franchir une étape majeure dans le traitement du cancer avec le développement d’une machine inédite de radiothérapie flash. Selon BFM Business, ce partenariat a été présenté ce lundi 22 juin 2026 lors de l’émission Good Morning Business, avec l’intervention d’Amaury Martin, directeur des ressources et de l’innovation de l’Institut Curie. Cette technologie promet de révolutionner les protocoles de soins en réduisant considérablement la durée des séances tout en améliorant leur efficacité.
Ce qu’il faut retenir
- Une innovation technologique majeure : une machine de radiothérapie flash, fruit du partenariat entre l’Institut Curie et Thales, conçue pour traiter certains cancers avec une précision et une rapidité inédites.
- Une réduction significative du temps de traitement : cette technologie pourrait permettre de délivrer une dose de radiothérapie en quelques secondes, contre plusieurs minutes aujourd’hui.
- Un partenariat stratégique : l’Institut Curie, référence mondiale en cancérologie, s’allie à Thales, spécialiste des technologies de pointe, pour accélérer l’accès à cette solution.
- Une présentation médiatique : le projet a été détaillé ce 22 juin 2026 dans l’émission Good Morning Business sur BFM Business, lors d’un entretien avec Amaury Martin.
- Des enjeux cliniques et économiques : cette avancée pourrait réduire les coûts de traitement et améliorer la qualité de vie des patients en limitant la durée des séances.
Une technologie de radiothérapie révolutionnaire
L’Institut Curie et Thales ont conçu une machine capable de délivrer une irradiation en un temps record, grâce à une technologie dite de « radiothérapie flash ». D’après Amaury Martin, ce dispositif permet de traiter certaines tumeurs en quelques secondes, une avancée majeure par rapport aux méthodes traditionnelles qui nécessitent plusieurs minutes par séance. « Cette technologie pourrait transformer la prise en charge des cancers, en réduisant les contraintes pour les patients et en optimisant les ressources des établissements », a-t-il expliqué lors de l’interview.
Selon les spécialistes, cette méthode limiterait également les effets secondaires en ciblant plus précisément les cellules tumorales. Les essais cliniques devraient prochainement débuter pour évaluer son efficacité et sa sécurité sur différents types de cancers. Pour l’Institut Curie, cette innovation s’inscrit dans sa stratégie d’excellence et d’innovation en oncologie.
Un partenariat public-privé au service de la santé
Ce projet est le fruit d’une collaboration entre l’Institut Curie, centre hospitalier universitaire dédié à la cancérologie, et Thales, groupe français spécialisé dans les technologies de défense et de sécurité. Les deux entités ont mis en commun leurs expertises pour développer cette machine, qui combine des avancées en physique nucléaire et en intelligence artificielle. « Thales apporte son savoir-faire en imagerie et en traitement des données, tandis que l’Institut Curie contribue son expérience clinique », a précisé Amaury Martin.
Ce type de partenariat illustre la dynamique de la French Tech dans le domaine médical. Il s’inscrit dans la volonté de la France de se positionner comme un leader en matière d’innovation santé, notamment dans les traitements contre le cancer. Les premiers prototypes devraient être testés dans les mois à venir, avec l’objectif d’une mise en service progressive d’ici 2027.
Quels bénéfices pour les patients et le système de santé ?
L’un des principaux atouts de cette technologie réside dans sa rapidité. Aujourd’hui, une séance de radiothérapie dure entre cinq et dix minutes, selon les cas. Avec la radiothérapie flash, cette durée pourrait être réduite à quelques secondes, autant dire que l’impact sur le quotidien des patients serait considérable. « Moins de temps passé à l’hôpital, moins de fatigue liée aux traitements, et une meilleure accessibilité pour les patients éloignés des centres spécialisés », détaille Amaury Martin.
Sur le plan économique, cette innovation pourrait aussi permettre de désengorger les services de radiothérapie, souvent saturés, et de réduire les coûts pour les établissements. Une étude de l’Institut Curie estime que l’introduction de cette technologie pourrait générer des économies substantielles, en optimisant l’utilisation des équipements et du personnel soignant. Reste à voir si les tarifs des séances seront revus à la baisse pour les patients.
Une avancée qui s’inscrit dans l’écosystème français de la santé
Cette collaboration entre l’Institut Curie et Thales s’ajoute à d’autres initiatives françaises dans le domaine de l’oncologie. Le pays mise sur l’innovation pour renforcer son autonomie médicale et réduire sa dépendance aux technologies étrangères. « La France dispose d’atouts majeurs : des chercheurs de haut niveau, des hôpitaux d’excellence et une industrie capable de produire des technologies de pointe », rappelle Amaury Martin.
Cependant, le succès de cette machine dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la validation par les autorités sanitaires. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) devra examiner les données cliniques avant d’autoriser son déploiement à grande échelle. Les premières autorisations pourraient intervenir d’ici 2028, si les essais sont concluants.
Cette innovation rappelle aussi que la lutte contre le cancer passe autant par la recherche que par l’industrialisation des solutions. Pour les patients, c’est une lueur d’espoir : une prise en charge plus rapide, moins invasive et potentiellement plus efficace. Pour le système de santé, c’est l’occasion de repenser les modèles de traitement pour les rendre plus accessibles et plus performants.
Reste à suivre l’évolution des essais cliniques et les décisions des autorités sanitaires, qui détermineront l’avenir de cette technologie prometteuse.
Selon Amaury Martin, cette technologie serait particulièrement adaptée aux tumeurs solides, comme les cancers du sein, de la prostate ou du poumon. Les essais cliniques en cours permettront de préciser les indications.
Les premiers prototypes devraient être testés en 2026, avec une mise en service progressive prévue à partir de 2027, sous réserve de l’obtention des certifications par l’ANSM.