Selon Capital, le futur centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes, dont l’ouverture est prévue entre 2027 et 2028, suscite la polémique en raison de la mise en place d’un système de rafraîchissement partiel. Alors que les épisodes de canicule se multiplient en France, l’absence de climatisation dans la totalité des chambres du nouvel établissement divise les acteurs locaux.
Ce qu'il faut retenir
- Seulement 50 % des chambres du futur CHU de Nantes seront équipées de climatisation, selon une enquête relayée par Capital.
- Le projet prévoit un système « bioclimatique » pour abaisser la température intérieure de 4 à 5 degrés, mais ne garantit pas des températures inférieures à 35 °C en cas de forte chaleur extérieure.
- Le CHU de Nantes affirme que 86 % de la surface totale des bâtiments (soit 190 000 m² sur 230 000 m²) sera climatisée ou rafraîchie.
- Les syndicats, comme la CGT, dénoncent un manque de confort thermique pour les patients, avec un écart de seulement 5 °C entre l’intérieur et l’extérieur.
- Le nouvel hôpital, situé sur une île de la Loire, comptera 13 bâtiments et sera équipé de triple vitrage, de Shadow Box et de châssis respirants pour limiter la surchauffe.
Un projet hospitalier ultramoderne, mais partiellement climatisé
Le futur CHU de Nantes, en construction sur la rive sud de la Loire, est présenté comme un établissement « ultramoderne ». Pourtant, une partie des chambres ne sera pas équipée de climatisation classique. Selon les informations rapportées par Eric Revel, journaliste à Europe 1, seules les chambres de réanimation, les blocs opératoires et certains services spécifiques bénéficieront d’une climatisation permettant de maintenir des températures comprises entre 19 °C et 26 °C.
Pour le reste des espaces, un système de rafraîchissement a été prévu. Celui-ci repose sur un renouvellement d’air préalablement refroidi à environ 23 °C, limitant ainsi l’apport thermique dans les locaux. Cependant, cette solution ne convainc pas tous les acteurs. « Si la température extérieure atteint 40 °C, la température intérieure sera d’environ 35 °C », a souligné Eric Revel lors d’une intervention sur Europe 1, mettant en lumière les limites du dispositif.
Des dispositifs techniques pour pallier l’absence de climatisation
Pour justifier cette décision, la direction du CHU de Nantes met en avant des solutions architecturales censées limiter l’échauffement des bâtiments. Le projet intègre ainsi du triple vitrage, des Shadow Box (espaces creux dans les façades) et des châssis respirants équipés de stores. Ces dispositifs, combinés à une orientation réfléchie des bâtiments, visent à réduire l’apport de chaleur tout en favorisant une ventilation naturelle.
Malgré ces mesures, les syndicats hospitaliers expriment leur mécontentement. « Dans le contexte environnemental actuel, on devrait avoir la climatisation partout », a réagi le secrétaire général de la CGT au CHU de Nantes, interrogé par Capital. Il rappelle que le rafraîchissement prévu ne permettra qu’un écart de « cinq degrés » dans les chambres des patients, une différence jugée insuffisante en cas de canicule intense.
Une polémique révélatrice des enjeux sanitaires liés aux vagues de chaleur
Cette polémique s’inscrit dans un débat plus large sur l’adaptation des infrastructures hospitalières aux épisodes de chaleur. En France, seuls certains services hospitaliers (réanimation, blocs opératoires, imagerie médicale) sont systématiquement équipés de climatisation, comme l’exige la réglementation. Pourtant, les vagues de chaleur à répétition, amplifiées par le réchauffement climatique, interrogent sur la nécessité d’étendre cette obligation à l’ensemble des structures de soins.
Les données disponibles restent parcellaires : il n’existe pas de recensement précis du nombre d’hôpitaux français entièrement climatisés. Cependant, des initiatives locales émergent, comme à Paris, où 1 200 climatiseurs doivent être installés dans les écoles pour faire face aux canicules, selon les annonces d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris. À Nantes, le CHU justifie son choix par une approche « bioclimatique », mais la question du confort thermique des patients reste au cœur des tensions.
« Le CHU de Nantes est en pleine construction, ultramoderne, et dans la plupart des chambres, il n’y aura pas de clim. »
— Eric Revel, journaliste à Europe 1
Un projet sous le feu des critiques syndicales
Sur le terrain, les syndicats dénoncent une décision prise sans concertation suffisante. Selon Capital, une polémique oppose la direction du CHU aux représentants du personnel, notamment sur l’efficacité réelle du système de rafraîchissement. Le syndicat CGT, par exemple, estime que la solution proposée ne répond pas aux besoins des patients, en particulier des personnes les plus vulnérables.
De son côté, le CHU de Nantes défend son projet en invoquant des impératifs environnementaux et énergétiques. « On a pensé le bâtiment pour le confort thermique », a indiqué la direction, soulignant que 86 % de la surface totale sera climatisée ou rafraîchie. Un chiffre qui, selon elle, garantit un équilibre entre efficacité et sobriété énergétique. Pourtant, les syndicats rappellent que les normes sanitaires imposent des températures maîtrisées dans les établissements de santé, surtout en période de canicule.
Quel avenir pour les hôpitaux face au réchauffement climatique ?
Cette situation interroge plus largement sur l’adaptation des infrastructures de santé aux défis climatiques. Avec l’augmentation des températures estivales, la question de la climatisation dans les hôpitaux pourrait devenir un enjeu national. Certains experts plaident pour une généralisation des systèmes de rafraîchissement, tandis que d’autres privilégient des solutions passives, comme l’architecture bioclimatique, pour limiter la consommation énergétique.
À Nantes, le débat est loin d’être clos. Entre impératifs sanitaires, contraintes budgétaires et enjeux environnementaux, la gestion de la chaleur dans les hôpitaux s’impose comme un sujet complexe, où chaque décision soulève des arbitrages difficiles. Une chose est sûre : avec les projections de réchauffement climatique, ces questions ne manqueront pas de resurgir dans les années à venir.
Selon les informations rapportées par Capital, les blocs opératoires, les laboratoires, les chambres de réanimation et les services de soins intensifs bénéficieront d’une climatisation classique. Le CHU précise que 86 % de la surface totale du bâtiment (soit 190 000 m² sur 230 000 m²) sera climatisée ou rafraîchie, mais une partie des chambres classiques, orientées au sud, ne sera pas équipée de climatisation.
La direction du CHU justifie ce choix par une approche « bioclimatique », combinant triple vitrage, Shadow Box et châssis respirants pour limiter l’apport thermique. Elle met également en avant des impératifs environnementaux et énergétiques, tout en soulignant que 86 % de la surface totale sera climatisée ou rafraîchie. Cependant, cette décision est critiquée par les syndicats, qui estiment que le confort thermique des patients n’est pas suffisamment garanti.