Sept ans après le sommet du G7 à Biarritz en 2019, la France accueille à nouveau les grandes puissances mondiales dans un contexte géopolitique profondément transformé. Selon Libération, Emmanuel Macron aborde ce nouveau cycle avec un projet européen redéfini par les crises récentes : la guerre en Ukraine, le retour possible de Donald Trump à la Maison Blanche et l’agressivité commerciale de la Chine. Autant dire que l’Europe n’est plus le même continent qu’en 2019.

Ce qu'il faut retenir

  • Le sommet du G7 2026 se tient dans un contexte marqué par trois bouleversements majeurs : la guerre en Ukraine, le retour potentiel de Donald Trump, et les tensions commerciales avec la Chine.
  • Emmanuel Macron a redéfini la stratégie française pour l’Europe, insistant sur l’émancipation vis-à-vis des États-Unis et la protection contre les pratiques commerciales chinoises.
  • Ce sommet intervient sept ans après celui de Biarritz, un moment où l’Europe était perçue sous un angle différent, moins marqué par les conflits et les rivalités économiques actuelles.
  • Les discussions porteront notamment sur la souveraineté européenne, la défense des intérêts économiques face à la concurrence étrangère, et la coordination des politiques industrielles.

Un sommet organisé dans un monde en crise

Le G7 de 2026 s’inscrit dans un environnement international où les équilibres traditionnels ont été ébranlés. La guerre en Ukraine, qui dure depuis plus de deux ans, a révélé les faiblesses de l’Europe en matière de sécurité et de résilience industrielle. D’après Libération, cette crise a accéléré la prise de conscience d’une nécessité : réduire la dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis et d’autres acteurs extérieurs. « L’Europe doit devenir un acteur géopolitique à part entière, et non plus un simple marché ou un champ de bataille des rivalités extérieures », a souligné un haut responsable européen cité par le quotidien.

Parallèlement, le retour possible de Donald Trump à la présidence américaine en novembre 2024 ajoute une incertitude majeure. Son premier mandat avait été marqué par des tensions avec les alliés européens, notamment sur les questions commerciales et militaires. Les dirigeants européens craignent qu’un second mandat ne se traduise par un désengagement encore plus marqué des États-Unis, laissant l’Europe face à elle-même. Cette crainte a poussé les Européens à accélérer leurs réflexions sur l’autonomie stratégique, un concept autrefois marginalisé mais désormais central.

La Chine, un partenaire devenu rival

La troisième variable du contexte actuel est l’agressivité commerciale de la Chine. Pékin multiplie les pratiques déloyales, comme les subventions massives à ses entreprises ou le dumping sur les marchés stratégiques. Face à cela, l’Europe a dû réagir. En 2025, la Commission européenne a lancé plusieurs enquêtes anti-subventions, ciblant notamment les secteurs de l’énergie verte et des technologies avancées. « Nous ne pouvons plus laisser la Chine dicter les règles du jeu économique mondial », a déclaré Ursula von der Leyen en mars 2026, lors de la présentation du plan « Europe 2030 ».

Ce sommet du G7 sera donc l’occasion pour Emmanuel Macron de défendre une vision où l’Europe protège ses intérêts sans tomber dans l’isolement. Le président français a déjà acté cette orientation en janvier 2026 avec le lancement d’un fonds souverain européen de 200 milliards d’euros, destiné à financer les secteurs clés de l’industrie et de l’innovation. Une initiative qui vise à contrer les investissements chinois et américains dans ces domaines.

Biarritz 2019 vs 2026 : deux visions de l’Europe

En 2019, le G7 de Biarritz avait été marqué par une volonté affichée de rassembler autour de valeurs communes, dans un contexte de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. L’Europe y était présentée comme un modèle de coopération et de multilatéralisme. Sept ans plus tard, le tableau est radicalement différent. « Le monde a changé, et l’Europe avec lui », a rappelé Emmanuel Macron lors d’un discours à Strasbourg en mai 2026. « Nous ne pouvons plus nous contenter de déclarations d’intention. Il faut des actes. »

Le sommet de 2026 doit ainsi être lu comme un test pour la crédibilité de cette nouvelle stratégie. Les dirigeants du G7 – États-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Union européenne – seront attendus sur des engagements concrets. Parmi les dossiers brûlants : le renforcement des capacités de défense européennes, la coordination des politiques de subventions industrielles, et la mise en place de mécanismes de réponse aux crises économiques.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour évaluer l’impact de ce sommet. Une déclaration finale est attendue d’ici le 18 juin, avec des mesures précises sur les trois axes prioritaires : souveraineté industrielle, sécurité énergétique et coordination face aux menaces extérieures. Les observateurs s’attendent à ce que l’Europe annonce des sanctions supplémentaires contre la Chine, ainsi que des avancées sur la mutualisation des dépenses militaires. Reste à voir si ces initiatives suffiront à convaincre les partenaires les plus réticents, notamment les États-Unis, de s’engager dans cette nouvelle voie.

Au-delà de ce sommet, l’enjeu est clair : l’Europe doit prouver qu’elle peut exister comme une puissance unie et cohérente. Autrement, elle risque de devenir le terrain de jeu des rivalités entre les grandes puissances, au détriment de ses citoyens et de son économie.

Ce sommet intervient dans un contexte de tensions géopolitiques sans précédent pour l’Europe : guerre en Ukraine, retour possible de Donald Trump à la présidence américaine, et agressivité commerciale de la Chine. Pour la première fois, l’Europe aborde ces défis avec une stratégie commune de souveraineté, notamment industrielle et militaire. Les décisions prises à cette occasion pourraient redéfinir l’équilibre des pouvoirs pour les années à venir.