Selon RFI, le conflit opposant les populations gabonaises aux éléphants s’intensifie, dépassant désormais le cadre des petites exploitations paysannes. La société agro-industrielle Olam Gabon, spécialisée dans la production d’huile de palme, a révélé la destruction de milliers d’hectares de palmeraies dans plusieurs localités du pays. Cette situation a conduit l’entreprise à envisager la fermeture de certains sites, dont celui de Makouké, un projet qui pourrait avoir des répercussions économiques majeures.
Ce qu'il faut retenir
- Des milliers d’hectares de palmeraies détruits par des éléphants au Gabon, selon Olam Gabon.
- Le site de Makouké, exploité par Olam, pourrait être fermé en raison des dégâts.
- Le conflit humain-éléphant s’étend désormais aux grandes plantations industrielles.
- Cette situation menace la stabilité économique de l’entreprise et des emplois locaux.
L’ampleur des dégâts causés par les éléphants dans les plantations d’Olam Gabon a été confirmée par des responsables de l’entreprise. Selon les dernières estimations, plusieurs milliers d’hectares ont été ravagés dans des zones comme Makouké, Bitam et Mitzic, où l’entreprise exploite des palmeraies à grande échelle. « Les pertes sont colossales, et la rentabilité de ces sites est désormais compromise », a déclaré un porte-parole d’Olam Gabon à RFI. L’entreprise, qui emploie des centaines de travailleurs locaux, craint que cette situation ne la contraigne à fermer définitivement certains de ses sites les plus touchés.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de conflit entre l’homme et la faune sauvage au Gabon. Historiquement, les éléphants d’Afrique centrale, dont la population est estimée à plus de 100 000 individus, s’attaquaient principalement aux cultures des petits agriculteurs en lisière de forêt. Mais ces dernières années, leur aire de répartition s’est élargie, et ils pénètrent désormais dans les zones de plantations industrielles, où les ressources alimentaires sont abondantes et accessibles. « Les éléphants ne se contentent plus des cultures traditionnelles, ils ciblent les palmiers à huile, une ressource hautement nutritive », a expliqué un expert en conservation à RFI. Cette évolution aggrave un problème déjà complexe, où les solutions locales peinent à suivre.
Olam Gabon n’est pas la seule entreprise agro-industrielle affectée. D’autres acteurs du secteur, comme Siat Gabon ou Sogara, rapportent des dégâts similaires dans leurs exploitations. Cependant, Olam, en raison de l’ampleur de ses investissements au Gabon, se retrouve en première ligne. Le site de Makouké, l’un de ses plus importants, emploie près de 500 personnes et produit environ 30 000 tonnes d’huile de palme par an. Sa fermeture aurait donc un impact socio-économique significatif pour la région du Woleu-Ntem, où le taux de chômage dépasse déjà les 20 %.
Cette crise illustre les tensions croissantes entre développement économique et préservation de la biodiversité en Afrique centrale. Le Gabon, qui mise sur l’agro-industrie pour diversifier son économie, se retrouve face à un dilemme : protéger ses investissements tout en garantissant la coexistence pacifique avec une faune sauvage de plus en plus menacée par la déforestation. Pour l’instant, ni les entreprises ni les autorités ne semblent en mesure d’apporter une réponse définitive.
Les localités les plus affectées sont Makouké, Bitam et Mitzic, selon les déclarations de l’entreprise.