Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu doit annoncer jeudi 21 mai 2026 de nouvelles mesures d'aide concernant la hausse des prix de l'énergie, les professionnels du monde agricole restent dans l'expectative face à l'évolution du coût du gazole non routier (GNR). Selon Franceinfo – Politique, le prix du litre est passé de 0,73 euro avant le début du conflit en Iran à 1,12 euro aujourd'hui, soit une augmentation de plus de 30 % en un an. Dans les exploitations de Côte-d'Or, près de Dijon, les agriculteurs et entrepreneurs tentent de s'adapter à cette hausse brutale, entre nécessité de remplir les cuves pour préparer les travaux des champs et crainte d'une nouvelle flambée des prix.
Ce qu'il faut retenir
- Le prix du gazole non routier (GNR) a augmenté de plus de 30 % en un an, passant de 0,73 € à 1,12 € le litre.
- Les agriculteurs remplissent leurs cuves par petits volumes, par crainte d'une nouvelle hausse des prix.
- Les charges des exploitations ont augmenté de 30 % en trois mois, selon les éleveurs interrogés.
- Les professionnels espèrent des aides de 15 centimes par litre pour alléger leur budget.
- Les entreprises de travaux publics répercutent la hausse du GNR sur leurs prestations.
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit annoncer de nouvelles aides jeudi 21 mai 2026.
Une tournée de livraison sous tension à Chaignay
Sur la route de Chaignay, en Côte-d'Or, Jérémy, livreur pour l'entreprise Piretti, effectue une tournée de livraison de gazole non routier. Avec 12 000 litres de carburant dans son camion, il ne remplit les cuves des clients qu'aux deux tiers. « Les clients prennent ce dont ils ont besoin, à l'instant T, constate-t-il. Ils demandent si les prix montent ou descendent. » Didier Wachowiak, éleveur laitier, et son fils Stéphane, disposent d'une cuve de 6 000 litres, mais n'ont pu en remplir que la moitié. « On y va par petits coups, parce qu'on ne sait pas, peut-être que le prix va redevenir normal », explique Didier. Leur demi-plein leur coûte désormais 3 300 euros, soit une hausse de plus de 30 % en un an.
La hausse des prix du GNR, utilisé pour les machines agricoles et les engins de chantier, s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Didier Wachowiak a passé commande lundi, après que Donald Trump a brièvement menacé d'anéantir l'Iran. « Je me dis, si ça attaque à nouveau, j'ai peur que ça remonte encore davantage. Donc j'ai anticipé pour faire les foins », confie-t-il. Pour limiter l'impact de cette hausse, le père et le fils ont réduit leur consommation d'énergie dans leur exploitation. « Je n'ai pas de bol mélangeur pour mes vaches, on donne l'ensilage à la fourche. On fait attention, il arrive un moment où c'est plus compressible. »
Des aides jugées insuffisantes face à l'inflation des charges
Malgré un prix du lait élevé, les Wachowiak constatent que leurs charges ont augmenté de 30 % en trois mois. « Ce sont des petits ballons d'oxygène… », résume Didier. Ils espèrent bénéficier d'aides de 15 centimes par litre en mai, une mesure qu'ils jugent insuffisante. « À chaque fois qu'on nous donne des augmentations, les intermédiaires le savent et en profitent », dénonce un agriculteur de Côte-d'Or auprès de Franceinfo.
Cette situation n'épargne pas les entreprises de travaux publics. Patrick, entrepreneur à Chaignay, répercute la hausse du GNR sur ses prestations. « Il faut augmenter un peu le prix, c'est tout », résume-t-il simplement. Son activité a déjà pâti de cette hausse, avec une baisse de 30 à 40 % du volume livré aux clients agricoles en mars et avril. Emmanuel Ampaud, patron de l'entreprise de livraison, espère que les moissons permettront de compenser cette perte et que les prix du carburant baisseront enfin avec l'amélioration de la météo.
Une attente légitime avant les annonces gouvernementales
L'incertitude persiste pour les agriculteurs et les entreprises du BTP, alors que le gouvernement doit préciser ses mesures jeudi 21 mai 2026. Sébastien Lecornu, Premier ministre, doit présenter de nouvelles aides pour soutenir les secteurs touchés par la flambée des prix de l'énergie. Pour les professionnels du monde agricole, ces annonces sont cruciales. « On ne sait pas ce que ça va donner, mais on espère que ça va soulager un peu nos finances », confie un éleveur de la région.
Autant dire que les cuves restent à moitié vides, et les esprits en alerte. Les agriculteurs, comme les entrepreneurs, surveillent les cours du GNR et les déclarations politiques avec la même attention. Le risque ? Une nouvelle hausse des prix, qui rendrait leurs exploitations encore plus vulnérables. « On a peur que ça remonte encore », avoue Didier Wachowiak.
D'ici là, les agriculteurs et entrepreneurs de Côte-d'Or continueront de remplir leurs cuves par précaution, tout en espérant que les prix ne flambent pas à nouveau. Pour eux, l'équation est simple : chaque litre commandé aujourd'hui est un pari sur demain.
Le gazole non routier, ou GNR, est un carburant utilisé principalement pour les machines agricoles et les engins de chantier. Il est moins taxé que le gazole routier, mais son prix reste indexé sur les cours internationaux du pétrole et les tensions géopolitiques.
Les agriculteurs de Côte-d'Or espèrent des aides de 15 centimes par litre de GNR consommé, ainsi que des subventions ciblées pour compenser la hausse des charges. Ces mesures devraient être détaillées par le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de son allocution du 21 mai 2026.