La Grèce accélère sa sortie de la crise de la dette en procédant à un remboursement anticipé de 6,9 milliards d’euros, selon BFM Business. Cette opération, annoncée lundi 10 mai 2026 par le porte-parole du gouvernement grec Pavlos Marinakis, vise à réduire encore davantage l’endettement public du pays, actuellement estimé à 137 % du PIB pour l’année en cours. Objectif affiché : atteindre environ 130 % du PIB d’ici 2027, contre près de 210 % en 2020, au plus fort de la crise sanitaire.

Ce qu'il faut retenir

  • La Grèce va rembourser 6,9 milliards d’euros dès juin 2026 au titre des prêts européens contractés en 2010.
  • Ce remboursement anticipé devrait permettre de faire tomber la dette publique à 130 % du PIB en 2027, contre 137 % prévus pour 2026.
  • En 2020, la dette grecque avait atteint un pic de 210 % du PIB avant de redescendre progressivement sous les 140 % en 2025.
  • D’ici 2027, la dette grecque pourrait atteindre entre 113 % et 115 % du PIB, la plaçant derrière la France, la Belgique et l’Italie.

Un remboursement stratégique pour tourner définitivement la page de la crise de 2010

La Grèce s’engage dans une stratégie de désendettement accéléré, huit ans après la fin de la crise financière qui avait nécessité trois plans d’aide internationaux et des mesures d’austérité drastiques. Selon Pavlos Marinakis, porte-parole du gouvernement, ce remboursement anticipé de 6,9 milliards d’euros – correspondant aux premiers prêts octroyés par les pays européens en 2010 – marque une étape symbolique. « Grâce à ce remboursement anticipé, la dette publique devrait diminuer davantage pour s’établir à environ 130 % du PIB en 2027 », a-t-il déclaré lors d’un point presse régulier, comme le rapporte BFM Business.

Cette opération s’inscrit dans un calendrier plus large de réduction de l’endettement. Le directeur de l’Organisme grec de gestion de la Dette Publique (PDMA), Dimitris Tsakonas, avait déjà évoqué en avril 2026 une trajectoire visant à faire reculer la dette à 113 %-115 % du PIB d’ici 2027. À cette échéance, la Grèce ne serait plus le pays le plus endetté de la zone euro, une place occupée depuis des années par l’Italie.

Une croissance économique contrastée par une inflation en hausse

Si la Grèce affiche l’un des taux de croissance les plus élevés de la zone euro – estimé à 2 % pour 2026 –, la conjoncture internationale et le conflit au Moyen-Orient pèsent sur son économie. L’inflation, qui a atteint 5,4 % en avril 2026 en glissement annuel, constitue un défi majeur pour le gouvernement conservateur en place. Cette hausse des prix, supérieure à la moyenne européenne, risque de freiner la consommation et d’alourdir le coût de la dette résiduelle.

Malgré ce contexte, Athènes mise sur sa capacité à générer des excédents budgétaires pour poursuivre son désendettement. Les prévisions du ministère des Finances grec tablent sur une poursuite de la baisse de la dette publique, qui devrait passer sous la barre des 140 % du PIB en 2025, selon les dernières estimations gouvernementales.

Une trajectoire qui redéfinit le classement des dettes européennes

Dimitris Tsakonas, directeur du PDMA, a présenté fin avril 2026 un calendrier détaillé de l’évolution de la dette grecque. Selon les projections publiées par le quotidien financier grec Naftemporiki et relayées par BFM Business, la Grèce pourrait, dès la fin 2026, ne plus être le pays le plus endetté d’Europe. « À partir de cette année, et plus précisément à la fin de 2026, la Grèce cesserait d’avoir la dette la plus élevée en Europe et serait alors dépassée par l’Italie », avait-il souligné lors d’une conférence sur l’économie à Athènes.

Cette inversion du classement marque une rupture avec la décennie noire qui avait vu la Grèce frôler la faillite. En 2020, la dette publique avait culminé à près de 210 % du PIB, un niveau record dans l’histoire récente de la zone euro. Depuis, le pays a bénéficié d’un contexte économique plus favorable, d’une reprise post-crise sanitaire et d’une politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne.

Et maintenant ?

Le remboursement anticipé de juin 2026 devrait être suivi d’autres opérations similaires dans les mois à venir, si les conditions de marché le permettent. Le gouvernement grec table sur une poursuite de la baisse de la dette, mais reste attentif aux risques liés à l’inflation et à la croissance. La prochaine échéance majeure sera fin 2026, date à laquelle le pays devrait officiellement céder sa place de pays le plus endetté de la zone euro à l’Italie, sous réserve d’aucune nouvelle crise économique.

À plus long terme, l’objectif affiché par Athènes est de ramener la dette publique en dessous de 100 % du PIB d’ici la fin de la décennie. Une ambition qui dépendra largement de la capacité du pays à maintenir sa croissance économique et à contenir l’inflation, deux défis majeurs dans un contexte géopolitique toujours incertain.

La Grèce profite d’un excédent budgétaire et de conditions de marché favorables pour réduire sa dette. Ce remboursement anticipé permet de diminuer les intérêts futurs et d’améliorer la note souveraine du pays, ce qui facilite l’accès aux marchés financiers.

L’inflation élevée, une croissance moins forte que prévu ou une nouvelle crise économique pourraient peser sur les finances publiques. De plus, une hausse des taux d’intérêt rendrait le service de la dette plus coûteux.