Dans une interview accordée au Libération, Grégory Doucet, maire écologiste de Lyon, a vivement critiqué la manière dont l’équipe de Jean-Michel Aulas a géré l’affaire Roman Abreu, ancien directeur de la communication de la campagne du candidat, visé par une plainte pour viol déposée par une ancienne membre de son équipe.
Ce qu'il faut retenir
- Roman Abreu, ex-directeur de la communication de Jean-Michel Aulas, est visé par une plainte pour viol déposée par une ancienne collaboratrice de sa campagne.
- Grégory Doucet estime que la non-révélation de cette affaire « revient à renvoyer la responsabilité à la victime », selon ses propos rapportés par Libération.
- Plusieurs élus lyonnais, dont Thomas Rudigoz (maire du 5e arrondissement), ont quitté le groupe Cœur Lyonnais après les révélations, suivis par l’ensemble des élus de la majorité du 5e arrondissement.
- Jean-Michel Aulas s’est mis en retrait du conseil municipal et a perdu ses délégations métropolitaines à la suite de cette affaire.
- Le maire écologiste annonce le lancement d’un pacte municipal de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, dont une commission générale est prévue en septembre 2025.
Une affaire qui ébranle la majorité lyonnaise
Comme le rapporte Libération, Grégory Doucet a été « profondément marqué » par les révélations concernant Roman Abreu, ancien responsable de la communication dans l’équipe de Jean-Michel Aulas lors de la dernière campagne municipale. Selon l’édile lyonnais, la gestion de cette affaire par l’entourage d’Aulas soulève des questions sur les responsabilités et les choix opérés au sein de la campagne. « Qui savait, qui ne savait pas ? Qui a fait le choix de ne pas révéler cette histoire ? » s’interroge-t-il, avant de souligner que la non-révélation de ces faits « revient à lui renvoyer la responsabilité, à une forme de culpabilité ».
Cette affaire a déjà eu des répercussions politiques majeures à Lyon. Quelques jours après les révélations, Thomas Rudigoz, maire du 5e arrondissement, a annoncé son départ du groupe Cœur Lyonnais, suivi par les 14 autres élus de la majorité de cet arrondissement. De son côté, Jean-Michel Aulas, figure historique de la métropole, s’est mis en retrait du conseil municipal et a vu ses délégations au sein de la Métropole de Lyon retirées, tout comme celles de deux autres élus.
Un impact potentiel sur la campagne électorale
Grégory Doucet a également souligné que la révélation de cette affaire en pleine campagne électorale aurait pu avoir des conséquences majeures. « On peut supposer qu’à la mi-février 2025, si cette affaire avait été révélée, elle aurait eu un impact considérable sur la campagne », a-t-il déclaré. Le maire lyonnais considère que la réaction de Jean-Michel Aulas et de son équipe montre qu’ils « n’ont pas été à la hauteur des faits, qui constituent un crime ».
Après avoir eu connaissance des faits, Jean-Michel Aulas avait expliqué avoir convoqué Roman Abreu, qui lui aurait affirmé avoir eu une relation « consentie » avec la plaignante. Il avait alors écarté ce dernier des locaux de la campagne, sans pour autant mettre fin à ses fonctions.
L’engagement de Lyon contre les violences sexistes et sexuelles
Au-delà de cette affaire, Grégory Doucet a réaffirmé son engagement en faveur de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), un sujet qu’il souhaite voir devenir un enjeu politique local central. « En tant que responsable politique local, il est nécessaire de s’emparer du sujet des violences sexistes et sexuelles pour apporter des réponses, à la fois en termes de protection, de prévention, et quand des faits d’agression surviennent », a-t-il expliqué. Pour rappel, lors du précédent mandat, la ville a conditionné ses subventions aux clubs sportifs au suivi de formations des dirigeants contre les VSS. Ce dispositif, selon le maire, sera étendu à l’ensemble des associations subventionnées par la collectivité.
Pour concrétiser cette ambition, Grégory Doucet a annoncé le lancement d’un pacte municipal de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Ce texte, qui fera l’objet d’une commission générale en septembre 2025, vise à rassembler tous les groupes politiques autour d’une construction transpartisane. « Nous devons à la victime de cette affaire de ne pas simplement la considérer comme un nom supplémentaire sur une longue liste, mais comme le point de départ d’une action plus résolue », a-t-il conclu.
En conclusion, l’affaire Roman Abreu a révélé des dysfonctionnements dans la gestion des violences sexistes et sexuelles au sein d’une campagne politique lyonnaise, tout en offrant à la ville l’opportunité de renforcer ses dispositifs de prévention et de protection.
Une commission générale est prévue en septembre 2025 pour lancer les travaux sur ce pacte. Les élus de tous les groupes politiques sont appelés à participer à sa construction transpartisane.