Selon BFM Business, quelque 3 500 employés du cabinet de la Première ministre italienne Giorgia Meloni sont appelés à la grève ce jeudi 12 juin 2026. Leur mobilisation fait suite à une directive gouvernementale qui restreint drastiquement le recours au télétravail, passant de 104 à 52 jours par an. Une décision perçue comme une régression majeure par les syndicats, alors que le télétravail avait été progressivement instauré depuis une première expérimentation en 2017.

Cette grève intervient dans un contexte où de nombreux grands groupes privés, comme Google, Meta ou Amazon, font également marche arrière sur le télétravail. Pourtant, les salariés de la présidence du Conseil italien, répartis dans une vingtaine de bâtiments à Rome – dont le palais Chigi, siège du gouvernement –, dénoncent une mesure qui, selon eux, ignore leurs conditions de travail déjà difficiles. Les bureaux, souvent surpeuplés et mal entretenus, seraient régulièrement envahis par des rats, des pigeons ou des frelons asiatiques, rapportent plusieurs médias.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 500 employés du cabinet de Giorgia Meloni sont en grève ce 12 juin 2026 contre la réduction des jours de télétravail de 104 à 52 par an.
  • La mesure s’applique à des agents répartis dans une vingtaine de bâtiments à Rome, dont le palais Chigi.
  • Les syndicats dénoncent des bureaux insalubres, surpeuplés et régulièrement envahis par des nuisibles (rats, pigeons, frelons asiatiques).
  • Le gouvernement justifie cette décision par la « complexité des tâches » et la nécessité d’une « réponse rapide aux priorités institutionnelles ».
  • Certaines catégories d’employés (parents de jeunes enfants, femmes enceintes, travailleurs handicapés) bénéficient d’une flexibilité maintenue.

Une décision qui cristallise les tensions sociales

La mesure adoptée par le cabinet Meloni a été qualifiée d’« inacceptable » par les syndicats, notamment l’USB, qui représente une partie du personnel administratif. Dans un communiqué, le syndicat a fustigé une décision qui « n’a aucun égard pour les difficultés liées aux déplacements quotidiens et limite les outils disponibles pour concilier vie professionnelle et vie personnelle ». Ces critiques s’ajoutent aux problèmes structurels des locaux, souvent pointés du doigt par les employés : surpopulation, manque d’entretien et invasions de nuisibles, des problèmes récurrents dans les bâtiments administratifs italiens.

Le syndicat CGIL, le plus important d’Italie, va plus loin en qualifiant la réforme de « répression inexplicable qui anéantit les résultats positifs du télétravail obtenus au fil des années ». Selon lui, cette décision ignore les bénéfices en termes de productivité constatés depuis l’instauration du télétravail. À l’inverse, le bureau de presse de Giorgia Meloni défend une mesure visant à « construire un modèle moderne et efficace d’administration publique », où la présence accrue des employés sur site améliorerait « l’efficacité, la rapidité et la qualité du travail ».

Un télétravail remis en cause dans plusieurs pays

Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de remise en question du télétravail au sein des administrations publiques et des grandes entreprises. Depuis 2025, plusieurs groupes internationaux, dont Google, Meta et Amazon, ont réduit les jours de travail à distance, invoquant des raisons similaires : besoin de collaboration accrue, complexité des tâches ou perte de productivité. En Italie, la question est d’autant plus sensible que le télétravail avait été instauré progressivement depuis 2017, avec un plafond de 104 jours par an – soit deux jours par semaine – avant d’être divisé par deux.

Pourtant, les employés du cabinet Meloni soulignent que cette nouvelle directive ne tient pas compte des réalités quotidiennes : trajets épuisants dans une ville comme Rome, où les transports en commun sont souvent saturés, et environnement de travail parfois insalubre. « On nous demande de revenir au bureau, mais dans des conditions qui rendent le travail difficile, voire impossible », confie un agent sous couvert d’anonymat. Les syndicats rappellent également que la productivité n’a pas été affectée par le télétravail, bien au contraire : « Les résultats obtenus ces dernières années prouvent que la flexibilité n’a pas nui à l’efficacité », insiste la CGIL.

Quelles exceptions à la nouvelle règle ?

Face aux critiques, le gouvernement a prévu des exceptions pour certaines catégories de salariés. Les employés ayant de jeunes enfants, les femmes enceintes ainsi que les travailleurs handicapés pourront continuer à bénéficier d’une plus grande flexibilité. Une concession qui, selon les syndicats, reste insuffisante : « Ces mesures ne couvrent qu’une minorité de salariés et ne résolvent pas les problèmes de fond », estime l’USB.

Par ailleurs, le chef de cabinet de Giorgia Meloni, Carlo Deodato, a justifié cette réforme en invoquant « la complexité des tâches » réalisées par le personnel administratif. Dans une directive, il souligne que « la gouvernance de l’Italie exige un modèle de gestion capable de concilier le besoin de flexibilité et le bien-être du personnel avec la nécessité d’assurer une réponse rapide aux priorités institutionnelles ». Une argumentation qui peine à convaincre les syndicats, pour qui cette décision relève davantage d’un « retour en arrière » que d’une modernisation.

Et maintenant ?

La grève de ce 12 juin 2026 pourrait s’étendre si le gouvernement ne revient pas sur sa décision. Les syndicats ont déjà annoncé qu’ils maintiendraient la pression, notamment en organisant des rassemblements devant le palais Chigi. Du côté du gouvernement, aucune concession n’a été évoquée pour l’instant, mais la situation pourrait évoluer en fonction de l’ampleur de la mobilisation. Une rencontre entre les représentants des salariés et les autorités est prévue la semaine prochaine pour tenter de trouver un compromis. Reste à savoir si Rome parviendra à concilier les exigences de productivité et les revendications des agents publics.

Cette affaire illustre plus largement les tensions actuelles autour du télétravail dans les administrations publiques, entre modernisation des pratiques et reconnaissance des conditions de travail. Alors que certains pays, comme la France ou l’Espagne, continuent d’encourager le travail à distance, l’Italie semble emprunter une voie inverse. La question est désormais de savoir si cette politique portera ses fruits en termes d’efficacité ou si elle alimentera, à terme, un climat social déjà tendu.

Selon le cabinet de Giorgia Meloni, cette décision vise à « améliorer l’efficacité, la rapidité et la qualité du travail » en favorisant la présence des employés sur site. Le gouvernement argue que la « complexité des tâches » administratives exige une collaboration accrue et une réactivité immédiate face aux priorités institutionnelles. Cette mesure s’inscrit également dans une tendance plus large de remise en question du télétravail au sein des grandes organisations, comme l’ont fait récemment Google, Meta ou Amazon.

Les salariés ayant de jeunes enfants, les femmes enceintes ainsi que les travailleurs handicapés pourront continuer à bénéficier d’une plus grande flexibilité. Ces exceptions ont été annoncées par le gouvernement pour répondre, en partie, aux critiques des syndicats, mais elles ne concernent qu’une minorité des 3 500 employés du cabinet Meloni.