Les trois principales centrales syndicales belges ont appelé à une grève nationale et à une manifestation à Bruxelles, mardi 12 mai 2026, en opposition à la réforme des retraites défendue par le gouvernement du Premier ministre flamand Bart De Wever. Selon Le Monde, cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large contre les mesures économiques et sociales portées par la coalition au pouvoir.

Ce qu'il faut retenir

  • Les syndicats FGTB, CSC et CGSLB appellent à une grève nationale et à une manifestation à Bruxelles le mardi 12 mai 2026.
  • La réforme des retraites, qui doit être votée le mercredi 13 mai par les députés, constitue l’un des principaux points de crispation.
  • Le trafic aérien sera totalement paralysé à Charleroi et fortement perturbé à Zaventem en raison du mouvement social.
  • Cette journée de mobilisation intervient après plusieurs semaines de tensions entre le gouvernement et les syndicats sur la question des pensions.

Cette grève, qualifiée de « nationale » par les organisateurs, s’annonce comme l’une des plus importantes depuis le début du mandat de Bart De Wever. Le Premier ministre flamand, à la tête d’un gouvernement de coalition, a défendu à plusieurs reprises la nécessité de réformer le système de retraites pour assurer sa pérennité financière. Une position qui ne convainc pas les syndicats, lesquels dénoncent une réforme « injuste » et « brutale » envers les travailleurs.

« Cette réforme va frapper de plein fouet les classes moyennes et les travailleurs précaires. Nous ne pouvons pas accepter une telle dégradation des conditions de retraite », a déclaré Pierre-Yves Dermagne, secrétaire général de la FGTB, la principale centrale syndicale du pays.

Côté gouvernemental, on met en avant l’urgence de préserver le système par répartition. « Sans réforme, les comptes des caisses de retraite seront dans le rouge dès 2030 », a rappelé David Clarinval, ministre fédéral des Pensions, lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière. Le texte prévoit notamment un relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite, ainsi qu’un allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une pension à taux plein.

La mobilisation de mardi s’annonce particulièrement suivie dans les transports, où les syndicats du rail ont déjà annoncé leur participation massive. À Bruxelles, la manifestation devrait partir de la place de la Bourse en direction du Parlement fédéral, où les débats sur la réforme doivent s’intensifier dans les jours à venir. « On s’attend à une forte participation, tant des salariés du privé que du public », a indiqué Marc Goblet, secrétaire général de la CSC, lors d’un point presse ce week-end.

Et maintenant ?

Le vote de la réforme des retraites, prévu pour le mercredi 13 mai, pourrait être reporté si la pression sociale s’accentue d’ici là. Les syndicats ont déjà menacé de nouvelles actions si le texte était adopté en l’état. Par ailleurs, la Commission européenne, qui suit de près la situation budgétaire de la Belgique, pourrait émettre des réserves sur la trajectoire de redressement des finances publiques si le gouvernement cède aux revendications sociales.

Dans les prochains jours, les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux devraient se poursuivre, même si les positions semblent aujourd’hui très éloignées. Une médiation pourrait être envisagée, mais rien n’est encore acté. En attendant, les prévisions météorologiques annoncent un temps clément pour mardi, ce qui pourrait favoriser la participation aux rassemblements prévus dans la capitale.

Les syndicats critiquent principalement l’allongement de la durée de cotisation et le relèvement progressif de l’âge légal de départ, qu’ils jugent trop brutal. Ils estiment que ces mesures pénalisent les travailleurs ayant des carrières longues ou des métiers pénibles, et craignent une baisse du niveau des pensions à long terme.