À partir de ce mardi 11 mai à 19 heures, la Croisette s’apprête à accueillir la 79e édition du Festival de Cannes, un rendez-vous mondial du cinéma qui s’étendra jusqu’au 23 mai. Comme chaque année, le festival mêlera hommages prestigieux, premières mondiales et compétition acharnée, avec une particularité cette fois : l’absence remarquée des grands blockbusters hollywoodiens, selon Le Figaro.

Parmi les temps forts de cette édition, la cérémonie d’ouverture verra deux figures majeures recevoir des distinctions pour l’ensemble de leur carrière. D’un côté, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, 64 ans, se verra remettre la palme d’or d’honneur, une récompense tardive qui salue un parcours exceptionnel, marqué par la trilogie Le Seigneur des Anneaux. « Recevoir la palme d’or d’honneur à Cannes sera l’un des plus grands moments de ma carrière », a-t-il déclaré, rappelant au passage qu’il y avait présenté en 2001 les premières images de La Communauté de l’Anneau. De l’autre, la légende américaine Barbra Streisand, 84 ans, recevra le même honneur lors de la clôture, le 23 mai, couronnant une carrière où cinéma et musique se mêlent indissociablement.

Ce qu’il faut retenir

  • La 79e édition du Festival de Cannes s’ouvre ce mardi 11 mai à 19 heures, avec une cérémonie retransmise en direct sur Le Figaro.fr.
  • Peter Jackson recevra la palme d’or d’honneur, tandis que Barbra Streisand sera honorée lors de la clôture, le 23 mai.
  • Le réalisateur Pedro Almodóvar, en compétition avec Autofiction, vise enfin la palme d’or après des décennies de carrière.
  • Le film d’ouverture, La Vénus électrique de Pierre Salvadori, met en scène Pio Marmaï et Anaïs Demoustier dans une comédie historique sur le deuil et l’arnaque.
  • Sur les 22 films en compétition, 11 sont signés par des réalisateurs n’ayant jamais concouru à Cannes, dont trois Espagnols, un record.
  • Absence notable des blockbusters américains : ni Steven Spielberg ni Christopher Nolan ne sont présents cette année.

Peter Jackson et Barbra Streisand : deux légendes à l’honneur

Pour Peter Jackson, la palme d’or d’honneur représente une reconnaissance longtemps attendue. Le réalisateur, qui n’avait jamais été sélectionné en compétition officielle, voit cette distinction comme un aboutissement. « C’est l’un des plus grands moments de ma carrière », a-t-il confié, évoquant ses liens passés avec le festival, où il avait présenté en avant-première des séquences de Le Seigneur des Anneaux en 2001. Côté américain, Barbra Streisand, icône intemporelle du cinéma et de la musique, clôturera le festival le 23 mai sous les applaudissements. Deux parcours, deux époques, mais une même consécration à Cannes.

Le choix de ces deux personnalités reflète une volonté de célébrer des carrières exceptionnelles, mais aussi de marquer un contraste générationnel. Si Jackson incarne l’heroïc fantasy et les effets spéciaux révolutionnaires, Streisand représente l’âge d’or d’Hollywood, où musique et cinéma ne faisaient qu’un. Leur présence, bien que symbolique, donne le ton à une édition où l’hommage l’emporte parfois sur la compétition pure.

La Vénus électrique : une comédie historique pour lancer le festival

C’est Pierre Salvadori, réalisateur aguerri et producteur Philippe Martin — partenaires depuis Cible émouvante en 1993 — qui ouvrent le bal avec La Vénus électrique. Ce film, présenté en séance d’ouverture, met en vedette Pio Marmaï dans le rôle d’un peintre en deuil incapable de travailler, qui fait appel à une voyante interprétée par Anaïs Demoustier. Le scénario, qui bascule entre comédie et drame, réserve une surprise : l’arnaqueuse se retrouve piégée par ses propres mensonges et tombe amoureuse de sa victime.

Selon Le Figaro, ce choix n’est pas anodin : cette compétition, qui récompense à la fois la qualité d’écriture et l’accessibilité, sert souvent de tremplin commercial. Le film sortira en salles mardi soir, en même temps que la projection cannoise. Un pari audacieux, mais typique des débuts de festival, où se mêlent ambition artistique et stratégie marketing.

Une sélection 2026 marquée par la diversité et l’inédit

Parmi les 22 longs-métrages en compétition, Cannes a fait le choix d’une représentativité rare : onze réalisateurs sont des primo-concurrents. Une proportion inhabituelle pour le festival, où les habitués côtoient traditionnellement les nouveaux talents. Parmi eux, des figures confirmées comme Hirokazu Kore-eda ou Asghar Farhadi, mais aussi des Français comme Arthur Harari — co-scénariste de Anatomie d’une chute — ou Jeanne Herry, révélée par Pupille.

L’Espagne, quant à elle, truste trois places en compétition, un record. Parmi les films sélectionnés, on trouve une fresque historique des réalisateurs Javier Calvo et Javier Ambrossi, duo jamais passé par une sélection parallèle. Un choix qui confirme la vitalité du cinéma ibérique, après des années de domination à l’international. De son côté, Pedro Almodóvar, figure incontournable du festival, présentera Autofiction, un film personnel où il joue lui-même, dans l’espoir enfin d’obtenir la palme d’or, un Graal qui lui échappe depuis des décennies.

De Gaulle, Vichy et Samuel Paty : des sujets historiques au cœur de la programmation

Hors compétition, l’ancien diplomate Antonin Baudry présentera la première partie d’un film biographique consacré au général De Gaulle. Produit par Pathé pour un budget estimé à 30 millions d’euros, ce long-métrage sortira en salles début juin. Une ambition qui tranche avec la sobriété habituelle des productions françaises, mais reflète l’engouement récent pour les biopics politiques.

Deux autres films en lice pour la palme d’or revisitent des périodes troubles de l’Histoire. Moulin, réalisé par László Nemes et porté par Gilles Lellouche, plonge dans l’univers de la collaboration. Notre salut, d’Emmanuel Marre, explore le destin d’un homme tentant de survivre sous le régime de Vichy. Ces choix pourraient-ils, comme Les Rayons et les Ombres sorti en mars, susciter des débats ? La question reste ouverte, mais Cannes a toujours aimé jouer avec l’Histoire et ses zones d’ombre.

Hollywood en retrait, mais des stars à la pelle

Contrairement aux années précédentes, les grands studios américains brilleront par leur absence cette année. Ni Steven Spielberg ni Christopher Nolan ne présenteront leurs dernières œuvres sur la Croisette. Un désistement qui s’explique peut-être par la controverse entourant Joker 2, laminé par la critique lors de la Mostra de Venise en 2024. Les majors semblent préférer les tapis rouges de la Mostra ou des Oscars, laissant Cannes aux films d’auteur et aux stars internationales venues défendre des projets personnels.

Pourtant, le festival ne manquera pas d’éclat grâce à une pléiade de personnalités : Adam Driver, Scarlett Johansson, Woody Harrelson ou encore Kristen Stewart feront le déplacement. John Travolta, 72 ans, présentera même son premier film en tant que réalisateur, preuve que Cannes reste un lieu de consécration pour les artistes, quel que soit leur âge ou leur nationalité. Quentin Dupieux, lui, a réussi l’exploit de convaincre Harrelson et Stewart de jouer dans son nouveau film, projeté en Quinzaine des cinéastes.

Et maintenant ?

Cette édition 2026 de Cannes s’annonce comme un mélange de célébration, de découverte et de polémiques potentielles. D’un côté, les hommages à Jackson et Streisand donneront une dimension rétrospective au festival, tandis que la compétition mettra en lumière de nouveaux talents et des sujets historiques sensibles. De l’autre, l’absence des blockbusters hollywoodiens interroge : Cannes parviendra-t-il à maintenir son prestige sans l’apport des géants américains ? Pour l’heure, tout reste à jouer, jusqu’à la cérémonie de clôture le 23 mai, où la palme d’or sera enfin décernée.

Reste à savoir si Pedro Almodóvar parviendra enfin à décrocher la récompense suprême, ou si un outsider émergera des onze primo-concurrents. Une chose est sûre : après des mois de préparation, la Croisette s’apprête à vivre dix jours intenses, où le cinéma, sous toutes ses formes, sera roi.

Plusieurs facteurs expliquent ce retrait. D’abord, la controverse entourant Joker 2, très mal accueilli à Venise en 2024, a pu refroidir les ardeurs des studios. Ensuite, les majors préfèrent souvent miser sur des événements comme les Oscars ou les Golden Globes pour leurs campagnes marketing. Enfin, Cannes semble privilégier cette année des films d’auteur et des hommages, plutôt que des productions à gros budget conçues pour cartonner en salles.