Selon Euronews FR, le président américain Donald Trump a qualifié dimanche 11 mai 2026 de « totalement inacceptable » la réponse de l’Iran à sa dernière proposition visant à mettre fin à la guerre, alors que les attaques de drones se multiplient dans la région du Golfe. Ces déclarations interviennent dans un contexte de fragilisation du cessez-le-feu, moins d’un mois après son entrée en vigueur.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a rejeté la réponse iranienne en la qualifiant de « totalement inacceptable » sur Truth Social, sans fournir de détails supplémentaires, tout en accusant Téhéran de « se jouer des États-Unis depuis près de 50 ans ».
- L’Iran a réagi dimanche via la chaîne d’État IRIB en insistant sur la nécessité de mettre fin à la guerre « sur tous les fronts », notamment au Liban, et en exigeant la « garantie de la sécurité de la navigation ».
- Plusieurs attaques de drones ont été signalées dimanche dans le Golfe : un cargo américain a été endommagé près du Qatar, les Émirats arabes unis ont intercepté deux drones iraniens, et le Koweït a neutralisé des appareils hostiles.
- Le porte-parole du Parlement iranien a averti que « notre retenue est terminée à partir d’aujourd’hui » et menacé une riposte « forte et décisive » contre les navires et bases américaines en cas d’attaques contre ses pétroliers.
- Une initiative franco-britannique est en préparation pour sécuriser le détroit d’Ormuz, avec le déploiement imminent du porte-avions français Charles-de-Gaulle et du destroyer britannique HMS Dragon.
- Téhéran s’oppose fermement à cette présence militaire, affirmant que le détroit d’Ormuz « n’est pas la propriété collective des puissances extrarégionales » et que l’Iran détient un droit souverain sur sa sécurisation.
Washington et Téhéran s’affrontent sur le terrain diplomatique
Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a vivé publiquement son mécontentement face à la réponse iranienne. « Je viens de lire la réponse des soi-disant “représentants” de l’Iran. Je ne l’aime pas — C’EST TOTALEMENT INACCEPTABLE ! », a-t-il écrit, sans préciser les raisons de son rejet. Cette réaction survient après que les États-Unis aient attendu la réponse de Téhéran, initialement prévue avant le 9 mai, mais que les tensions n’ont cessé de monter entre les deux pays.
Côté iranien, Massoud Pezechkian, le président iranien, a réaffirmé dimanche que son pays « ne se soumettra jamais à l’ennemi » et que tout dialogue ne signifiera « ni capitulation ni retraite ». Le chef d’état-major des armées iraniennes, Ali Abdollahi, a quant à lui rencontré le guide suprême Mojtaba Khamenei pour recevoir de « nouvelles directives et instructions pour la poursuite des opérations contre l’ennemi », selon la télévision d’État iranienne.
Escalade militaire dans le Golfe et blocages stratégiques
Les attaques de drones se sont intensifiées ce week-end. Selon le ministère de la Défense du Qatar, un cargo en provenance d’Abou Dhabi a été touché par un drone dimanche au large du port de Mesaieed, provoquant un incendie maîtrisé sans victime ni impact environnemental. L’agence Fars, proche des Gardiens de la révolution, a précisé que ce navire battait pavillon américain et appartenait aux États-Unis. Un incident similaire a été signalé plus tôt par un cargo sud-coréen, endommagé par deux aéronefs non identifiés alors qu’il se dirigeait vers Dubaï.
Les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’être à l’origine d’une attaque ayant ciblé leur territoire, interceptant deux drones lancés depuis l’Iran. Le Koweït, voisin de l’Iran, a également neutralisé des drones hostiles dans son espace aérien à l’aube. Ces événements marquent la deuxième série de frappes présumées contre des pays du Golfe depuis le début de la trêve, il y a un mois.
Par ailleurs, l’Iran maintient un blocage partiel du détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour le transit de 20 % des exportations mondiales de pétrole. Téhéran a instauré un système de péage pour les navires traversant le détroit, ce que les États-Unis considèrent comme « inacceptable », rappelant que cette zone était autrefois une voie navigable internationale. En réponse, la marine américaine immobilise régulièrement les navires iraniens dans les ports de la région.
Une réponse iranienne ferme aux menaces américaines
Dans un message posté sur les réseaux sociaux, Ebrahim Rezaei, porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, a prévenu que « notre retenue est terminée à partir d’aujourd’hui ». Il a ajouté : « Toute attaque contre nos navires déclenchera une riposte iranienne forte et décisive contre les navires et les bases américains. » Ces déclarations font suite à des menaces des Gardiens de la révolution, qui avaient averti Washington que leurs pétroliers seraient des cibles en représailles à des attaques américaines, comme celle de vendredi dernier dans le golfe d’Oman où deux navires iraniens ont été neutralisés par un avion de chasse américain.
Cette rhétorique a été relayée par Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, qui a dénoncé sur X la présence de navires français et britanniques dans le détroit d’Ormuz. « Le détroit d’Ormuz n’est pas la propriété collective des puissances extrarégionales », a-t-il affirmé, rappelant que l’Iran, en tant qu’État riverain, détient un droit souverain sur sa sécurisation. Il a conclu en exhortant Paris et Londres à « ne pas compliquer davantage la situation ».
Une initiative internationale pour désamorcer la crise
Face à l’escalade, une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz, portée par la France et le Royaume-Uni, s’organise avec le soutien d’une quarantaine d’États. Les ministres de la Défense des deux pays coprésideront mardi une visioconférence avec leurs homologues des pays engagés. Emmanuel Macron a précisé que Paris n’envisageait « jamais » un déploiement militaire naval, mais une mission « concertée avec l’Iran ».
Le porte-avions français Charles-de-Gaulle, actuellement en route vers le golfe Persique après avoir franchi le canal de Suez mercredi dernier, devrait jouer un rôle central. Il sera accompagné du destroyer britannique HMS Dragon, en route vers le détroit d’Hormuz. Ces mouvements militaires, bien que présentés comme défensifs, sont perçus comme une provocation par Téhéran.
En attendant, la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la situation dans une région où transitent des flux énergétiques et commerciaux vitaux pour l’économie mondiale. L’Iran, déjà sous sanctions américaines, pourrait renforcer ses mesures de rétorsion, tandis que les États-Unis devront évaluer l’opportunité de nouvelles frappes ciblées pour dissuader Téhéran de poursuivre ses attaques.
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime essentiel reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Il concentre environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et sert également au transport de gaz et d’engrais. Son contrôle est donc un enjeu économique et géopolitique majeur pour les États-Unis, l’Iran et leurs alliés.