Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, l’Ukraine doit faire face à une guerre électronique de plus en plus agressive menée par Moscou. Selon Capital, pour échapper aux systèmes de brouillage massivement déployés par l’armée russe, Kiev explore des solutions technologiques inédites. Parmi elles, le missile DART, une roquette conçue pour être larguée depuis des ballons stratosphériques et capable de poursuivre sa trajectoire sans être perturbée par les interférences ennemies.
Ce qu'il faut retenir
- Le DART est une roquette de 1,84 mètre et 13 kg, larguée depuis des ballons évoluant entre 12 et 18 km d’altitude pour échapper aux brouillages russes.
- Une fois libérée, la roquette fonctionne en deux phases : guidage électronique jusqu’à 6 000 m, puis propulsion autonome par propergol solide.
- Le système utilise une charge militaire fragmentante à base de graphite, pesant entre 3,5 et 10 kg selon la mission.
- Le DART n’est pas encore déployé opérationnellement : il est toujours en phase d’évaluation interne par les autorités ukrainiennes.
- À terme, ses concepteurs envisagent des versions adaptées, comme un missile balistique ou un système sol-air.
Un système conçu pour échapper aux brouillages russes
Depuis 2022, la Russie a massivement renforcé ses capacités de guerre électronique sur l’ensemble du front ukrainien. Ces dispositifs, conçus pour neutraliser drones, missiles guidés et communications adverses, compliquent considérablement l’utilisation des armes de précision par Kiev. Face à cette menace, l’Ukraine mise sur l’innovation technologique. Selon Capital, c’est dans ce contexte qu’est né le projet DART, développé par l’entreprise ukrainienne Center of Innovative Technologies Program.
Le principe repose sur l’utilisation de ballons stratosphériques évoluant à une altitude comprise entre 12 et 18 kilomètres. À cette hauteur, bien au-dessus des systèmes de défense sol-air classiques, la roquette est larguée avant d’entamer sa phase de descente vers sa cible. Une fois libérée, l’engin est stabilisé par des servocommandes pour maintenir sa trajectoire malgré les conditions de vol.
Une roquette conçue pour être « invisible » aux systèmes ennemis
L’innovation majeure du DART réside dans sa logique de navigation. Une fois larguée, la roquette active ses capteurs et son système de guidage. Mais lorsqu’elle atteint environ 6 000 mètres d’altitude, tous ses dispositifs électroniques sont désactivés. À partir de ce moment, le moteur à propergol solide prend le relais et l’engin poursuit sa trajectoire de manière totalement autonome, sans émission électronique.
Ce fonctionnement en deux phases permet de rendre la roquette invisible aux systèmes de guerre électronique russes, qui reposent principalement sur l’interception des signaux. Selon ses concepteurs, cette méthode limiterait fortement l’efficacité des brouillages, le DART n’émettant plus de signal exploitable dans sa phase terminale. La roquette mesure 1,84 mètre pour un poids de 13 kilogrammes, et peut embarquer une charge militaire fragmentante à base de graphite, dont le poids varie entre 3,5 et 10 kg selon la mission.
« L’objectif est de rendre la roquette invisible aux systèmes de guerre électronique utilisés pour brouiller ou détourner les armes guidées. »
Un projet encore en phase d’évaluation
Pour l’heure, le DART n’est pas encore déployé sur le terrain. Le système reste en phase d’évaluation interne et doit obtenir le feu vert des autorités ukrainiennes avant d’éventuels essais opérationnels. Selon Capital, ses concepteurs envisagent déjà plusieurs évolutions à plus long terme, notamment des versions adaptées à d’autres usages.
Parmi les pistes étudiées figurent une roquette de type balistique et un missile sol-air. Ces adaptations permettraient d’élargir les capacités du concept, initialement pensé pour s’adapter aux contraintes de la guerre électronique moderne. Si les tests s’avèrent concluants, le DART pourrait devenir un atout stratégique pour Kiev dans sa lutte contre l’armée russe.
Reste à voir si cette innovation parviendra à inverser la donne sur le terrain, alors que la guerre électronique reste un enjeu majeur du conflit. Une chose est sûre : l’Ukraine ne compte pas rester passive face aux avancées russes.
Non, le système est toujours en phase d’évaluation interne par les autorités ukrainiennes. Aucun déploiement opérationnel n’a encore été annoncé.