Selon Ouest France, la start-up française H Company, classée parmi les jeunes pousses les plus prometteuses du pays, développe des solutions d’intelligence artificielle capables d’interagir directement avec l’ordinateur des utilisateurs. L’objectif affiché : libérer ces derniers des corvées numériques répétitives, tout en soulevant des questions sur les risques associés à une telle automatisation. Entretien avec Gautier Cloix, cofondateur et dirigeant de la société.

Ce qu'il faut retenir

  • H Company est une start-up française spécialisée dans les logiciels d’IA exécutant des tâches informatiques à la place de l’utilisateur.
  • Les outils développés visent à automatiser les opérations « rébarbatives » comme la saisie de données ou la gestion de fichiers.
  • Gautier Cloix, son patron, met en avant les gains de productivité et de confort pour les professionnels.
  • L’entreprise, considérée comme l’une des plus prometteuses de France, n’a pas encore révélé de chiffre d’affaires ou de levée de fonds récente.

Des IA qui prennent le contrôle de votre ordinateur

Fondée il y a trois ans, H Company conçoit des assistants logiciels capables d’exécuter des commandes sur l’ordinateur de l’utilisateur, comme s’il s’agissait d’un humain. Ces outils, encore en phase de test auprès de quelques entreprises pilotes, promettent de réduire significativement le temps passé sur des tâches perçues comme ingrates : tri de mails, archivage de documents, ou encore mise à jour de bases de données. « Notre technologie permet à une IA de cliquer, naviguer ou saisir du texte comme le ferait un employé », explique Gautier Cloix. Selon lui, cette approche pourrait transformer la manière dont les professionnels interagissent avec leurs outils numériques.

Un pari sur l’efficacité, mais à quel prix ?

Si le concept séduit par son ambition, il soulève inévitablement des interrogations. D’abord, celle de la sécurité : comment garantir que ces IA n’accèdent pas à des données sensibles ? Ensuite, celle de l’acceptation par les utilisateurs, habitués à conserver un contrôle total sur leurs machines. Gautier Cloix se veut rassurant : « Nos systèmes sont conçus pour respecter les droits d’accès et les politiques de confidentialité de chaque entreprise », précise-t-il. Pour autant, il reconnaît que le déploiement à grande échelle nécessitera des garanties supplémentaires, notamment en termes de traçabilité des actions effectuées par l’IA.

Une start-up sous les projecteurs

Avec une croissance soutenue depuis sa création, H Company a intégré plusieurs incubateurs prestigieux, dont Station F à Paris. L’entreprise, qui compte une quarantaine de salariés, mise sur une levée de fonds d’ici la fin de l’année pour accélérer son développement. « Nous visons des secteurs où la répétitivité des tâches est un frein à la productivité », indique le dirigeant. Parmi les cibles prioritaires : la finance, la logistique et les services administratifs. Selon les estimations d’Ouest France, une vingtaine d’entreprises françaises testent actuellement ses solutions, avec des résultats encourageants sur la réduction du temps passé sur des processus manuels.

« L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui permettre de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée. »
— Gautier Cloix, cofondateur de H Company

Les défis à relever pour une adoption massive

Outre les enjeux techniques et éthiques, H Company devra convaincre sur un dernier point : la simplicité d’utilisation. Les premiers retours des entreprises pilotes soulignent une courbe d’apprentissage nécessaire, malgré des interfaces présentées comme intuitives. « Les utilisateurs doivent se sentir en confiance pour déléguer des tâches critiques à une machine », reconnaît Gautier Cloix. L’entreprise planifie par ailleurs des audits indépendants pour valider la fiabilité de ses outils avant un lancement commercial complet, prévu pour le premier trimestre 2027. D’ici là, une question persiste : dans un marché déjà saturé d’outils d’automatisation, H Company parviendra-t-elle à se différencier durablement ?

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, H Company devrait finaliser une levée de fonds visant à financer le recrutement de 20 nouveaux ingénieurs et le renforcement de ses équipes de cybersécurité. Une version bêta élargie de ses outils sera également déployée auprès de 50 entreprises supplémentaires, afin d’affiner les fonctionnalités avant le lancement commercial prévu en mars 2027. Les régulateurs français, notamment la CNIL, pourraient être sollicités pour valider la conformité des solutions aux exigences du RGPD, un passage jugé indispensable par Gautier Cloix pour rassurer les futurs clients.

Autant dire que le pari de H Company pourrait redéfinir les contours du travail administratif en France. Reste à savoir si les professionnels seront prêts à confier une partie de leur ordinateur à une intelligence artificielle — même pour les tâches les plus rébarbatives.

Pour l’instant, les solutions de H Company sont principalement conçues pour fonctionner sous Windows et macOS. Selon Gautier Cloix, une compatibilité avec Linux est envisagée à moyen terme, mais aucune date précise n’a été communiquée.