Entre 7 700 et 10 000 jeunes adultes en situation de handicap, âgés de plus de 20 ans, seraient encore accueillis dans des établissements destinés aux enfants, selon un rapport publié le 20 mai 2026 par la Cour des comptes. Ce bilan critique porte sur l’amendement Creton, un dispositif mis en place en 1989 pour répondre aux besoins des jeunes handicapés au-delà de la majorité, mais aujourd’hui jugé inadapté et coûteux pour les finances publiques. Le Monde révèle les principales conclusions de ce rapport, qui souligne l’urgence d’une réforme structurelle.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 7 700 et 10 000 jeunes adultes de plus de 20 ans sont maintenus dans des établissements pour enfants en raison du handicap, selon la Cour des comptes.
- L’amendement Creton, instauré en 1989, est désormais considéré comme inadapté et coûteux pour les finances publiques.
- Le dispositif, conçu pour prolonger l’accompagnement des jeunes handicapés au-delà de la majorité, ne répond plus aux besoins actuels.
Un dispositif historique devenu obsolète
Créé en 1989, l’amendement Creton permettait d’éviter une rupture brutale dans l’accompagnement des jeunes handicapés au moment de leur majorité. Pourtant, près de quarante ans plus tard, ce mécanisme s’est révélé dépassé et insuffisant, selon les magistrats de la Cour des comptes. Le rapport souligne que ce système, initialement conçu comme une solution temporaire, est aujourd’hui utilisé de manière systématique, maintenant des jeunes adultes dans des structures inadéquates pour leur âge. Le Monde indique que cette situation génère des coûts supplémentaires pour l’État, sans pour autant garantir une prise en charge optimale.
Des établissements saturés et des besoins mal couverts
Les établissements pour enfants, conçus pour des publics bien plus jeunes, peinent à répondre aux besoins spécifiques des adultes en situation de handicap. La Cour des comptes relève des dysfonctionnements majeurs : manque de places adaptées, absence de programmes pédagogiques ou thérapeutiques adaptés à l’âge adulte, et une charge financière croissante pour les pouvoirs publics. «
Ce dispositif, qui devait être une solution transitoire, est devenu une solution par défaut », a déclaré un membre de la Cour des comptes cité par Le Monde. Les jeunes concernés se retrouvent ainsi dans une situation de double exclusion : celle liée au handicap et celle d’un accompagnement mal adapté à leur âge.Un coût budgétaire difficile à justifier
Le maintien de ces jeunes dans des structures inadaptées représente un surcoût estimé à plusieurs centaines de millions d’euros par an, selon les estimations de la Cour des comptes. Ce budget pourrait être réalloué à des solutions plus adaptées, comme des établissements spécialisés pour adultes ou des dispositifs d’accompagnement à domicile. Le Monde précise que la Cour recommande une réforme globale du système, incluant une meilleure coordination entre les acteurs et un financement plus efficient. «
Il est urgent de repenser l’accompagnement des jeunes handicapés adultes, non seulement pour des raisons financières, mais aussi pour garantir une prise en charge digne et adaptée », a souligné un expert interrogé par le quotidien.La Cour des comptes a également appelé à une évaluation approfondie des besoins réels des jeunes adultes handicapés, afin d’adapter l’offre de soins et d’accompagnement. Une mission parlementaire devrait être lancée d’ici la fin de l’année pour proposer des pistes concrètes. Reste à savoir si les pouvoirs publics parviendront à concilier urgence budgétaire et respect des droits des personnes handicapées.
L’amendement Creton, instauré en 1989, permet de maintenir des jeunes adultes en situation de handicap dans des établissements pour enfants au-delà de leur majorité. Initialement conçu comme une solution temporaire, ce dispositif est aujourd’hui largement critiqué pour son inadaptation et son coût.