Le séquençage du hantavirus, désormais engagé, devrait permettre une meilleure compréhension de ce virus et de ses modes de transmission. Cette initiative est portée par Santé publique France et plusieurs laboratoires spécialisés, comme l’a annoncé Franceinfo - Santé.

Ce qu'il faut retenir

  • Le séquençage du hantavirus vise à analyser son génome pour mieux le caractériser.
  • Cette opération est menée par Santé publique France et des laboratoires nationaux.
  • L’objectif est de mieux comprendre la transmission et les variants du virus.
  • Les résultats pourraient améliorer la prévention et la prise en charge des cas.

La décision de séquencer le hantavirus intervient alors que plusieurs cas ont été signalés en Europe ces dernières années. Ce virus, transmis par les rongeurs, peut provoquer des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (FHSR). En France, une dizaine de cas sont recensés chaque année en moyenne, selon les dernières données disponibles.

Selon les experts cités par Franceinfo - Santé, le séquençage permettra de « mieux tracer l’évolution du virus et d’identifier d’éventuels nouveaux variants », a expliqué un virologue de l’Institut Pasteur. Cette analyse génétique est cruciale pour adapter les mesures de surveillance et les protocoles de traitement. Jusqu’à présent, les souches circulant en Europe étaient principalement du sérotype Puumala, responsable de la majorité des cas.

Le processus de séquençage repose sur des prélèvements sanguins ou urinaires chez les patients infectés. Les échantillons sont ensuite analysés en laboratoire, où des techniques de biologie moléculaire permettent de reconstituer le génome viral. Les données recueillies sont ensuite comparées à des bases de données internationales pour détecter d’éventuelles mutations.

Les autorités sanitaires espèrent que ces travaux faciliteront la détection précoce des foyers épidémiques. « Un séquençage rapide peut aider à contenir une épidémie en identifiant la source de contamination », a souligné un responsable de Santé publique France. Cette approche a déjà fait ses preuves avec d’autres virus, comme le SARS-CoV-2, dont le séquençage a permis de suivre l’émergence de variants comme Omicron.

Et maintenant ?

Les premiers résultats du séquençage devraient être disponibles d’ici quelques semaines. Si des variants préoccupants sont identifiés, les autorités pourraient renforcer les campagnes de prévention, notamment dans les zones à risque. Une surveillance accrue des rongeurs, vecteurs du virus, pourrait également être mise en place. Reste à voir si ces mesures suffiront à réduire l’incidence des cas dans les années à venir.

En parallèle, les chercheurs travaillent sur des vaccins et des traitements spécifiques contre le hantavirus. Plusieurs projets sont en cours, notamment en Asie où la maladie est endémique. En Europe, les efforts se concentrent davantage sur la prévention et le dépistage précoce.

Pour l’heure, les autorités appellent à la vigilance, surtout pour les personnes exposées professionnellement (forestiers, agriculteurs) ou lors d’activités de plein air. Le port de gants et le lavage des mains restent les gestes barrières les plus efficaces pour éviter une contamination.

La plupart des cas de hantavirus en Europe sont bénins, mais la maladie peut entraîner des complications rénales graves dans environ 5 % des cas. Aucun décès n’a été signalé en France ces dernières années, mais la vigilance reste de mise.