Une épidémie de hantavirus à bord d’un navire de croisière néerlandais a relancé l’urgence de développer des vaccins contre cette famille de virus, selon Euronews FR. Le 12 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recensait 11 cas, dont neuf confirmés, et trois décès, tous parmi les passagers du MV Hondius. La souche en cause, le virus Andes, appartient à la famille des hantavirus, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe à ce jour.

Ce qu'il faut retenir

  • Un total de 11 cas et 3 décès ont été recensés parmi les passagers du navire MV Hondius, touché par le virus Andes.
  • Le virus Hantaan, une autre souche de hantavirus, fait l’objet d’un vaccin expérimental à ARN messager développé par l’université de Bath.
  • Ce vaccin repose sur la technologie de l’ensilication, permettant une conservation à des températures moins basses que les vaccins à ARN classiques.
  • Les chercheurs ignorent encore si ce vaccin sera efficace contre le virus Andes, responsable de l’épidémie à bord du navire.
  • L’OMS a indiqué qu’il n’y avait « aucun signe » d’une propagation plus large du virus après l’évacuation des passagers.

Une épidémie localisée sur un navire de croisière

L’épidémie de hantavirus à bord du MV Hondius, un navire de croisière battant pavillon néerlandais, a été signalée mardi 12 mai 2026. Selon les dernières données de l’OMS, neuf cas ont été confirmés parmi les passagers, tandis que deux autres restent suspects. Trois décès ont été enregistrés, tous parmi les personnes infectées. L’origine exacte de cette flambée reste indéterminée, et les autorités sanitaires ignorent encore si des personnes extérieures au navire ont pu être exposées.

Le virus responsable, le virus Andes, est une souche rare de la famille des hantavirus. Ces virus, généralement transmis par les rongeurs, peuvent provoquer des syndromes pulmonaires ou rénaux chez l’homme. Aucun traitement spécifique ni vaccin n’existe actuellement contre cette souche, mais une prise en charge médicale précoce peut améliorer les chances de survie des patients.

Un vaccin expérimental contre le virus Hantaan, une piste pour d’autres souches

Alors que l’épidémie sur le MV Hondius a mis en lumière la vulnérabilité face aux hantavirus, des chercheurs britanniques ont accéléré leurs travaux sur un vaccin expérimental. Une équipe de l’université de Bath, dirigée par la chimiste Asel Sartbaeva, développe depuis plusieurs mois un vaccin à ARN messager ciblant une autre souche, le virus Hantaan. Ce projet a reçu en 2024 un financement du gouvernement britannique, avec pour objectif de créer le premier vaccin à ARN messager thermiquement stable contre cette souche.

Les tests en laboratoire sur des animaux ont donné des résultats prometteurs. « C’est un antigène totalement nouveau, qui montre une très bonne immunogénicité contre les maladies provoquées par le virus Hantaan », a déclaré Sartbaeva, également cofondatrice et directrice générale d’EnsiliTech, une spin-off de l’université. « Nous espérons qu’il constituera un bon antigène pour produire un futur vaccin contre ce virus. »

La technologie de l’ensilication, une avancée pour les vaccins à ARN

L’innovation majeure de ce vaccin réside dans sa technologie de conservation. Baptisée ensilication, elle permet de stabiliser l’ARN messager à des températures bien moins basses que les vaccins classiques, souvent conservés à −70 °C. Les chercheurs sont parvenus à réduire cette exigence à une simple réfrigération entre 2 et 8 °C, facilitant ainsi son transport et son stockage. Leur objectif ultime est de rendre le vaccin stable à température ambiante.

« Cette technologie peut s’appliquer à de nombreux vaccins différents », a souligné Sartbaeva. « Dans ce cas précis, nous l’appliquons à ce nouveau vaccin contre le virus Hantaan. Nous avons déjà réussi à passer d’une conservation au congélateur à −70 °C à une réfrigération classique, ce qui facilite beaucoup son transport. » Cette avancée pourrait transformer la logistique des vaccins à ARN messager, dont la stabilité thermique reste un défi majeur.

Un vaccin potentiel contre le virus Andes ? Les chercheurs restent prudents

La question se pose désormais : ce vaccin expérimental pourrait-il être efficace contre le virus Andes, responsable de l’épidémie sur le MV Hondius ? Les chercheurs se montrent prudents. « Nous ne savons pas pour l’instant si l’antigène que nous avons développé sera efficace contre la souche Andes », a précisé Sartbaeva. « Nous l’espérons, mais tant que nous ne l’aurons pas testé contre le virus Andes, nous ne le saurons pas. »

Les hantavirus présentent des variations génétiques importantes selon les souches, ce qui rend incertaine l’efficacité croisée des vaccins. Si les résultats étaient concluants, cela ouvrirait la voie à des vaccins plus polyvalents contre cette famille de virus.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats des tests en laboratoire. Les chercheurs de l’université de Bath devront évaluer l’efficacité du vaccin contre le virus Andes, une phase qui pourrait prendre plusieurs mois. Parallèlement, l’OMS continue de surveiller la situation après l’évacuation des passagers du MV Hondius. Si aucun nouveau cas n’est signalé, l’épidémie pourrait être considérée comme maîtrisée. En revanche, la rareté des hantavirus limite les investissements dans la recherche, et leur prévention reste un enjeu de santé publique.

Asel Sartbaeva a tenu à relativiser l’ampleur de la menace. « Cela s’est déjà produit par le passé, simplement c’est une maladie très rare qui ne reçoit généralement pas beaucoup d’attention », a-t-elle rappelé. « Le navire était isolé, ce qui limite les risques de transmission. Il ne doit pas y avoir de panique à l’heure actuelle. Ce n’est pas une maladie qui se transmet très facilement, contrairement au coronavirus. »

Pour l’instant, l’accent reste mis sur la recherche et la surveillance. L’épidémie à bord du MV Hondius rappelle cruellement l’importance de se préparer à de nouvelles menaces virales, même rares, dans un monde où les voyages internationaux facilitent la propagation des pathogènes.

Les hantavirus forment une famille de virus très diversifiée, avec des souches comme le virus Hantaan ou le virus Andes, qui présentent des différences génétiques importantes. Cela complique la mise au point de vaccins universels. De plus, ces virus sont rarement en cause dans des épidémies massives, ce qui limite les investissements dans la recherche et le développement de traitements spécifiques.

L’ensilication est une technique innovante développée par les chercheurs de l’université de Bath. Elle permet de stabiliser l’ARN messager des vaccins à des températures moins basses que les méthodes classiques, réduisant ainsi les contraintes de conservation et de transport. À terme, cette technologie pourrait rendre les vaccins à ARN messager plus accessibles, notamment dans les régions éloignées des infrastructures de congélation.