Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié à Jérôme Filippini, nommé en janvier 2026 à la direction de l’Institut national du service public (INSP), une feuille de route exigeante pour transformer en profondeur l’établissement, selon Le Monde - Politique. Ce dernier devra notamment accélérer la diversification des profils au sein de l’institut, concrétiser le projet de formation continue et identifier de nouvelles sources de financement, tout en élaborant un plan d’économies ambitieux.
Ce qu'il faut retenir
- Jérôme Filippini dirige l’INSP depuis janvier 2026, remplaçant l’ancienne ENA, indique Le Monde - Politique.
- Sa mission principale consiste à diversifier les profils des hauts fonctionnaires formés à l’INSP.
- Il doit également lancer la formation continue et trouver de nouvelles ressources financières.
- Un plan d’économies est attendu pour rationaliser les dépenses de l’établissement.
Un établissement en pleine mutation depuis la fin de l’ENA
L’INSP, qui a pris la suite de l’École nationale d’administration (ENA) en 2022, incarne la volonté de moderniser la haute fonction publique française. Jérôme Filippini, haut fonctionnaire expérimenté, hérite d’un établissement en pleine refonte, dont la mission est de former les futurs cadres de l’État dans un contexte budgétaire contraint. La lettre de mission remise par le Premier ministre, datée de mai 2026, formalise ainsi les priorités fixées à la tête de l’institut : renforcer l’ouverture sociale et géographique des recrutements, développer des parcours de formation adaptés aux besoins actuels de l’administration, et garantir la pérennité financière de l’établissement.
Diversification des profils et formation continue : deux piliers du projet
Parmi les objectifs assignés à Jérôme Filippini figure en premier lieu la diversification des profils au sein de l’INSP. Depuis sa création, l’ancienne ENA était régulièrement critiquée pour son recrutement jugé trop élitiste et parisien. L’INSP a donc pour ambition d’élargir ses viviers de recrutement, en ciblant notamment des candidats issus de milieux moins favorisés ou de territoires moins représentés. Parallèlement, la mise en place d’une offre de formation continue doit permettre aux agents publics en activité de se former tout au long de leur carrière, un chantier jusqu’ici peu développé.
Recherche de nouvelles ressources et maîtrise des dépenses
Autre défi de taille pour le nouveau directeur : trouver de nouvelles sources de financement pour l’INSP, alors que les budgets de l’État restent sous tension. Plusieurs pistes sont évoquées, comme le développement de partenariats avec des entreprises ou des collectivités territoriales, ou encore la commercialisation de certaines formations. En parallèle, Jérôme Filippini devra élaborer un plan d’économies pour optimiser les dépenses de l’établissement, sans pour autant nuire à la qualité de la formation dispensée. Le Monde - Politique souligne que ces mesures s’inscrivent dans une logique de rigueur budgétaire imposée à l’ensemble de la fonction publique.
La réussite de cette transformation dépendra en grande partie de la capacité de l’INSP à concilier modernisation et équilibre budgétaire, dans un contexte où les attentes des citoyens envers une administration plus représentative et performante n’ont jamais été aussi fortes.
L’ENA était régulièrement pointée du doigt pour son recrutement jugé trop élitiste, son ancrage parisien excessif et son incapacité à refléter la diversité sociale et territoriale de la France. Ces reproches avaient conduit à sa suppression en 2022 et à son remplacement par l’INSP, avec pour mission affichée de rompre avec ces travers.