La capitale économique du Vietnam, Ho Chi Minh-Ville, fait face à un phénomène d’affaissement des sols qui s’aggrave d’année en année. Selon RFI, ce phénomène est principalement lié au pompage excessif des nappes phréatiques, à l’urbanisation rapide, à la bétonisation des sols et à la fragilité naturelle du delta du Mékong sur lequel la ville est construite. Ces facteurs combinés accentuent la vulnérabilité de la métropole, déjà exposée à des risques croissants d’inondations.
Ce qu'il faut retenir
- Le sol de Ho Chi Minh-Ville s’enfonce en moyenne de 2 centimètres par an, avec des zones où le phénomène atteint 7 à 8 cm par an.
- D’ici à 2050, près de 70 % de la ville pourraient être exposés aux inondations en raison de la montée des eaux et de l’intensification des pluies.
- Le pompage excessif des nappes phréatiques, l’urbanisation rapide et la bétonisation des sols sont les principaux facteurs aggravants.
- La fragilité des sols du delta du Mékong accentue la vulnérabilité de la métropole face aux risques climatiques.
L’affaissement des sols à Ho Chi Minh-Ville n’est pas un phénomène récent, mais il s’accélère sous l’effet de pressions humaines et environnementales. Selon RFI, l’enfoncement moyen du sol atteint désormais 2 cm par an, un rythme qui varie selon les quartiers. Dans certaines zones, l’ampleur du phénomène est bien plus marquée : « Dans certains secteurs, le sol s’enfonce de 7 à 8 cm par an », a indiqué un expert cité par la radio. Cette situation pose un défi majeur pour les autorités locales, déjà confrontées à une urbanisation galopante et à une demande en eau potable en constante augmentation.
Le pompage des nappes phréatiques joue un rôle central dans ce phénomène. La croissance démographique et économique de Ho Chi Minh-Ville a entraîné une exploitation intensive des ressources en eau souterraines. « Le pompage excessif réduit la pression hydraulique dans les sols, ce qui accélère leur tassement », a expliqué un géologue spécialisé dans les risques naturels. Parallèlement, la bétonisation des sols, liée à l’expansion des infrastructures et des zones urbaines, limite l’infiltration naturelle de l’eau et aggrave les problèmes d’évacuation des eaux pluviales. Autant dire que la combinaison de ces facteurs crée un cercle vicieux difficile à briser.
Les projections pour les décennies à venir sont alarmantes. Selon RFI, d’ici à 2050, près de 70 % de la superficie de Ho Chi Minh-Ville pourraient être exposés aux inondations. Cette menace est liée à deux phénomènes concomitants : la montée du niveau de la mer et l’augmentation de l’intensité des précipitations, elle-même amplifiée par le changement climatique. « Les zones côtières et les quartiers situés en contrebas seront les plus touchés », a précisé un responsable municipal. Les autorités locales tentent de sensibiliser la population et de mettre en place des mesures d’adaptation, mais le défi reste de taille.
Ce phénomène n’est pas unique à Ho Chi Minh-Ville. D’autres grandes métropoles asiatiques, comme Jakarta ou Bangkok, font face à des problèmes similaires d’affaissement des sols. Cependant, la situation vietnamienne illustre avec force les conséquences d’un développement urbain non maîtrisé et d’une exploitation excessive des ressources naturelles. Reste à voir si les autorités parviendront à inverser la tendance avant que les dommages ne deviennent irréversibles.