À seulement 40 kilomètres de Budapest, le lac Velence, troisième plus grand lac de Hongrie, connaît une baisse historique de son niveau d’eau. Selon Le Figaro, cette étendue de 24 km², prisée des habitants de la capitale hongroise pour ses week-ends en bord de plan d’eau, pourrait atteindre un seuil critique d’ici la fin de l’été.
Ce qu'il faut retenir
- Niveau d’eau record : début juin 2026, le lac n’affichait plus que 56 centimètres à Agárd, à trois centimètres seulement du seuil historique de 53 centimètres enregistré en 2022.
- Sécheresse et vulnérabilité : sa profondeur moyenne de 1,5 mètre le rend particulièrement sensible aux épisodes de sécheresse et à l’évaporation accrue due aux températures élevées.
- Impact touristique : des zones habituellement immergées, comme les zones de location de pédalos, sont désormais à sec, transformant le paysage.
- Réactions locales : des moniteurs de voile, comme Peter Szaniszlo, déplacent leurs activités vers le lac Balaton, plus profond et moins affecté.
- Mesures gouvernementales : Budapest a annoncé des travaux de restauration des berges et un système durable d’alimentation du lac, mais leur mise en œuvre prendra du temps.
Un paysage méconnaissable sur les rives du lac Velence
Sur les bords du lac Velence, en Hongrie, le paysage a radicalement changé. Autrefois animées par les activités nautiques — location de pédalos, petits voiliers — les rives sont désormais marquées par l’émergence de vastes étendues de sable, plusieurs mètres au-delà de la ligne d’eau habituelle. Selon les données de la Direction générale hongroise de la gestion de l’eau, enregistrées début juin 2026 à Agárd, l’une des principales stations balnéaires du site, le niveau du lac s’élevait à 56 centimètres seulement.
Ce chiffre est d’autant plus préoccupant qu’il ne se situe qu’à trois centimètres du seuil historiquement bas de 53 centimètres, atteint lors de la sécheresse exceptionnelle de 2022. En début d’année 2026, le niveau oscillait encore autour de 80 centimètres, illustrant la rapidité de la dégradation.
Des projections alarmantes pour les prochaines semaines
Les spécialistes redoutent une accélération de la baisse du niveau d’eau dans les prochaines semaines. Selon Tibor Horanyi, expert de l’Association des Grands Lacs et interrogé par Reuters, « le niveau d’eau baissera d’au moins 25 à 30 cm au cours des 30 à 40 prochains jours ». Il ajoute : « le niveau historiquement bas sera battu d’ici quelques jours ». Sans précipitations significatives, la perte quotidienne pourrait atteindre un demi-centimètre par jour.
Cette situation pousse déjà certains acteurs locaux à adapter leurs activités. Peter Szaniszlo, moniteur de voile, a commencé à transférer ses cours vers le lac Balaton, plus profond et moins touché par la sécheresse : « Les personnes qui voulaient apprendre la voile me choisissaient principalement parce que le lac Velence est proche de Budapest. À présent, elles doivent se rendre au lac Balaton », explique-t-il.
Des causes structurelles aggravées par le changement climatique
Pour les experts, la crise actuelle ne s’explique pas uniquement par les températures record observées ces dernières années en Europe centrale. Plusieurs facteurs structurels aggravent la vulnérabilité du lac Velence. Le drainage progressif des zones humides environnantes, ainsi que des décennies d’aménagements hydrauliques controversés, ont réduit la capacité naturelle du territoire à retenir l’eau.
Des travaux scientifiques publiés en 2026 soulignent que le bassin-versant du lac subit une pression croissante liée à l’urbanisation, à la demande accrue en eau et à l’intensification des sécheresses. Certains secteurs du lac sont protégés au titre de la convention Ramsar sur les zones humides, en raison de leur rôle écologique majeur pour la faune et les oiseaux migrateurs. Leur dégradation pourrait avoir des conséquences durables sur cet écosystème.
Budapest face à l’urgence : des mesures immédiates mais un défi de long terme
Face à cette situation, le gouvernement hongrois a annoncé plusieurs mesures pour tenter de stabiliser la situation. Parmi elles figurent l’amélioration de la qualité de l’eau, la restauration des berges et la mise en place d’un système durable d’alimentation du lac. Cependant, Pál Árpád Eötvös, maire de Gardony — une ville située sur les rives du lac — reconnaît que ces solutions prendront du temps. « Nous devrons apprendre à vivre avec cela », a-t-il déclaré à Reuters. « À mesure que le climat change, nous devrons nous aussi changer ».
Cette crise illustre les défis posés par le changement climatique aux écosystèmes fragiles, même dans des régions comme l’Europe centrale, traditionnellement moins exposées aux pénuries d’eau que le sud du continent. Le cas du lac Velence montre comment des facteurs combinés — sécheresse, gestion historique de l’eau et pression touristique — peuvent conduire à une situation critique en quelques années seulement.
La situation du lac Velence rappelle enfin que les écosystèmes apparemment stables peuvent basculer rapidement sous l’effet combiné du changement climatique et des pressions anthropiques. Pour les visiteurs et les habitants, l’été 2026 s’annonce déjà comme une saison de transition, où le paysage familier du lac pourrait se transformer durablement.
Les principales conséquences concernent le tourisme, avec la disparition progressive des activités nautiques comme la location de pédalos ou de voiliers, ainsi qu’un impact écologique majeur sur les zones humides protégées. À terme, la baisse du niveau pourrait aussi affecter l’approvisionnement en eau pour les communes environnantes, bien que le lac Velence ne soit pas une source majeure pour la consommation humaine.
Sa vulnérabilité s’explique par sa profondeur moyenne très faible (1,5 mètre), ce qui le rend très sensible à l’évaporation en cas de températures élevées. De plus, des décennies de drainage des zones humides et d’aménagements hydrauliques ont réduit sa capacité naturelle à retenir l’eau. Enfin, son bassin-versant subit une pression accrue liée à l’urbanisation et à l’augmentation des prélèvements d’eau.