Comme son homologue français Air France-KLM, la maison mère de British Airways, Iberia et Aer Lingus, International Consolidated Airlines Group (IAG), a publié ce vendredi 8 mai des résultats trimestriels bien supérieurs aux attentes. Pourtant, le groupe britannique a été contraint de revoir à la baisse ses prévisions de bénéfices, de capacités et de génération de cash pour l’année en cours. Cette décision s’explique par l’impact croissant du conflit entre Israël et l’Iran, qui pèse lourdement sur le secteur aérien, notamment via la flambée des prix du carburant. Selon BFM Bourse, cette situation illustre les défis persistants auxquels font face les compagnies aériennes malgré un début d’année prometteur.
Ce qu'il faut retenir
- IAG enregistre une hausse de 1,9 % de ses revenus trimestriels, atteignant 7,19 milliards d’euros, portée par une demande soutenue en classe Premium et sur les liaisons transatlantiques.
- Le bénéfice opérationnel bondit de 77,3 %, s’établissant à 351 millions d’euros, dépassant largement les prévisions des analystes.
- La facture carburant devrait atteindre 9 milliards d’euros en 2026, soit une hausse de 1,5 milliard par rapport aux estimations initiales, en raison de la guerre au Moyen-Orient.
- Les capacités et la génération de cash seront inférieures aux prévisions, avec une progression des capacités limitée et un cash-flow en baisse par rapport aux 3 milliards d’euros attendus.
- L’action IAG recule de 2,8 % à la Bourse de Londres, dans un contexte de tensions géopolitiques pesant sur l’ensemble du secteur aérien.
Des résultats trimestriels en forte progression malgré les tensions géopolitiques
Sur le premier trimestre 2026, IAG a affiché des revenus en hausse de 1,9 % sur un an, s’élevant à 7,19 milliards d’euros. Cette performance s’explique par une recette unitaire passager en progression de 3,5 %, portée par une demande soutenue dans les classes Premium ainsi que sur les liaisons transatlantiques nord et sud. «
Nous avons constaté une forte demande sur la plupart de nos marchés, notamment dans nos classes Premium ainsi que sur les liaisons transatlantiques nord et sud, qui représentent ensemble environ la moitié de notre capacité. Les voyages d’affaires, en particulier, continuent d’enregistrer une bonne croissance de leur chiffre d’affaires», a déclaré la société. Le bénéfice opérationnel a quant à lui enregistré un bond spectaculaire de 77,3 %, s’établissant à 351 millions d’euros, bien au-dessus des 248 millions d’euros anticipés par les analystes de la Royal Bank of Canada.
Cette performance s’explique également par la maîtrise des coûts hors carburant, la solidité de la recette unitaire, le calendrier de Pâques (plus précoce en 2026) et des effets de change favorables à hauteur de 48 millions d’euros. « Les résultats du premier trimestre 2026 d’IAG laissent entrevoir des premiers signes encourageants quant à la résilience de l’activité pour l’exercice 2026 », a souligné Citi dans une note d’analyse.
Le conflit au Moyen-Orient et la flambée du prix du carburant assombrissent les perspectives
Malgré ces résultats encourageants, IAG a été contraint de revoir ses prévisions pour l’année en cours. Le groupe s’attend désormais à ce que sa facture carburant atteigne 9 milliards d’euros, soit une hausse de 1,5 milliard d’euros par rapport aux estimations initiales. Cette augmentation est directement liée à la guerre entre Israël et l’Iran, qui a provoqué une hausse des cours du pétrole et, par ricochet, une augmentation des coûts opérationnels pour les compagnies aériennes. Selon BFM Bourse, cette situation rappelle celle vécue par Air France-KLM et Lufthansa, qui ont également dû ajuster leurs prévisions en raison des tensions au Moyen-Orient.
IAG a précisé que le conflit au Moyen-Orient n’avait eu qu’un impact limité au premier trimestre, mais que ses répercussions devraient s’aggraver au fil de l’année. «
Bien que le conflit au Moyen-Orient n’ait eu qu’un impact relativement limité au premier trimestre, nous nous attendons à ce qu’il ait des répercussions plus importantes tout au long de l’année, à mesure que la hausse du coût du carburant commencera à se faire sentir», a expliqué la direction du groupe. En conséquence, IAG a réduit ses prévisions de capacités et de génération de cash. Le groupe table désormais sur une progression des capacités inférieure aux 3 % initialement prévus, et la génération de cash sera également inférieure aux 3 milliards d’euros anticipés.
Pour atténuer l’impact de cette hausse des coûts, IAG compte sur des mesures de gestion des revenus et des coûts, visant à récupérer environ 60 % de la hausse des coûts de carburant grâce à la diversité des marchés sur lesquels il opère. «
Nous prévoyons de récupérer environ 60 % de la hausse des coûts de carburant cette année grâce à nos mesures de gestion des revenus et des coûts, ce qui tient compte de la diversité des marchés sur lesquels nous opérons», a précisé le groupe.
Un secteur aérien sous pression : les réactions des investisseurs et des concurrents
À la Bourse de Londres, l’action IAG a reculé de 2,8 %, une performance qui reflète les craintes des investisseurs face aux tensions géopolitiques persistantes. Le secteur aérien dans son ensemble subit les contrecoups de la guerre au Moyen-Orient, comme en témoignent les performances d’Air France-KLM (-2,7 %) et de Lufthansa (-2,5 % à Francfort). Ces baisses s’expliquent non seulement par l’impact des coûts carburant, mais aussi par les incertitudes entourant la stabilité des routes aériennes dans la région.
Selon BFM Bourse, cette situation rappelle celle observée en début d’année, lorsque les compagnies aériennes avaient pourtant bénéficié d’une reprise solide du trafic passagers. Cependant, la persistance des tensions au Moyen-Orient et leur impact sur les coûts opérationnels risquent de peser sur la rentabilité du secteur dans les mois à venir. Les analystes soulignent que cette période de turbulences pourrait durer tant que le conflit ne sera pas résolu.
Cette situation rappelle également l’importance de la diversification des sources de revenus pour les compagnies aériennes, notamment via les classes Premium et les partenariats stratégiques. À plus long terme, la transition vers des carburants plus durables pourrait également jouer un rôle clé dans la réduction de la dépendance aux fluctuations du prix du pétrole.
Le conflit entre Israël et l’Iran perturbe les routes aériennes dans la région et entraîne une hausse des prix du pétrole, qui représente généralement 30 % des coûts d’une compagnie aérienne. Cette double pression réduit les marges bénéficiaires et oblige les groupes à revoir leurs prévisions à la baisse.
IAG et ses concurrents devraient publier leurs rapports semestriels d’ici l’été 2026, offrant un premier bilan de l’impact du conflit. Les groupes pourraient également accélérer leurs stratégies de réduction des coûts et explorer des alternatives pour limiter leur dépendance au carburant traditionnel.