Alors que la France s’apprête à entrer dans une année électorale décisive, Jean-Marc Jancovici, ingénieur et auteur de la bande dessinée Un monde sans limite, s’impose à nouveau comme une voix majeure des débats environnementaux. Depuis plus d’une décennie, ce spécialiste des questions énergétiques, souvent présenté comme un « collapsologue en costard », multiplie les prises de parole pour alerter sur l’épuisement des ressources fossiles. Pourtant, ses prédictions, autrefois jugées alarmistes, se heurtent aujourd’hui à une réalité bien différente, comme le rapporte Le Figaro - Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Jean-Marc Jancovici reste une figure centrale des débats sur la transition énergétique, malgré des prévisions non confirmées sur le déclin des hydrocarbures.
- Ses analyses soulignent que l’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz) représente encore 82 % de la consommation mondiale en 2026, loin devant les énergies renouvelables.
- La consommation de pétrole a augmenté, passant de 84 millions de barils par jour en 2018 à 106 millions en 2025, avec une prévision de hausse en 2026 selon la Banque mondiale.
- Ses positions, autrefois associées à Nicolas Hulot, lui valent aujourd’hui le surnom de « Janco », marquant une évolution de son image publique.
- Il affirme que l’énergie explique 80 % de la croissance économique mondiale, une affirmation largement documentée par les économistes.
Un discours qui pèse sur les débats publics malgré des prévisions contestées
À quelques mois de la présidentielle de 2027, Jean-Marc Jancovici tente de relancer son influence en se présentant comme un lanceur d’alerte pragmatique. Son argumentaire repose sur une idée centrale : l’épuisement imminent des hydrocarbures, ces ressources fossiles qui, selon lui, structurent notre modèle économique. Pourtant, les données récentes contredisent cette thèse. En 2026, les énergies fossiles représentent toujours 82 % de l’énergie mondiale consommée, un chiffre bien loin des scénarios de déclin rapide qu’il annonçait il y a dix ans.
Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, la production de pétrole continue d’augmenter, passant de 84 millions de barils par jour en 2018 à 106 millions en 2025. Les prévisions pour 2026 tablent sur une nouvelle hausse, signe que les mécanismes de substitution aux énergies fossiles peinent à se généraliser. Pour Jancovici, cette dépendance persistante est un « drogue » dont les sociétés modernes peinent à se sevrer, avec des conséquences potentielles « explosives » sur l’équilibre géopolitique et économique.
De Nicolas Hulot à « Janco » : une image en mutation
L’homme qui fut autrefois associé à Nicolas Hulot, figure médiatique de l’écologie dans les années 2010, a vu son image évoluer. Moins présent à la télévision, moins associé aux polémiques médiatiques, il cultive désormais une posture plus discrète mais tout aussi percutante. Son surnom, « Janco », reflète cette transformation : un expert moins « obsédé par les écrans », mieux coiffé, et dont les prises de parole, souvent techniques, séduisent un public plus large que les cercles militants traditionnels.
Ses détracteurs, qui le qualifient parfois de « collapsologue en costard », lui reprochent de mélanger analyse scientifique et prophétie alarmiste. Pourtant, ses détracteurs peinent à nier l’un de ses arguments centraux : l’énergie est le moteur de 80 % de la croissance mondiale. Une affirmation que peu d’économistes contredisent, même si les solutions qu’il propose – notamment une décroissance radicale – divisent.
« L’énergie explique 80 % de notre croissance. »
— Jean-Marc Jancovici
Un rapport de force énergétique qui défie les prédictions
Alors que Jancovici martelait depuis des années que les hydrocarbures allaient rapidement s’épuiser, les chiffres récents montrent une tout autre tendance. Le nucléaire, l’hydroélectricité et les énergies renouvelables peinent à combler le retard : en 2026, elles ne représentent que 3 % de la consommation mondiale d’énergie. Une part si faible qu’elle ne permet pas, à ce stade, de compenser la hausse de la demande en pétrole, gaz et charbon.
Les projections de la Banque mondiale, citées par Le Figaro - Politique, indiquent que la consommation d’hydrocarbures devrait encore progresser en 2026. Une réalité qui interroge : si les alertes de Jancovici sur le déclin des ressources fossiles se révèlent infondées, ses diagnostics sur les risques systémiques liés à cette dépendance restent-ils pertinents ? Pour l’ingénieur, la réponse est claire : le problème n’est pas l’épuisement, mais l’incapacité des sociétés à s’en passer sans crise.
La question qui se pose désormais est de savoir si, face à l’échec relatif de ses prévisions sur le déclin des hydrocarbures, Jancovici parviendra à adapter son discours pour rester un acteur influent des débats sur l’avenir énergétique de la planète. Une chose est sûre : son nom continuera d’être évoqué, ne serait-ce que comme symbole des tensions entre collapsologie et réalisme économique.
Les données de la Banque mondiale montrent une augmentation continue de la production de pétrole, passant de 84 millions de barils par jour en 2018 à 106 millions en 2025. Les réserves se sont avérées plus importantes que prévu, et les techniques d’extraction, comme la fracturation hydraulique, ont permis de repousser les limites théoriques d’épuisement. Par ailleurs, les énergies renouvelables n’ont pas encore atteint un niveau suffisant pour remplacer les hydrocarbures à grande échelle.