D’après RFI, le Kenya commémore ces jours-ci les victimes des violences survenues lors des manifestations anti-gouvernementales de juin 2024. Entre juin 2024 et fin 2025, plus de 100 personnes ont perdu la vie lors de ces journées de protestation, marquées par une répression policière particulièrement violente. Un service religieux organisé samedi 21 juin 2026 à la Nairobi Baptist Church a rendu hommage à ces victimes, à quelques jours du deuxième anniversaire des événements.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 100 morts recensés entre juin 2024 et fin 2025 lors de manifestations anti-gouvernementales au Kenya.
- Le 25 juin 2024 a marqué un tournant avec des violences meurtrières lors de protestations contre la loi de finances.
- Un service religieux a eu lieu le 21 juin 2026 à l’église Nairobi Baptist Church pour honorer la mémoire des victimes.
- Les manifestations dénonçaient l’adoption d’une loi de finances jugée trop onéreuse par la population.
- Les forces de l’ordre avaient été accusées d’une répression disproportionnée lors de ces événements.
Un mouvement social réprimé dans le sang
Les manifestations de juin 2024 au Kenya s’inscrivaient dans un contexte de mécontentement croissant face à la politique économique du gouvernement. RFI rappelle que des milliers de Kenyans étaient descendus dans les rues pour protester contre l’adoption de la loi de finances, critiquée pour ses multiples hausses d’impôts et taxes. Le 25 juin 2024, la journée avait basculé dans la violence lorsque les forces de l’ordre avaient dispersé les cortèges, entraînant des affrontements et des victimes civiles.
Les images de répression, diffusées massivement sur les réseaux sociaux, avaient choqué l’opinion publique nationale et internationale. Les organisations de défense des droits humains avaient alors pointé du doigt l’usage excessif de la force par la police, notamment l’emploi d’armes à feu contre des manifestants désarmés. Selon les bilans officiels, 103 personnes avaient été tuées lors de ces événements, bien que des associations estiment que le chiffre réel pourrait être bien plus élevé.
Une commémoration pour ne pas oublier
Deux ans après ces drames, les familles des victimes et les organisations de la société civile ont tenu à organiser un hommage collectif. C’est dans ce cadre que s’est tenu, samedi 21 juin 2026, un service religieux à la Nairobi Baptist Church, en présence de proches, d’activistes et de représentants religieux. L’événement visait à rendre hommage aux disparus tout en rappelant les revendications portées par les manifestants en 2024 : justice pour les victimes, transparence sur les circonstances des décès et réforme des forces de l’ordre.
« Nous ne devons pas oublier ceux qui ont perdu la vie pour la liberté et la dignité de notre pays », a déclaré un responsable religieux lors de la cérémonie, cité par RFI. L’Église baptiste de Nairobi, située dans la capitale kényane, a toujours joué un rôle central dans les mobilisations sociales, offrant un soutien logistique et moral aux familles des victimes.
Quels enseignements après deux ans de tensions ?
L’épisode de juin 2024 a laissé des traces profondes dans la société kényane. Outre le bilan humain, ces événements ont révélé des fractures politiques et sociales persistantes. Les partis d’opposition avaient alors accusé le gouvernement d’avoir instrumentalisé la crise pour museler toute contestation, tandis que les autorités défendaient leur action au nom du maintien de l’ordre public.
Des enquêtes internes avaient été lancées, mais leurs conclusions restent controversées. Seule une commission indépendante, soutenue par des ONG, avait été mise en place pour faire la lumière sur les violences. Ses recommandations, publiées en mars 2025, préconisaient notamment des réformes structurelles au sein des forces de police et des mesures pour garantir le droit de manifester. Cependant, leur application concrète reste en suspens, selon des observateurs cités par RFI.
Ces commémorations rappellent que les plaies de 2024 ne sont pas encore refermées. Entre mémoire des victimes et exigences de justice, le Kenya doit encore trouver un équilibre pour tourner définitivement la page d’une crise qui a ébranlé sa stabilité sociale.
Selon RFI, une commission indépendante a rendu un rapport en mars 2025 recommandant des réformes au sein de la police et des enquêtes approfondies sur les exactions. Cependant, aucune suite judiciaire majeure n’a été rendue publique à ce jour, suscitant des critiques de la part des associations de défense des droits humains.