Alors que la France s’achemine vers l’élection présidentielle de 2027, moins d’un an après le scrutin législatif de 2024 qui avait vu le Rassemblement national (RN) frôler la majorité absolue à l’Assemblée nationale, la question de l’engagement politique des personnalités publiques revient sur le devant de la scène. Comme le rapporte RMC Sport, Florent Gautreau, consultant à l’After Foot, a choisi de saluer publiquement le « courage » de Kylian Mbappé, capitaine de l’équipe de France, après les prises de position du joueur contre le RN. Cet échange, intervenu ce mercredi 14 mai 2026, intervient dans un contexte où les athlètes sont de plus en plus souvent incités à s’exprimer sur des sujets de société, suscitant parfois des tensions.
Ce qu'il faut retenir
- Kylian Mbappé, capitaine des Bleus, a réaffirmé son statut de « citoyen » dans un entretien à Vanity Fair diffusé le 13 mai 2026, en critiquant ouvertement le RN : « Je sais ce qui peut arriver à mon pays si ces gens-là prennent le pouvoir. »
- Florent Gautreau, consultant à l’After Foot, a défendu sur RMC la liberté d’expression de Mbappé, soulignant qu’il ne s’agissait pas de son rôle en tant que sportif, mais de son devoir de citoyen.
- Cette position a été nuancée par Christophe Dugarry, lui aussi consultant à l’émission, qui a estimé que le timing de la prise de parole de Mbappé, à moins d’un mois de la Coupe du monde, n’était « peut-être pas judicieux », en raison des tensions qu’elle pourrait générer.
- Jordan Bardella et Marine Le Pen, figures du RN, ont répondu à Mbappé en critiquant ses déclarations, tandis que d’autres observateurs, comme Daniel Riolo, ont défendu la liberté de parole du joueur.
- En 2024, Mbappé avait déjà appelé à voter contre « les extrêmes » lors des législatives, alors que le RN était en tête au premier tour.
Une prise de parole saluée par Florent Gautreau, qui défend le droit à l’expression des sportifs
Lors de l’After Foot diffusée le 14 mai 2026 sur RMC, Florent Gautreau a vivement réagi à la sortie médiatique de Kylian Mbappé. Dans un entretien à Vanity Fair la veille, le capitaine des Bleus avait adopté un ton alarmiste à l’encontre du RN, déclarant : « Je sais ce qui peut arriver à mon pays si ces gens-là prennent le pouvoir. » Une phrase que Gautreau a qualifiée d’« importante » et de « courageuse », insistant sur le fait que Mbappé, en tant que citoyen, avait le droit de s’exprimer sans que cela soit lié à son statut de footballeur.
« Je défends la liberté d’expression du citoyen en ne me posant pas la question de savoir ce qu’il est en équipe de France », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « J’ai suffisamment été déçu du manque de courage ou du manque de prise de position des sportifs, surtout des footballeurs. On a besoin de vérité dans la communication aujourd’hui. » Gautreau a également tenu à rappeler que Mbappé ne s’était « pas caché » sur ce sujet, contrairement à ce que certains pourraient attendre d’un joueur sous les projecteurs.
Christophe Dugarry critique le « timing » de l’intervention de Mbappé
Si Florent Gautreau a choisi de soutenir sans réserve la position de Mbappé, un autre consultant de l’After Foot, Christophe Dugarry, a adopté une position plus nuancée. Le champion du monde 1998 a estimé que le joueur avait peut-être choisi un « mauvais timing » en s’exprimant à moins d’un mois de la Coupe du monde. « Ça crée des problèmes et des tensions », a-t-il jugé, évoquant les risques de « refouloir avec les supporters » ou les réactions sur les réseaux sociaux, où les extrêmes pourraient s’en prendre à lui « les uns après les autres ».
Gautreau a cependant balayé cet argument, rétorquant que « l’intérêt business de Mbappé n’était pas d’aller sur ce terrain-là ». Il a également réfuté l’idée selon laquelle une prise de position politique pourrait diviser le vestiaire ou la France : « Quand tu es citoyen français, peu importe ton statut, tu peux prendre position. »
Mbappé déjà engagé contre les extrêmes lors des législatives de 2024
Cette prise de parole s’inscrit dans une lignée d’engagements publics de Kylian Mbappé. En juin 2024, alors que le RN était en tête du premier tour des législatives, le capitaine des Bleus avait appelé à se mobiliser contre « les extrêmes », une intervention qui avait suscité des réactions contrastées. « Le plus simple pour lui aurait été de ne rien dire et de se cacher, il ne s’est pas caché », a souligné Florent Gautreau, ajoutant : « Évidemment, s’il se cache et ne dit rien, on va lui reprocher parce que c’est Mbappé. S’il sort du bois, on lui reproche aussi. Que tu dises un truc ou un autre, on va te détester de toute façon donc dis ce que tu penses. »
Les réactions politiques : Bardella, Le Pen et les autres
Les déclarations de Mbappé n’ont pas manqué de susciter des réponses politiques. Jordan Bardella, président du RN, avait déjà réagi à la sortie du joueur, suggérant que ce dernier ignorait les conséquences d’un départ du PSG pour son club futur. Marine Le Pen, quant à elle, avait déclaré : « Quand il dit qu’on ne va pas gagner les élections, ça me rassure », en référence aux propos de Mbappé sur les risques liés à l’arrivée au pouvoir du RN.
Sur le plateau de l’After Foot, Daniel Riolo a pour sa part adopté un ton plus modéré, estimant que le débat autour de la prise de parole de Mbappé était « disproportionné ». « Je ne comprends même pas qu’il y ait ce débat et qu’il y ait des réactions de gens qui pensent qu’il ne faudrait pas [qu’il parle, NDLR] », a-t-il déclaré. « Qu’il parle s’il a envie de parler. Si un autre un jour disait ‘je vote RN’, il ne faudrait pas lui tomber dessus non plus. C’est la liberté d’expression, chacun ses idées. »
Pour conclure, la polémique autour des déclarations de Mbappé illustre une fois de plus la frontière de plus en plus floue entre le sport et la sphère politique. Si certains, comme Gautreau, y voient une forme de responsabilité citoyenne, d’autres, comme Dugarry, préfèrent mettre en garde contre les risques de division. Une chose est certaine : dans un contexte où les extrêmes progressent dans les sondages, les prises de parole des personnalités publiques, fussent-elles sportives, ne passeront plus inaperçues.
Dans un entretien à Vanity Fair diffusé le 13 mai 2026, Kylian Mbappé a expliqué craindre les conséquences d’une arrivée au pouvoir du Rassemblement national, déclarant : « Je sais ce qui peut arriver à mon pays si ces gens-là prennent le pouvoir. » Cette prise de position intervient moins d’un an avant l’élection présidentielle de 2027 et s’inscrit dans une série d’engagements publics du joueur contre les extrêmes, comme en 2024 lors des législatives.
Jordan Bardella, président du RN, et Marine Le Pen ont tous deux réagi aux déclarations de Mbappé. Bardella avait précédemment évoqué les risques liés à un éventuel départ du joueur du PSG, tandis que Le Pen avait affirmé que ses propos la « rassuraient » quant aux chances du RN de remporter l’élection. Sur le plateau de l’After Foot, Daniel Riolo a défendu la liberté d’expression de Mbappé, estimant que le débat autour de ses prises de position était « disproportionné ».