Le projet porté par des partisans du Bitcoin en Suisse pour intégrer la cryptomonnaie dans les réserves de la Banque nationale suisse (BNS) vient d’échouer. Selon Cryptoast, cette initiative, portée par le think tank 2B4CH, n’a pas réussi à rassembler suffisamment de soutiens pour aboutir.

Ce qu'il faut retenir

  • L’initiative « Bitcoin Initiative » visait à modifier la Constitution suisse pour inclure le Bitcoin parmi les réserves de la BNS, aux côtés de l’or.
  • Le groupe 2B4CH n’a obtenu qu’environ la moitié des 100 000 signatures nécessaires avant la date butoir de janvier 2025.
  • La BNS a réaffirmé que les cryptomonnaies ne répondent pas à ses critères en matière de réserves de change.
  • Le prix du Bitcoin s’élevait à **80 800 dollars** au moment de la publication, en légère hausse de 0,15 % sur 24 heures.
  • Cette initiative s’inscrivait dans une dynamique plus large, relancée après l’élection de Donald Trump aux États-Unis en 2024.

Une initiative constitutionnelle sans lendemain

Depuis 2021, le think tank suisse 2B4CH milite pour une adoption plus large du Bitcoin dans le système financier helvétique. Leur projet phare, la « Bitcoin Initiative », proposait de modifier l’article 99, alinéa 3, de la Constitution fédérale. Ce texte aurait alors permis à la Banque nationale suisse de constituer des réserves monétaires incluant non seulement l’or, mais aussi le Bitcoin. Objectif affiché : diversifier les actifs de l’institution et renforcer la position de la Suisse comme hub technologique et financier.

En octobre 2021, cette proposition avait déjà été soumise à l’Assemblée fédérale. Elle avait connu un regain d’intérêt en janvier 2025, lorsque les promoteurs du projet avaient lancé un appel à la communauté crypto pour recueillir 100 000 signatures. Ce seuil, requis pour que la proposition soit examinée par les autorités, devait être atteint dans un délai de 18 mois. Pourtant, malgré leurs efforts, les partisans du Bitcoin n’ont réussi à collecter qu’environ la moitié des signatures nécessaires, mettant fin à leurs ambitions.

La BNS maintient sa position : le Bitcoin n’a pas sa place

Face à cette initiative, la Banque nationale suisse a adopté une position ferme et sans équivoque. Dans une déclaration rapportée par Reuters, l’institution a réitéré que « les cryptomonnaies ne répond[aient] pas aux exigences de la BNS en matière de réserves de change ». Aucune précision supplémentaire n’a été apportée, mais cette prise de position s’inscrit dans une ligne déjà tracée par la direction de la BNS.

En 2025, le président de la BNS, Martin Schlegel, avait déjà exprimé ses réserves quant à l’utilisation du Bitcoin comme réserve de valeur. Il avait notamment pointé du doigt la volatilité de la cryptomonnaie et la liquidité limitée de son marché. Ces arguments, bien que contestés par certains défenseurs du Bitcoin, restent centraux dans le discours des banques centrales à travers le monde.

Un mouvement international en perte de vitesse

L’initiative suisse s’inscrivait dans un contexte international où plusieurs pays avaient commencé à explorer l’idée d’intégrer le Bitcoin dans leurs réserves stratégiques. Aux États-Unis, l’élection de Donald Trump en 2024 avait relancé les débats sur le sujet. Certains États américains, comme le Texas, avaient déjà commencé à stocker du Bitcoin dans leurs trésoreries. Cependant, ces dynamiques semblent désormais marquer le pas, faute d’un soutien politique et technique suffisant.

En Europe, rares sont les banques centrales à avoir franchi le pas. La Suisse, malgré son avance technologique, n’a donc pas fait exception. Le rejet de cette initiative par la BNS illustre les réserves persistantes des institutions traditionnelles envers les actifs numériques, malgré leur adoption croissante par le grand public.

« Nous savions dès le départ que c'était un pari risqué. Pour l’instant, nous allons laisser tomber l’initiative. »
Yves Bannaim, cofondateur de 2B4CH

Cette déclaration, rapportée par Reuters, résume l’amertume des partisans du Bitcoin face à cet échec. Malgré l’engouement initial, le projet n’a pas réussi à fédérer au-delà de la communauté crypto, confirmant ainsi les difficultés à convaincre les institutions traditionnelles.

Un marché du Bitcoin en légère hausse, mais des défis persistants

Au moment de la publication de cette information, le cours du Bitcoin s’élevait à **80 800 dollars**, en progression modérée de 0,15 % sur les dernières 24 heures. Ce niveau reflète une stabilité relative du marché, après des années de volatilité marquée. Pourtant, malgré cette apparente maturité, le Bitcoin peine toujours à convaincre les gardiens traditionnels de la stabilité monétaire.

Les régulateurs, comme la BNS, restent prudents face à un actif qu’ils jugent encore trop spéculatif pour être intégré à leurs réserves. Tant que cette perception ne changera pas, les initiatives comme celle de 2B4CH auront peu de chances d’aboutir, malgré le soutien d’une partie de la population et des acteurs économiques.

Et maintenant ?

Si cette initiative est désormais abandonnée, elle pourrait servir de leçon aux futurs projets visant à intégrer le Bitcoin dans les politiques monétaires. Pour les partisans de la cryptomonnaie, la voie passe désormais par une meilleure régulation et une démonstration de stabilité à long terme. En Suisse, d’autres propositions pourraient émerger, mais elles devront surmonter l’opposition des institutions établies. À l’échelle internationale, l’adoption du Bitcoin comme réserve de valeur dépendra largement des décisions des grandes économies et de leur appétence pour l’innovation financière.

Reste à voir si, dans les mois ou années à venir, une nouvelle tentative verra le jour. Pour l’instant, la BNS maintient sa ligne : le Bitcoin n’a pas sa place dans ses réserves. Et ce refus, en Suisse comme ailleurs, rappelle que les cryptomonnaies doivent encore faire leurs preuves aux yeux des gardiens traditionnels de la stabilité économique.

L’initiative devait recueillir au moins 100 000 signatures de citoyens suisses dans un délai de 18 mois, conformément aux règles suisses pour les modifications constitutionnelles.

La BNS considère que le Bitcoin ne répond pas à ses critères en matière de stabilité, de liquidité et de fiabilité, notamment en raison de sa volatilité et de son manque de maturité en tant qu’actif de réserve.