Alors que l'Union européenne cherche à renforcer son autonomie financière dans le secteur des cryptomonnaies, un rapport de Journal du Coin révèle une dépendance structurelle persistante aux stablecoins adossés au dollar américain. Selon les dernières analyses, cette situation pourrait se prolonger au moins jusqu'en 2028, malgré les ambitions affichées par Bruxelles pour promouvoir un écosystème crypto plus souverain.

D'après les données compilées par Journal du Coin, les stablecoins libellés en dollars, comme l'USDT ou l'USDC, représentent encore plus de 80 % des volumes d'échanges en Europe en 2026. Un chiffre qui illustre l'incapacité actuelle du Vieux Continent à réduire sa dépendance à une monnaie extérieure pour les transactions numériques.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 80 % des stablecoins échangés en Europe en 2026 sont libellés en dollars, selon Journal du Coin.
  • Cette dépendance devrait persister au moins jusqu'en 2028, malgré les objectifs d'autonomie de l'UE.
  • Les principaux acteurs du marché, comme Tether (USDT) et Circle (USDC), dominent toujours le secteur européen.
  • Les régulateurs européens multiplient les initiatives pour favoriser des alternatives locales, sans résultat tangible à ce jour.

Une dépendance historique difficile à briser

Les stablecoins, ces cryptomonnaies indexées sur une monnaie fiduciaire pour garantir leur stabilité, sont devenus un pilier des marchés crypto. Cependant, leur ancrage au dollar s'explique par plusieurs facteurs structurels. D'une part, le marché américain dispose d'un écosystème mature, avec des émetteurs comme Tether ou Circle, qui bénéficient d'une liquidité inégalée. D'autre part, les investisseurs européens, traditionnellement attachés à la stabilité du billet vert, continuent de privilégier ces actifs pour leurs transactions.

Comme le souligne Journal du Coin, cette situation crée une forme de « verrouillage technologique » : tant que les acteurs majeurs maintiennent leur domination, les alternatives européennes peinent à émerger. Même les initiatives comme l'euro numérique, développée par la Banque centrale européenne, ne parviennent pas encore à concurrencer les stablecoins dollarisés en termes d'adoption.

Les tentatives européennes pour réduire la dépendance

Face à ce constat, les institutions européennes ont lancé plusieurs projets pour encourager l'usage de stablecoins libellés en euros. En 2024, le Parlement européen a adopté le règlement MiCA, qui encadre strictement les émissions de stablecoins. L'objectif était double : d'abord, sécuriser le marché contre les risques systémiques, ensuite, favoriser l'émergence de stablecoins « made in Europe ».

Pourtant, trois ans après l'entrée en vigueur de MiCA, les résultats restent limités. Selon Journal du Coin, seuls 5 % des volumes d'échanges en stablecoins en Europe sont aujourd'hui libellés en euros. Une part marginale, qui s'explique par le manque de liquidité et de confiance des utilisateurs envers ces nouvelles alternatives. « Les émetteurs européens manquent encore de crédibilité face aux géants américains », a déclaré un analyste cité par Journal du Coin.

Un enjeu géopolitique et économique

Cette dépendance au dollar dans le secteur des stablecoins n'est pas seulement un problème technique ou réglementaire : elle pose aussi des questions de souveraineté économique. En cas de crise géopolitique ou de tensions commerciales entre l'Europe et les États-Unis, les flux financiers pourraient être perturbés, menaçant la stabilité des marchés crypto européens.

Par ailleurs, cette situation limite la capacité de la Banque centrale européenne (BCE) à influencer indirectement les marchés via des mécanismes de régulation des stablecoins. « Sans une monnaie de référence européenne largement adoptée, nous restons vulnérables aux décisions prises à Washington », a rappelé un responsable de la BCE, cité par Journal du Coin.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient faire évoluer la donne d'ici 2028. La BCE prévoit notamment de finaliser les tests de son euro numérique d'ici fin 2026, une étape clé pour évaluer son adoption par les acteurs privés. Par ailleurs, le règlement MiCA 2, actuellement en discussion, pourrait introduire des mesures plus strictes pour les stablecoins non-européens, comme une limitation de leur part de marché.

Reste à voir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance. Pour l'instant, les géants américains du secteur maintiennent leur domination, et les utilisateurs européens continuent de privilégier la liquidité et la stabilité du dollar.

Une chose est sûre : tant que les émetteurs de stablecoins en euros ne parviendront pas à offrir des garanties comparables à celles de Tether ou Circle, la dépendance du Vieux Continent au billet vert pourrait bien se prolonger au-delà de 2028.

Selon Journal du Coin, les stablecoins libellés en dollars comme l'USDT (Tether) et l'USDC (Circle) dominent largement le marché européen, représentant ensemble plus de 80 % des volumes d'échanges en 2026. Ces deux acteurs, basés aux États-Unis, bénéficient d'une liquidité et d'une adoption historique parmi les investisseurs.