Alors que la crise du logement est l'un des enjeux principaux des élections municipales, de nombreux maires de ruralité rechignent à construire, par crainte des conséquences électorales, avec des habitants souvent réfractaires. Selon nos confrères de BFM Immo, cette situation est paradoxale, car 71% des maires qui ont mis l'accent sur la construction ont été réélus.
Ce qu'il faut retenir
- 71% des maires qui ont mis l'accent sur la construction ont été réélus.
- 69% des Français estiment avoir des difficultés à se loger.
- 72% des Français réclament la construction de nouveaux logements.
- 2,9 millions de ménages sont sur liste d'attente pour un logement social.
- Les coûts de construction ont bondi de 31% depuis 2020.
La crise du logement en France
La formule « maire bâtisseur, maire battu » a influencé nombre de politiques de la ville ces dernières années. Cependant, depuis 2020, le dicton tend à perdre de sa vérité. Selon une analyse publiée par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (Idheal), dans les villes de 3 500 habitants et moins, il existe même une « prime au bâtisseur », avec des édiles davantage réélus que les immobilistes.
Bruno Hallui, coprésident de FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers) Île-de-France, a déclaré : « L'adage est apparu (...) sans aucun fondement scientifique correct. Dans un contexte de crise du logement, cette croyance limitante est dangereuse, menace des milliers de familles laissées pour compte et se révèle erronée au vu de nos observations au cours des deux derniers mandats. »
Les maires et la construction de logements sociaux
Les Français traversent une crise du logement dont ils ne voient pas le bout. À Gurs, village de 430 habitants au pied des Pyrénées, un projet de logement locatif social « sème la zizanie », selon Christian Puharré, maire du village où le RN a atteint 48% aux dernières législatives. Huit recours ont ainsi été déposés par des riverains « qui présument que cette population de familles précaires pourrait poser problème », explique le maire, fustigeant des « clichés racistes et xénophobes » invoqués par les opposants.
À Biarritz, les recours contre les projets immobiliers sont « quasi systématiques », qu'il s'agisse de logement social ou « même de logement collectif tout court », dit la maire (LR) Maider Arosteguy. Selon la Fédération des promoteurs immobiliers, entre 15% et 20% des permis de construire font l'objet d'un recours ces dernières années.
Les défis de la construction de logements
Mais « l'acte de construire est bien plus difficile qu'il ne l'était il y a quelques années », relève Thierry Repentin, à la tête de la mairie de Chambéry. Un constat partagé par plusieurs édiles, qui justifient leur immobilisme par « l'abandon de l'État du sujet logement » et des « incertitudes qui pèsent sur les outils de production de logements ».
Un sondage d'Idehal, l'institut des Hautes Études pour l'Action dans le Logement, montre ainsi que 62% des élus se disent impuissants face à cette crise du logement. Pour toutes les villes, même si les plus grandes sont logiquement plus touchées, le foncier apparaît comme trop rare ou trop cher. Mais le manque de financements publics, de partenaires et la complexité réglementaire apparaissent aussi comme des facteurs bloquants.
En conclusion, la crise du logement en France est un enjeu majeur qui nécessite une action urgente et concertée de la part des pouvoirs publics et des acteurs privés. Les maires et les candidats aux élections municipales devront prendre en compte les attentes des Français et proposer des solutions concrètes pour répondre à cette crise.
