La génération Z semble avoir un rapport au travail différent des précédentes, comme le révèle une étude du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Selon nos confrères de Capital, entre 2020 et 2023, plus de la moitié des jeunes travaillant dans l'hébergement-restauration ont quitté un CDI.

Ce qu'il faut retenir

  • 58% des jeunes de la génération 2017 occupaient un CDI en 2020
  • Les ruptures de CDI ont augmenté de 40% par rapport à la génération 2010 entre 2020 et 2023
  • Les jeunes des activités financières ont été quatre fois plus nombreux à quitter un CDI que les générations précédentes

Changements de paradigme au travail

Le CDI, contrat à durée indéterminée considéré comme la norme formelle en France, n'assure plus une stabilité d'insertion professionnelle pour les jeunes. En effet, d'après le Céreq, 58% des jeunes de la génération 2017, entrée sur le marché du travail à 21 ans en 2017, occupaient un CDI en 2020. Cependant, trois ans plus tard, près d'un quart d'entre eux n'étaient plus en CDI ni fonctionnaires. Jean-François Giret, directeur du Céreq, souligne un changement de rapport des jeunes au travail, avec un désir de changement plus marqué. Cette évolution s'inscrit dans un contexte post-Covid marqué par des mobilités professionnelles plus intenses.

Les choix et conséquences des ruptures de CDI

Entre 2020 et 2023, les ruptures de CDI ont augmenté de 40% par rapport à la génération 2010. Dans la plupart des cas, ces ruptures ont été des choix délibérés, par démission ou rupture conventionnelle initiée par le jeune. Ces départs volontaires se traduisent souvent par un maintien dans un emploi salarié stable, parfois dans un secteur d'activité différent. En revanche, les ruptures subies, fréquentes dans l'hôtellerie-restauration ou les arts et spectacles, conduisent plus souvent à des sorties durables du salariat voire du marché du travail.

Disparités sectorielles et remises en question

Les secteurs d'activités financières, d'assurance et immobilières ont vu quatre fois plus de jeunes quitter un CDI que les générations antérieures. Dans l'hébergement-restauration, plus de la moitié des jeunes ont quitté un CDI entre 2020 et 2023, et environ un tiers se retrouvent sans emploi. Ainsi, le CDI, même obtenu rapidement après l'entrée dans la vie active, ne garantit plus une sécurité professionnelle aux jeunes. Les sorties de CDI peuvent être un tremplin vers de meilleures opportunités ou un parcours précaire et subi.

Et maintenant ?

Il est crucial de comprendre comment les entreprises et les institutions peuvent s'adapter à ces nouvelles dynamiques du marché du travail, où les jeunes semblent privilégier la flexibilité et l'évolution professionnelle rapide.