Selon RMC Sport, l’examen de la proposition de loi visant à réformer le football professionnel français a été de nouveau repoussé. Initialement prévu à partir du 18 mai 2025, ce texte, qui pourrait profondément transformer la gouvernance du sport professionnel en France, ne sera finalement pas discuté dans les prochains jours. RMC Sport révèle que ce report s’explique par l’obligation de donner la priorité à l’examen de la loi de programmation militaire, dont le calendrier législatif est jugé plus urgent.
Ce qu'il faut retenir
- La proposition de loi sur la réforme du sport professionnel, initialement prévue pour être examinée à partir du 18 mai 2025, est reportée en raison de la priorité accordée à la loi de programmation militaire.
- Si elle était adoptée, cette réforme entraînerait la disparition de la Ligue de football professionnel (LFP) au profit d’une société de clubs, avec un renforcement des pouvoirs de la Fédération française de football (FFF).
- En juin 2024, le Sénat avait déjà adopté ce texte, qui vise notamment à professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et à améliorer la compétitivité des clubs français en Europe.
- Début mars 2025, sept présidents de clubs de Ligue 1, dont ceux de l’Olympique lyonnais et de l’Olympique de Marseille, avaient publiquement appelé le gouvernement à accélérer l’inscription de cette réforme à l’ordre du jour parlementaire.
Une réforme attendue depuis des mois
Le texte, s’il venait à être adopté, marquerait une rupture avec le système actuel. La LFP, association aux pouvoirs limités, disparaîtrait au profit d’une société de clubs, calquée sur les modèles en vigueur dans d’autres grands championnats européens. Ce changement vise à moderniser la gestion des droits TV et à renforcer la stratégie de valorisation du championnat français auprès des diffuseurs et du public.
Pour ses défenseurs, cette réforme est indispensable. Ils estiment qu’elle permettrait de mieux professionnaliser la gestion des clubs et d’améliorer leur compétitivité, notamment en Coupe d’Europe, où les performances des clubs français se sont dégradées ces dernières années. Vincent Labrune, président de la LFP, n’est cependant pas cité parmi les soutiens de ce texte, contrairement à plusieurs autres dirigeants de clubs.
Un appel des clubs à l’action
Début mars 2025, sept présidents de clubs de Ligue 1, dont Jean-Michel Aulas (OL) et Pablo Longoria (OM), avaient publié une tribune pour alerter sur les conséquences de la crise des droits audiovisuels. Dans ce texte, ils soulignaient que la situation économique des clubs, déjà fragilisée, risquait de s’aggraver sans une réforme structurelle.
« Pour remplacer l’actuelle Ligue nationale, dont le statut de simple association est devenu inadapté, elle permettrait la création d’une société de clubs, sur le modèle de ce qui existe déjà dans plusieurs grands championnats européens », avaient-ils écrit. « Cette évolution est indispensable pour professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et repenser la stratégie de valorisation de notre championnat auprès du public et des diffuseurs. »
Le PSG et Lille, clubs proches de Vincent Labrune, n’ont pas signé cette tribune, illustrant les divisions au sein du football professionnel français sur la réforme à venir.
Un calendrier législatif bousculé
Le report de l’examen de cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte parlementaire déjà tendu. La loi de programmation militaire, dont l’adoption est jugée prioritaire par le gouvernement, monopolise l’attention des députés. RMC Sport précise que les travaux en commission, ainsi que l’examen des amendements, restent en revanche maintenus pour cette proposition de loi sportive.
Côté LFP, on assure que la réforme reste un objectif majeur, même si son calendrier se trouve décalé. Vincent Labrune, interrogé à plusieurs reprises sur le sujet, n’a pas directement réagi à ce nouveau report, mais ses positions restent connues : il défend une approche progressive et consensuelle pour une réforme de la gouvernance du football français.
Cette situation laisse plusieurs questions en suspens : comment les clubs vont-ils faire face à la baisse des revenus dans l’immédiat, et dans quelle mesure cette réforme, si elle est adoptée, permettra-t-elle de redresser la situation à moyen terme ? Autant dire que l’attente pourrait encore se prolonger.
Si la réforme était adoptée, la LFP disparaîtrait au profit d’une société de clubs, ce qui modifierait profondément la gestion des droits audiovisuels et la répartition des revenus. Les clubs pourraient bénéficier d’une meilleure valorisation de leurs droits TV et d’une stratégie plus offensive pour attirer les diffuseurs. Cependant, cette transition nécessiterait une période d’adaptation, notamment sur le plan juridique et financier.
Le PSG et Lille, clubs proches de Vincent Labrune, n’ont pas signé la tribune publiée par sept autres présidents de Ligue 1 en mars 2025. Cette position reflète probablement des divergences sur la méthode ou le contenu de la réforme. Certains observateurs évoquent des craintes liées à une perte d’influence pour ces clubs au sein de la nouvelle structure, ou des désaccords sur la répartition des pouvoirs entre la FFF et les clubs.