Chaque année, plusieurs milliers de jeunes Sud-Coréens franchissent les frontières pour rejoindre les bancs de l’enseignement supérieur français. Une tendance qui, selon Le Monde, pourrait être remise en question avec l’augmentation significative des frais de scolarité imposés aux étudiants extracommunautaires à compter de la rentrée 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 3 000 et 5 000 étudiants coréens s’inscrivent chaque année dans des universités et écoles françaises, selon les estimations du ministère de l’Enseignement supérieur.
- Les frais de scolarité pour les étudiants non européens, y compris les Coréens, vont être majorés de 1 500 à 3 000 euros en moyenne pour les licences et masters, et jusqu’à 10 000 euros annuels pour certaines formations d’ingénieurs ou de commerce.
- La France reste la deuxième destination préférée des étudiants asiatiques après les États-Unis, malgré la concurrence croissante du Canada et de l’Australie.
- Le gouvernement français justifie cette hausse par la volonté de mieux financer les établissements et de réduire les inégalités entre étudiants nationaux et internationaux.
- Certains responsables universitaires s’inquiètent d’un risque de baisse des effectifs coréens, traditionnellement nombreux en filières scientifiques et artistiques.
Depuis plus d’une décennie, la France attire une part croissante de la jeunesse sud-coréenne, séduite par son système éducatif reconnu, son cadre de vie et son coût de la vie relativement abordable comparé à d’autres pays occidentaux. Les filières les plus prisées ? L’ingénierie, le design, les arts et les sciences humaines, où les étudiants coréens représentent une part non négligeable des effectifs. Selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur, entre 3 000 et 5 000 Coréens s’inscrivent chaque année dans des établissements français, un chiffre stable depuis 2020 mais qui pourrait évoluer avec les nouvelles règles financières.
Pourtant, à partir de la rentrée 2026, cette dynamique risque d’être bouleversée. Comme le rapporte Le Monde, les frais de scolarité pour les étudiants extracommunautaires vont subir une hausse drastique. Concrètement, les droits d’inscription en licence passeront de 370 euros à près de 2 000 euros par an, tandis que les masters coûteront entre 2 500 et 3 000 euros au lieu de 380 euros actuellement. Pour les écoles d’ingénieurs ou de commerce, les tarifs pourraient atteindre 10 000 euros annuels, contre 4 000 à 6 000 euros aujourd’hui. Une décision qui, pour le gouvernement, vise à rééquilibrer les contributions entre étudiants nationaux et internationaux, tout en renforçant les budgets des établissements.
« Cette réforme vise à garantir une meilleure équité entre tous les étudiants, tout en permettant aux universités de disposer de ressources supplémentaires pour améliorer la qualité de leur enseignement et de leurs infrastructures. »
— Frédérique Vidal, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur, citée par Le Monde
Si cette mesure s’inscrit dans une logique de péréquation budgétaire, ses détracteurs redoutent un impact négatif sur l’attractivité de la France auprès des étudiants coréens. Ces derniers bénéficiaient jusqu’ici d’un rapport qualité-prix avantageux, surtout comparé aux États-Unis, où les frais annuels peuvent dépasser 50 000 dollars. Pour les familles sud-coréennes, la France représentait une alternative crédible, alliant excellence académique et coût maîtrisé. Avec cette hausse, certains pourraient se tourner vers d’autres destinations, comme le Canada ou l’Allemagne, où les frais restent modérés, voire vers des programmes en ligne moins onéreux.
Les établissements français, conscients du risque, tentent de s’adapter. Plusieurs universités ont annoncé la mise en place de bourses spécifiques pour les étudiants coréens, tandis que des partenariats avec des fondations sud-coréennes sont en discussion. « Nous ne voulons pas perdre cette dynamique, car les étudiants coréens apportent une diversité culturelle et intellectuelle précieuse », explique un responsable de l’université Paris-Saclay. Pourtant, malgré ces efforts, la question du financement reste épineuse, surtout pour les familles aux revenus modestes.
Cette réforme interroge également sur l’avenir des accords bilatéraux entre la France et la Corée du Sud. Les deux pays entretiennent des relations économiques et culturelles fortes, et l’éducation en constitue un pilier. Pourtant, la hausse des frais pourrait être perçue comme un signal négatif, surtout si d’autres pays européens maintiennent des tarifs plus attractifs. Reste à voir si cette mesure, bien que nécessaire sur le plan budgétaire, ne finira pas par coûter plus qu’elle ne rapporte à long terme.
Non. Selon les informations du ministère de l’Enseignement supérieur, les étudiants coréens déjà en cours de formation en France pour l’année 2025-2026 ne seront pas affectés par la hausse des frais pour la rentrée 2026. Seuls les nouveaux arrivants seront soumis aux nouveaux tarifs.
Oui. Plusieurs universités ont annoncé la création de bourses d’excellence destinées aux étudiants coréens, financées par des partenariats publics-privés. Ces aides pourraient couvrir jusqu’à 50 % des frais de scolarité pour les licences et masters, sous conditions de résultats académiques.