Selon Ouest France, l’autocritique excessive pèse sur de nombreuses personnes, qui peinent à se sentir à la hauteur de leurs attentes. Une pratique qui, si elle devient chronique, peut altérer durablement la relation à soi-même. Pourtant, des méthodes simples et répétées permettraient d’y remédier, comme l’explique Olivier Clerc, fondateur des Cercles de pardon, une approche visant à atténuer ce rapport conflictuel avec soi sans pour autant tout excuser.

Ce qu'il faut retenir

  • L’autocritique excessive est un phénomène répandu qui affecte la confiance en soi et le bien-être mental.
  • Les Cercles de pardon, créés par Olivier Clerc, proposent une méthode pour transformer cette dynamique.
  • La pratique du pardon envers soi-même repose sur des exercices simples mais répétés régulièrement.
  • Cette approche ne consiste pas à tout excuser, mais à apaiser le dialogue intérieur.

Une souffrance psychologique souvent sous-estimée

Se juger en permanence, douter de ses capacités ou ruminer ses échecs constituent des signes d’une autocritique devenue problématique. Selon les spécialistes en psychologie, cette tendance peut mener à l’anxiété, à la dépression, voire à l’épuisement émotionnel. Olivier Clerc, qui a développé les Cercles de pardon, souligne que cette attitude n’est pas une fatalité : il est possible d’en sortir. « Comme on prend soin de son corps, on peut prendre soin de ce qui se passe en soi », précise-t-il.

Les Cercles de pardon : une méthode pour briser le cycle

Inspirée de traditions spirituelles et de travaux en psychologie positive, la méthode des Cercles de pardon s’articule autour de trois axes principaux : l’identification des blessures intérieures, leur libération progressive, et la reconstruction d’une image de soi plus bienveillante. Concrètement, elle repose sur des exercices de méditation, d’écriture ou de partage en groupe, où chaque participant est invité à explorer ses émotions sans jugement. « Des pratiques simples, mais répétées, permettent de changer la relation à soi profondément et durablement », explique Olivier Clerc.

Contrairement à une idée reçue, cette approche ne vise pas à tout excuser, mais à dissocier l’acte de l’individu. Autrement dit, il s’agit de reconnaître une erreur commise sans s’identifier à elle. Une nuance importante pour éviter de tomber dans le piège inverse, celui d’une indulgence excessive qui empêcherait toute remise en question constructive.

Appliquer le pardon à soi-même : un apprentissage nécessaire

La première étape consiste à prendre conscience de son dialogue intérieur. Souvent, les personnes sujettes à l’autocritique utilisent des formulations comme « Je n’y arrive jamais » ou « Je suis nul(le) ». Ces phrases, répétées, finissent par devenir des croyances limitantes. Les Cercles de pardon proposent de remplacer ces affirmations par des questions : « Qu’est-ce que cette situation m’enseigne ? » ou « Comment puis-je me traiter avec plus de douceur ? ». Une gymnastique mentale qui demande de la patience, mais dont les effets peuvent être profonds.

Les retours d’expérience montrent que les participants observent une amélioration de leur estime personnelle après quelques semaines de pratique. Certains rapportent une réduction de leur niveau de stress ou une meilleure capacité à gérer les conflits. « On ne devient pas indulgent du jour au lendemain », reconnaît Olivier Clerc. « Mais en s’exerçant régulièrement, on peut transformer ce rapport à soi, qui devient alors un allié plutôt qu’un adversaire ».

Et maintenant ?

Les Cercles de pardon se multiplient en France, avec des ateliers organisés dans plusieurs villes. Olivier Clerc prépare également la publication d’un nouvel ouvrage sur le sujet, prévu pour l’automne 2026. Une initiative qui pourrait contribuer à populariser cette méthode auprès d’un public plus large, alors que les demandes en matière de bien-être mental ne cessent de croître. Reste à voir si les institutions de santé publique s’empareront de cette approche pour l’intégrer à leurs protocoles.

Pour ceux qui souhaitent s’initier, des ressources en ligne et des groupes de discussion sont accessibles. Une question persiste toutefois : dans une société où la performance est souvent valorisée au détriment de l’humilité, jusqu’où peut-on aller dans l’indulgence envers soi-même sans risquer de se complaire dans ses erreurs ?

L’autocritique saine permet de reconnaître ses erreurs pour progresser, sans remettre en cause sa valeur personnelle. À l’inverse, l’autocritique toxique est permanente, généralisée et s’accompagne souvent de sentiments de honte ou de culpabilité. Elle paralyse plus qu’elle ne motive, et peut mener à l’évitement de nouveaux défis par peur de l’échec.