Le cinéma d’horreur connaît un regain d’intérêt en s’appuyant sur les codes de la culture internet, et « Backrooms », réalisé par Kane Parsons, en est l’un des exemples les plus marquants. Le film, dont la sortie en salles est prévue pour le 17 juin 2026, s’inspire directement de ce phénomène viral apparu sur le web, confirme Le Monde. Ces dernières années, les « backrooms » – ces espaces infinis et labyrinthiques décrits comme des lieux de l’entre-deux – ont colonisé l’imaginaire collectif, notamment auprès des jeunes publics.
Ce qu'il faut retenir
- Le film « Backrooms », réalisé par Kane Parsons, sort en salles le 17 juin 2026.
- Le scénario s’appuie sur un phénomène internet appelé les « backrooms », des espaces délimités et angoissants.
- Ces univers, nés sur les réseaux sociaux, incarnent une peur moderne liée à l’isolement et à l’infini.
- Le film confirme le renouveau du cinéma d’horreur, tirant parti des codes de la culture web.
Des espaces nés du partage en ligne
Les « backrooms » désignent, dans la culture internet, des zones parallèles, souvent décrites comme des couloirs sans fin, des bureaux désaffectés ou des parkings abandonnés. Ces lieux, popularisés par des créateurs de contenu sur des plateformes comme YouTube ou TikTok, reposent sur une esthétique minimaliste et une ambiance oppressante. Selon les récits qui les entourent, on pourrait s’y retrouver piégé par accident, d’où leur qualification de « pièges à humains ».
Le film de Kane Parsons s’inscrit dans cette veine en proposant une narration cinématographique de ces espaces, tout en les adaptant à un format traditionnel. Comme le rapporte Le Monde, le réalisateur reprend l’un des piliers de la culture web horrifique pour en faire un support de fiction. Ce choix reflète une tendance plus large : celle d’un cinéma d’horreur qui se nourrit des peurs contemporaines, qu’elles soient réelles ou virtuelles.
Un renouveau pour le cinéma d’horreur
Le cinéma d’horreur traverse une période de renouvellement, où les récits puisent autant dans les classiques du genre que dans les mythes modernes nés du numérique. Les « backrooms » en sont un parfait exemple : elles combinent une peur ancestrale – celle de l’enfermement et de l’inconnu – avec des éléments propres à l’ère digitale. Les spectateurs, habitués aux contenus viraux, y retrouvent une forme de familiarité, tout en étant confrontés à une angoisse renouvelée.
Kane Parsons, connu pour son travail sur « Skinamarink » en 2023, un film d’horreur expérimental devenu culte en ligne, confirme cette dynamique. Avec « Backrooms », il entend capitaliser sur ce phénomène tout en le transcendant. Le film pourrait ainsi marquer un tournant pour un genre souvent critiqué pour son manque d’originalité, en proposant une œuvre à la fois ancrée dans son époque et respectueuse des codes du cinéma horrifique.
Une peur qui dépasse les écrans
L’engouement pour les « backrooms » dépasse le cadre du divertissement. Ces espaces fantasmés sont devenus des objets de débat, certains internautes les utilisant pour explorer des concepts psychologiques ou philosophiques. D’autres y voient une métaphore de l’aliénation moderne, notamment chez les jeunes générations, souvent décrites comme prisonnières des algorithmes et des réseaux sociaux.
Le film de Kane Parsons, en adaptant cette idée à l’écran, pourrait ainsi toucher un public plus large que celui des simples amateurs d’horreur. Il offre une réflexion – indirecte – sur la manière dont l’espace numérique influence notre perception du réel. Reste à savoir si cette approche suffira à séduire un public plus généraliste, ou si elle restera cantonnée aux aficionados du genre.
En attendant, les « backrooms » continuent de hanter l’imaginaire collectif, rappelant que les peurs les plus tenaces sont souvent celles que l’on crée soi-même. La question reste entière : jusqu’où le cinéma d’horreur ira-t-il dans cette exploration des terreurs numériques ?
Les « backrooms » désignent des espaces imaginaires décrits comme des lieux infinis et angoissants, souvent comparés à des couloirs, des bureaux ou des parkings abandonnés. Dans la culture internet, elles sont présentées comme des « pièges » où l’on pourrait se retrouver enfermé par accident, d’où leur association à une peur de l’enfermement et de l’inconnu.