Depuis quelques mois, une nouvelle tendance photographique s’impose sur les réseaux sociaux, reléguant aux oubliettes le célèbre « duckface » des années 2000. Selon Courrier International, qui reprend plusieurs titres de la presse étrangère, le « Gen Z pout » – ou « moue de la génération Z » – a pris le relais. Cette expression, caractérisée par un regard vide et une lèvre inférieure légèrement gonflée, est désormais adoptée par des célébrités comme Lily-Rose Depp, Rachel Sennott ou Ariana Greenblatt. Une évolution qui illustre un changement de rapport à l’image et à la visibilité en ligne.
Ce qu'il faut retenir
- Le « Gen Z pout » remplace progressivement le « duckface » des années 2000, marqué par des lèvres projetées vers l’avant et des joues aspirées.
- Cette tendance est portée par des célébrités comme Lily-Rose Depp (photographiée à Los Angeles le 2 mars 2025), Rachel Sennott ou Ariana Greenblatt, visibles sur les réseaux en 2026.
- Contrairement au « duckface », jugé « forcé » et associé aux milléniaux, le « Gen Z pout » feint la lassitude pour mieux capter l’attention.
- Les réseaux sociaux, et notamment les selfies, ont transformé notre rapport à l’image, passant d’une recherche de perfection à une apparente indifférence calculée.
Le « duckface », symbole d’une époque révolue
Le « duckface », popularisé au début des années 2000, était indissociable des premiers temps des réseaux sociaux. Selon NRC, quotidien néerlandais cité par Courrier International, cette pose – lèvres en avant, joues aspirées – répondait à un impératif : « être vu ». Avec l’avènement des smartphones équipés de caméras, les utilisateurs pouvaient désormais se prendre en photo avant de partager l’image. « Jamais on n’avait eu autant de contrôle sur les expressions de son propre visage », souligne le journal.
Pourtant, cette tendance a rapidement été critiquée. Les femmes qui l’adoptaient étaient souvent taxées de « superficielles » ou de « désespérées », cherchant désespérément l’attention. « Le duckface passe désormais pour une expression forcée, voire un truc de milléniaux », précise NRC. Un rejet qui s’explique aussi par le contexte historique : à l’ère des réseaux sociaux, la recherche de validation en ligne est devenue un sujet sensible, voire un sujet de débat sociétal.
Le « Gen Z pout », une rébellion calculée
Face à ce retour de bâton, la génération Z a trouvé une parade : le « Gen Z pout ». Selon The Washington Post, cette expression, qui mêle regard vide et lèvre gonflée, n’est pas le fruit du hasard. Elle incarne une forme de résistance. « Au lieu de dire ‘Regardez-moi’, elle montre, avec sa moue, qu’elle n’en a rien à faire d’être regardée », explique le quotidien américain. Une posture qui, paradoxalement, permet de capter l’attention tout en se distanciant du jugement extérieur.
Cette tendance n’est pas anodine. Comme le relève Kelsey Weekman, autrice d’une newsletter sur la culture de la génération Z, « c’est ce qui nous conduit à suranalyser chaque petit détail pour en tirer une comparaison entre générations ». Autrement dit, le « Gen Z pout » est une microtendance générationnelle, mais aussi le symptôme d’une époque où l’ironie et l’auto-dérision deviennent des mécanismes de défense. « On cesse de donner aux gens ce qu’ils veulent pour leur opposer un insolent ‘OK, vas-y, prends-la ta photo’ », ajoute The Washington Post.
Une pose qui n’est pas si naturelle qu’elle en a l’air
Malgré son apparente nonchalance, le « Gen Z pout » n’en reste pas moins une pose étudiée. Selon NRC, des tutoriels circulent sur les réseaux pour apprendre à maîtriser cette expression. « Là où le duckface cherchait l’attention, le Gen Z pout feint la lassitude pour, au fond, obtenir cette même attention », constate le journal. Une stratégie qui illustre la complexité des rapports à l’image à l’ère numérique : même l’indifférence peut être un calcul.
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question des codes de la beauté et de la visibilité. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, les poses photographiques étaient solennelles, presque intimidantes. Dans les années 1950, l’ère hollywoodienne privilégiait le large sourire. Aujourd’hui, la tendance oscille entre la recherche de perfection et son rejet pur et simple. « La pose idéale varie selon les époques, mais toutes ont ceci en commun : elles montrent de quelle façon nous souhaitons être perçus », rappelle NRC.
Un phénomène qui dépasse les frontières
Le « Gen Z pout » n’est pas une tendance limitée aux États-Unis ou à l’Europe. Comme le rapporte Courrier International, des célébrités du monde entier adoptent cette pose, preuve de son caractère global. À Tokyo, à Paris ou à Los Angeles, les influenceurs et les stars semblent unis par cette recherche d’une expression à la fois détachée et captivante.
Pourtant, cette uniformisation des poses ne doit pas occulter les différences culturelles. En Asie, par exemple, les standards de beauté traditionnels ont longtemps privilégié des expressions plus douces et moins marquées. L’adoption du « Gen Z pout » pourrait ainsi être perçue comme une forme d’hybridation entre les cultures, où les codes occidentaux se mêlent aux influences locales. Une dynamique qui mérite d’être observée dans les mois à venir.
Enfin, cette tendance soulève une question plus large : dans un monde saturé d’images, comment continuer à se démarquer sans tomber dans l’excès ? Le « Gen Z pout » offre une réponse partielle, mais il est probable que de nouvelles expressions émergeront, reflétant toujours les aspirations et les frustrations de chaque génération.
Le « Gen Z pout » se caractérise par une lèvre inférieure légèrement gonflée et un regard vide, presque absent, comme s’il s’agissait d’une pose volontaire. Contrairement à un manque d’expression spontané, cette moue est souvent recherchée et parfois même enseignée via des tutoriels en ligne, comme le précise NRC.
Pour l’instant, le « Gen Z pout » est principalement associé à la génération Z, mais comme toute tendance virale, elle pourrait s’étendre à d’autres groupes d’âge. Des milléniaux ou des membres de la génération X pourraient l’adopter, bien que certains médias, comme The Washington Post, soulignent qu’elle est souvent perçue comme un rejet des codes des générations précédentes.