Selon Courrier International, les représentations du mariage dans les séries et films récents soulèvent des questions sur la perception de cette institution par la société contemporaine. L’image du mariage y est souvent dépeinte comme traumatisante, voire pathétique, remettant en cause son prestige traditionnel.

Ce phénomène, observé à travers des productions comme The Drama (2026), Materialists (2025) ou encore Euphoria, interroge : le mariage est-il en crise ? Selon le New York Times, cité par Courrier International, le taux de mariage diminue depuis des années, signe que cette institution aurait perdu son attrait aux yeux d’une partie de la population.

Ce qu'il faut retenir

  • Une baisse constante du taux de mariage depuis plusieurs années, selon le New York Times.
  • Les séries et films récents dépeignent souvent des mariages traumatisants ou pathétiques, comme dans The Drama ou Euphoria.
  • Une enquête Forbes Advisor (2024) révèle que 35 % des Américains divorcés se marient pour des raisons de stabilité financière, devant l’amour.
  • Le magazine Dazed souligne que la peur de la solitude pousse certains à se marier, même sans amour.
  • Les productions contemporaines montrent des mariages motivés par la recherche de compagnie, plutôt que par une véritable volonté d’engagement.

Des représentations médiatiques de plus en plus critiques

Les séries et films récents ne cachent plus les difficultés liées au mariage. Dans The Drama, Zendaya incarne Emma, qui tente de sauver son union avec son mari, devenu hypocrite et méfiant après qu’elle lui a révélé un secret. Comme le note Dazed, la question se pose : Emma reste-t-elle par amour, par soulagement, ou simplement parce qu’elle n’a personne d’autre ? « Le dénominateur commun ? Un mariage si traumatisant que chaque invité devrait s’estimer heureux de finir la soirée en un seul morceau et avec toute sa tête », écrit même le magazine Time.

Dans Materialists (2025), Dakota Johnson joue Lucy, qui reste avec son ex-petit ami, interprété par Chris Evans, « car elle n’a nulle part ailleurs où aller ». Dazed relève que « son désir obsessionnel de se caser provient, au moins en partie, de sa peur de mourir seule ». Une réflexion qui illustre une tendance : le mariage comme remède à la solitude, plutôt que comme une union amoureuse.

La génération Z et la remise en question du mariage

Les jeunes générations semblent particulièrement sceptiques face à l’institution du mariage. Selon le New York Times, les chercheurs s’accordent à dire que cette dernière a perdu son prestige aux yeux d’une large part de la population. Les séries et films reflètent cette désaffection : les mariages y sont présentés comme des situations désespérées, où les personnages restent ensemble par nécessité plutôt que par choix.

Dans Beef (saison 2), une personnage déclare : « Toute cette affaire me donne la migraine. Si j’ai décidé de me remarier, c’est surtout parce que je le trouvais drôle. Je voulais un compagnon avec qui voyager et profiter de la vie. C’est tout. » Une citation qui résume une motivation de plus en plus fréquente : se marier pour éviter la solitude, plutôt que pour construire un projet commun.

Les raisons du mariage : entre stabilité et peur de l’isolement

Une enquête Forbes Advisor (2024), menée auprès de 1 000 Américains divorcés, révèle que l’envie de partager son quotidien arrive en deuxième position des motifs de mariage, derrière la stabilité financière et devant l’amour. « D’après une enquête commandée par Forbes Advisor en 2024, et menée auprès de 1 000 Américains divorcés, l’envie de partager son quotidien arrive en deuxième position des motifs de mariage, derrière la stabilité financière et avant l’amour », précise Forbes Advisor.

Cette étude montre que les raisons économiques et sociales priment désormais sur les sentiments. Dans un contexte de précarité croissante, le mariage est parfois perçu comme une solution pour sécuriser son avenir, plutôt que comme une union romantique. Dazed souligne d’ailleurs que « les mariés qui échangent leurs vœux étaient un moyen infaillible de faire de l’audience, alors qu’aujourd’hui, la génération en âge de se marier considère cet étalage de bonheur comme le vestige d’une époque révolue ».

Le mariage, entre liberté et désespoir

Dans Euphoria (saison 3), Jacob Elordi et Sydney Sweeney incarnent un couple dont la relation est minée par les doutes et les conflits. Comme dans The Drama ou Materialists, la question se pose : ces personnages restent-ils ensemble par amour, ou par peur de se retrouver seul ? « Politiques migratoires, coût de la vie, pression des conventions sociales, peur de la solitude et de ‘mourir sans personne à ses côtés’, aujourd’hui encore, le mariage a tellement d’avantages et bénéficie d’une telle considération qu’il est vraiment difficile d’aller à contre-courant », analyse Dazed.

Pour le magazine britannique, le mariage peut à la fois « remédier à la solitude de la vie » et « décupler ladite solitude ». Il souligne l’importance de choisir l’amour plutôt que le désespoir : « Il faut s’aimer par choix, et non pas par désespoir. » Une réflexion qui invite à repenser la place de cette institution dans la société contemporaine.

Et maintenant ?

Les prochaines années pourraient voir émerger des représentations plus nuancées du mariage, si les scénaristes et réalisateurs choisissent de montrer des unions harmonieuses. D’ici là, la tendance actuelle reflète une société en mutation, où les valeurs traditionnelles sont remises en question. Reste à voir si cette remise en cause conduira à une adaptation des normes matrimoniales ou à un rejet définitif de l’institution.

Pour l’heure, les séries et films continuent de questionner le mariage, reflétant les interrogations d’une société en quête de sens et de stabilité. Si les représentations actuelles restent majoritairement pessimistes, l’évolution des mentalités pourrait, à terme, redonner au mariage une image plus positive.

Selon Courrier International, cette tendance reflète un changement sociétal : le mariage n’est plus perçu comme une institution sacrée, mais comme une décision pragmatique, souvent motivée par la peur de la solitude ou la recherche de stabilité financière. Les scénaristes s’emparent de ces thèmes pour refléter les réalités contemporaines.

Une enquête Forbes Advisor (2024) révèle que 35 % des Américains divorcés citent la stabilité financière comme principale motivation, suivie par le désir de partager son quotidien (25 %) et l’amour (20 %). La peur de la solitude et les conventions sociales jouent également un rôle important.