La région allemande du Schleswig-Holstein a lancé un projet pédagogique inédit : un campus d’apprentissage numérique (Digital Learning Campus, DLC), offrant plus de 600 cours gratuits en ligne et en présentiel sur l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, augmentée ou encore la robotique. Selon Euronews FR, cette initiative, accessible à tous sans prérequis techniques, s’adresse aussi bien aux élèves, aux retraités, aux migrants qu’aux professionnels en reconversion.
Ce qu'il faut retenir
- Un campus numérique gratuit proposant 600 cours en IA, réalité virtuelle et robotique, ouverts à tous les publics
- Plus de 400 cours en présentiel dans onze villes du Land, dont Lübeck, Kiel et Flensburg, et 230 modules en ligne
- Un budget de 38 millions d’euros, cofinancé à 50 % par le Schleswig-Holstein, 40 % par l’UE et 10 % par 29 partenaires
- L’objectif : former 5 000 étudiants et atteindre 60 000 visites sur la plateforme d’ici 2026
- Des ateliers organisés dans des lieux insolites (marchés, centres commerciaux) pour rendre l’apprentissage plus accessible
Créé en mars 2024, le DLC s’appuie sur un constat simple : à l’ère du numérique, l’adaptation rapide des compétences est devenue un enjeu majeur. Ce campus, géré par le ministère de l’Éducation du Schleswig-Holstein et cofinancé par l’Union européenne, se distingue par son approche innovante. Onze villes du Land, peuplé de 2,9 millions d’habitants, accueillent des ateliers dans des lieux atypiques — jardins publics, marchés ou centres commerciaux — afin de toucher un public le plus large possible. Aucun prérequis n’est exigé : il suffit de s’inscrire pour participer, que ce soit en présentiel ou en ligne.
Thomas Lange, responsable du projet à Lübeck, souligne l’attrait des lieux alternatifs choisis pour les ateliers. « Nous proposons des formations numériques gratuites pour tous, des élèves aux retraités, des migrants aux techniciens de la ville, et le principe est simple : tout est gratuit », explique-t-il. Les cours sont animés par des entrepreneurs et des professeurs d’université, ce qui permet d’adapter les contenus aux besoins réels du marché du travail. « Nous mettons tout en œuvre pour que tout le monde puisse participer et trouver le moyen de s’investir dans l’apprentissage, ce qui leur permet également d’améliorer leur vie. »
Parmi les publics ciblés, les jeunes — et particulièrement les filles — occupent une place centrale. À Lübeck, le DLC collabore avec l’association MINT4Girls, composée d’étudiantes de l’Université des sciences appliquées de Munich. Ce partenariat vise à encourager les adolescentes à se tourner vers des carrières dans les disciplines STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). Près de cinquante élèves de la région ont déjà bénéficié de ces ateliers, jugés essentiels pour leur orientation.
« L’IA et tout ce qui s’y rapporte sont encore assez récents, et le domaine du numérique n’est pas vraiment présent à l’école. On peut simplement venir ici, et il y a plein d’ateliers. La digitalisation prend chaque jour davantage d’importance, et ces enfants le savent bien. C’est l’avenir, et pour nous, le voir réuni en un seul endroit est la meilleure solution. »
Printha Tharmabalan, cheffe de projet, MINT4Girls
En parallèle des formations en présentiel, le DLC propose une plateforme en ligne avec 230 modules, d’une durée variant d’une à six heures. Ces cours abordent des thématiques peu ou pas enseignées dans le système scolaire traditionnel, mais pourtant indispensables pour les emplois de demain. Arthur Feliz Redlin, étudiant à Kiel, a découvert l’offre sur recommandation de ses professeurs. « Certains de nos profs m’ont dit d’y jeter un œil, et je trouve ça plutôt sympa. Je ne sais pas si ça me rapporte des points en particulier, mais je vais certainement recevoir un certificat, ce qui est toujours utile à joindre à un dossier de candidature », confie-t-il.
Avec déjà 5 000 étudiants inscrits, 20 000 cours suivis et 60 000 visites enregistrées sur la plateforme, le projet affiche une dynamique encourageante. Stefan Lemke, conseiller politique chargé des compétences de demain au ministère de l’Éducation du Schleswig-Holstein, voit dans le DLC un modèle reproductible ailleurs en Europe. « L’avenir du DLC pourrait consister à devenir le partenaire des écoles, des universités et des entreprises, afin que nous puissions tous découvrir ensemble ce que l’avenir nous réserve. Il a également le potentiel d’être une source d’inspiration pour d’autres régions d’Europe. »
L’inscription se fait en ligne ou directement sur place lors des ateliers organisés dans les onze villes concernées. Aucun prérequis n’est exigé, et l’accès à tous les cours est gratuit. Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel du projet.
La majorité des ateliers sont dispensés en allemand, mais certains modules en ligne ou partenariats spécifiques (comme ceux avec MINT4Girls) peuvent proposer des contenus adaptés. Il est recommandé de contacter directement l’organisateur pour vérifier la disponibilité de formations en anglais ou dans d’autres langues.