L’éponge de vaisselle est « l’objet le plus sale de la cuisine », selon le microbiologiste Christophe Mercier-Thellier. Dans une interview accordée à Top Santé, ce spécialiste préconise une alternative simple pour limiter la prolifération des bactéries sans alourdir la tâche quotidienne de vaisselle.
Ce qu'il faut retenir
- L’éponge de cuisine concentre jusqu’à 70 % des bactéries présentes dans un foyer, selon les études citées par Christophe Mercier-Thellier.
- Le microbiologiste recommande de remplacer l’éponge par un duo brosse en silicone + chiffon en microfibre, lavés à haute température après chaque utilisation.
- Cette méthode permettrait de diviser par 10 la charge bactérienne sur les surfaces de contact alimentaire.
- Le spécialiste insiste sur l’importance du lavage régulier à 60°C minimum pour éliminer les pathogènes.
L’éponge, un réservoir à bactéries méconnu
Pour Christophe Mercier-Thellier, l’éponge de vaisselle n’est pas seulement un ustensile pratique : c’est « l’objet le plus contaminé de la maison ». Selon ses analyses, une éponge humide et utilisée quotidiennement peut abriter des millions de bactéries, dont Escherichia coli, Salmonella ou encore Staphylococcus aureus. Ces micro-organismes se développent dans les pores de l’éponge, où l’humidité et les résidus alimentaires leur offrent un terrain de culture idéal. « On estime que 90 % des éponges testées contiennent des bactéries pathogènes », précise le microbiologiste.
Le duo gagnant : brosse en silicone et chiffon en microfibre
Plutôt que de tenter de désinfecter une éponge — une opération souvent inefficace — Christophe Mercier-Thellier propose une alternative radicale : abandonner l’éponge au profit d’une brosse en silicone et d’un chiffon en microfibre. La brosse, rigide et facile à rincer, permet de décoller efficacement les résidus alimentaires sans retenir l’humidité. Quant au chiffon en microfibre, il absorbe les liquides tout en limitant la prolifération bactérienne grâce à sa texture lisse.
Ce duo présente un double avantage : d’une part, il réduit la charge microbienne sur les ustensiles de cuisine, et d’autre part, il simplifie l’entretien. « Ces matériaux se nettoient facilement et sèchent rapidement, limitant ainsi les risques de contamination croisée », explique le spécialiste. Selon lui, ce changement pourrait diviser par dix la quantité de bactéries présentes sur les plans de travail ou les couverts.
Des règles d’hygiène strictes pour éviter les risques
Même avec une brosse en silicone et un chiffon en microfibre, Christophe Mercier-Thellier rappelle l’importance de respecter des règles d’hygiène strictes. Il recommande de laver systématiquement les ustensiles après chaque utilisation, idéalement dans un lave-vaisselle à 60°C ou à la main avec de l’eau bouillante. « Un chiffon utilisé pour essuyer une planche à découper souillée de poulet cru ne doit jamais servir à essuyer un verre », souligne-t-il. Il conseille également de changer régulièrement ces outils, à raison d’une fois par semaine pour la brosse et deux fois par semaine pour le chiffon.
Le microbiologiste insiste aussi sur l’importance du séchage. « L’humidité est l’ennemi numéro un », rappelle-t-il. Il préconise de suspendre la brosse et le chiffon dans un endroit aéré et ensoleillé, ou de les passer au sèche-linge à basse température pour éliminer toute trace d’eau résiduelle.
« L’éponge, c’est le pire. Elle concentre tout : humidité, nourriture, chaleur. C’est un bouillon de culture. Le duo brosse en silicone + chiffon en microfibre est bien plus sûr et tout aussi pratique. »
— Christophe Mercier-Thellier, microbiologiste
Alors que les alertes sanitaires sur les intoxications alimentaires se multiplient, notamment en période estivale, cette recommandation tombe à point nommé. Les autorités sanitaires rappellent que près de 20 % des intoxications alimentaires en France sont liées à une mauvaise hygiène des ustensiles de cuisine. Adopter ces alternatives pourrait donc s’avérer bénéfique pour la santé publique.