Les institutions monétaires mondiales renforcent leurs positions face à l’incertitude géopolitique et économique. Selon l’enquête annuelle du World Gold Council, publiée le 16 juin 2026, 89 % des banques centrales envisagent d’augmenter leurs réserves d’or au cours des douze prochains mois. Une stratégie qui reflète une volonté de sécuriser leurs actifs dans un contexte marqué par les tensions commerciales et les fluctuations des devises.
Ce qu'il faut retenir
- 89 % des institutions monétaires prévoient d’augmenter leurs réserves d’or dans les douze prochains mois, selon l’enquête annuelle du World Gold Council.
- Cette tendance s’inscrit dans un contexte d’instabilité internationale accrue, notamment liée aux conflits commerciaux et aux incertitudes économiques.
- Le rapport a été publié le 16 juin 2026, offrant un éclairage sur les stratégies des banques centrales pour 2026.
- L’or, considéré comme une valeur refuge, voit sa demande institutionnelle croître malgré des prix volatils.
Une stratégie de précaution face aux risques économiques
Les banques centrales, soucieuses de diversifier leurs actifs, se tournent de plus en plus vers l’or. Cette démarche n’est pas nouvelle, mais elle s’intensifie en période de crise. « L’or reste un pilier des réserves monétaires, surtout dans un environnement où les devises traditionnelles sont soumises à des pressions », a indiqué un porte-parole du World Gold Council. Les tensions persistantes entre les grandes puissances économiques, ainsi que les craintes d’un ralentissement de la croissance mondiale, poussent ces institutions à renforcer leurs positions.
Parmi les pays les plus actifs, on retrouve des économies émergentes comme la Chine et l’Inde, qui accumulent des réserves d’or depuis plusieurs années. Les pays occidentaux, bien que moins actifs, maintiennent aussi des achats réguliers pour stabiliser leurs bilans. Selon les analystes, cette tendance pourrait se poursuivre tant que les incertitudes macroéconomiques persisteront.
Des achats massifs malgré un prix de l’or volatil
L’or, dont le cours fluctue régulièrement, reste un actif prisé pour sa liquidité et sa résilience. En 2026, son prix a connu des variations importantes, oscillant entre 2 300 et 2 500 dollars l’once, selon les marchés. Pourtant, les banques centrales n’ont pas réduit leurs achats, bien au contraire. Leur objectif n’est pas spéculatif, mais stratégique : sécuriser une partie de leurs réserves dans un actif tangible.
« Les banques centrales ne cherchent pas à profiter des fluctuations, mais à se prémunir contre les risques systémiques », a expliqué un économiste interrogé par Le Monde. Cette approche s’inscrit dans une logique de long terme, où l’or joue un rôle clé dans la préservation de la valeur des actifs monétaires.
Un rapport qui confirme une tendance de fond
Le World Gold Council, organisation internationale spécialisée dans l’or, publie chaque année une enquête sur les intentions des banques centrales. En 2026, les résultats confirment une accélération des achats, avec 89 % des institutions interrogées envisageant d’augmenter leurs réserves. Un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes, où le taux se situait autour de 70 %.
Les raisons de cette tendance sont multiples : dépréciation potentielle des monnaies fiduciaires, craintes d’inflation persistante, ou encore instabilité géopolitique. « Les banques centrales veulent réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar et de l’euro », a précisé un expert du secteur. Cette diversification pourrait, à terme, redéfinir l’équilibre des réserves mondiales.
Les prochaines publications du World Gold Council, prévues pour décembre 2026, permettront d’évaluer l’évolution de ces tendances. En attendant, les marchés continueront de scruter les décisions des grandes banques centrales, dont les choix pourraient influencer durablement le cours de l’or.
L’or est considéré comme une valeur refuge, car il conserve sa valeur dans le temps et n’est pas soumis aux mêmes risques que les monnaies fiduciaires. Les banques centrales l’utilisent pour diversifier leurs réserves et se protéger contre l’inflation ou les dévaluations.